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--- COLLECTIONS PEÑARD Y FERNANDEZ --- PALAIS GALLIERA - 7 DÉCEMBRE 1960
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--- COLLECTIONS PEÑARD Y FERNANDEZ --- PALAIS GALLIERA - 7 DÉCEMBRE 1960
COLLECTIONS PEÑARD Y FERNANDEZ
DESSINS ET TABLEAUX ANCIENS ORFÈVRERIE ANCIENNE OBJETS DE VITRINE OBJETS D'ART ET DE BEL AMEUBLEMENT DU XVIIIe SIÈCLE SIÈGES ET MEUBLES ESTAMPILLÉS DES MAÎTRES ÉBÉNISTES TAPISSERIES - TAPIS --- VENTE A PARIS PALAIS GALLIERA 10, AVENUE PIERRE-1er-DE-SERBIE Le Mercredi 7 Décembre 1960, à 14 h 30 et à 21 heures COMMISSAIRE - PRISEUR : Me ÉTIENNE ADER 12, rue Favart (RIC. 68-23) ASSISTÉ DE : MM. C. ET T. CATROUXEXPERTS PRÈS LES TRIBUNAUX19, rue de Lille (LIT. 87-81) --- M. P. DAMIDOTEXPERT PRÈS LES TRIBUNAUX10, rue Rossini (PRO. 59-30) --- M. H.-D. FROMANGEREXPERT PRÈS LES TRIBUNAUX37, rue de Courcelles (CAR. 10-80) --- M. J. LACOSTEEXPERT PRÈS LES TRIBUNAUX30, rue des Saints-Pères (LIT. 81-36) --- M. L.-H. PROSTEXPERT PRÈS LES TRIBUNAUX6, rue du Cirque (BAL. 36-31) --- EXPOSITION PUBLIQUE : Le Mardi 6 Décembre 1960, de 10 heures à 12 heures, 14 heures à 18 heures. EXPOSITION PARTICULIÈRE : Le mardi 6 Décembre 1960, de 21 heures à 23 heures.
TABLEAUX ANCIENS PAR : DEMARNE (J.-L.) - FRAGONARD (J.-H.) - MIGNARD (P.) - OLLIVIÉ (D.) - PILLEMENT (J.) - SCHALL (J.-P.) TAUNAY (N.-A.) - VIEN (J.-M.) AQUARELLES - DESSINS - GOUACHES PAR : BOCQUET - CARMONTELLE (L.-C.) - GRAVELOT (A.) - HILAIRE (J.-B.) - LALLEMAND (J.-B.) - LEMOINE (J.-A.-M.) MALLET (J.-B.) - MOREAU LE JEUNE (J.-M.) - OUDRY (J.-B.) - OZANNE (N.) - PERNET - PRUD'HON (P.-P.) - ROBERT (H.) SAINT-AUBIN (G. DE) - TIEPOLO (J.-B.) - TOUZE (J.) ORFÈVRERIE ANCIENNE AIGUIÈRE - FLAMBEAUX - PLATS vermeil et argent OBJETS DE VITRINE BOITES en or - écaille - nacre ou pierres dures ciselées - émaillées - ornées de miniatures ou de gouaches. ÉTUIS - MÉDAILLONS - MINIATURES OBJETS D'ART ET DE BEL AMEUBLEMENT DU XVIIIe SIÈCLE FAIENCES ANCIENNES DE NIEDERVILLER ANCIENNES PORCELAINES TENDRES FRANÇAISES DES MANUFACTURES DE : CHANTILLY - MENNECY - SÈVRES - VINCENNES à fond blanc - bleu roi - bleu turquoise - vert - rose pompadour et jaune. OBJETS VARIÉS PIÈCES MONTÉES EN BRONZE - BRONZES - LUSTRES - SCULPTURES CONSOLES - GLACES - BOISERIES SIÈGES ET MEUBLES ESTAMPILLÉS DES MAÎTRES ÉBÉNISTES : BOULARD - BOVE - BRIZARD - CARLIN - CARPENTIER - CHENEVAT - DEMAY - DUSAUSOY - FONBONNE - GALET - JACOB (H.) LACROIX (VANDERCRUSE DIT) - OEBEN - PETIT - ROENSGEN - SENÉ - SEVERIN - VLEECHOUVER-BOUCHER (B.V.R.B.) - ETC. TAPISSERIES - TAPIS DES MANUFACTURES : AUBUSSON - BEAUVAIS - BRUXELLES - SAVONNERIE DES GOBELINS
CONDITIONS DE LA VENTE Elle sera faite au comptant. Les acquéreurs paieront 21 pour cent en sus des enchères. Pour les adjudications supérieures à 6.000 N F, les frais sont réduits : à 18 pour cent, de 6.001 N F à 20.000 N F, et à 16,50 pour cent au-dessus de 20.000 N F. --- 52029. — Imp. Lahure, 9, rue de Fleurus, Paris.
Le renom de la collection Penard dans le monde des connaisseurs mérite qu’on s’arrête un instant sur les raisons de ce prestige. Ce sera pour nous l’occasion de nous acquitter d’une dette de reconnaissance envers un amateur enthousiaste et sincère de notre art français du XVIIIe siècle, envers un ami dévoué des Musées Nationaux. Tous ceux qui eurent le privilège d’être reçus par Richard Penard y Fernandez ont été frappés du dépaysement dont ils étaient soudain marqués. Une porte de fer s’ouvrait ; un univers inhabituel apparaissait. Ce n’était pas une collection, c’était une époque ; non pas notre siècle, mais le XVIIIe. La première fois que j’entrai au 21 de la rue Cognacq-Jay, était-ce en 1936 ou en 1774? Tout datait du règne du Bien-Aimé, boiseries, meubles, livres ou porcelaines, tableaux ou dessins. Ce roi, le plus grand des Bourbons du point de vue de notre art décoratif, ne venait-il pas de mourir? Gentilhomme fidèle, le maître de maison ne cesse d’en évoquer le souvenir, d’en préciser les alliances, de rappeler avec une légère émotion dans la voix, et non sans fierté, le succès prodigieux dans tout le monde civilisé de ce qu’il appelle l’art bourbonien, l’art royal français. Mais la vie continue. Le nouveau roi, la Reine surtout, n’ont-ils pas adopté un style différent? Pour sa part, il ne méconnaît pas les beautés de ce style et il a, l’un des premiers, apprécié l’art précurseur de Vien. Comme les terres d’Amérique lui procurent quelques revenus, il enrichit sa demeure d’éléments « Louis XVI », mêlant tout naturellement les deux époques. De son pas sautillant et précieux, se rend-il chez les marchands à la mode, chez Julliot, dont Louis XVI est le client, chez Daguerre, célèbre pour ses meubles rehaussés de porcelaines, ou sur la rive gauche, tout près de la place Dauphine où il choisit ses tabatières et ses pommeaux de cannes, chez Grancher, qui, comme Daguerre, est fournisseur de la Reine? N’allait-il pas précédemment chez Lazare Duvaux, chez Hébert ou chez Poirier, acheter des meubles de laque ou d’ébénisterie fine, des pâtes tendres de Chantilly, de Mennecy, de Vincennes ou de Sèvres, de magnifiques soieries ou des bronzes dorés d’or moulu? La tradition de Paris lui semble se maintenir noblement, avec ces objets raffinés, ces belles bagatelles où se dépense tant de talent et où il reconnaît bien l’art de son temps.
Il achète des dessins de J.-M. Moreau ou de Boquet ; l’un et l’autre sont employés par la Cour, par les Menus-Plaisirs. Il s’intéresse maintenant à de plus jeunes maîtres, à Fragonard, qui a travaillé pour Mme Du Barry, à Hubert Robert, que la Reine honore parfois de ses commandes. Il fréquente aussi les salles de ventes publiques, où il rencontre bien souvent Gabriel de Saint-Aubin, tandis que des marchands lui apportent chez lui, comme autrefois, des pièces rares pour le tenter. Surviennent des années douloureuses. Il ne quitte pas Paris, se terre chez lui au milieu de ses souvenirs. La tourmente passée, tout ce qu’il a rassemblé avec tant d’amour et sauvé soulève l’admiration. Les plus grands noms de la vieille Europe, les plus riches amateurs du Nouveau-Monde, connaissent le chemin de cette demeure, où le passé a survécu. Il n’achète plus guère, mais ne vend rien. Sa santé chancelle. 1800 marque la limite de ses goûts. Ce fut un homme du XVIIIe siècle. Cette sorte d’unité, de tranquillité, de sincérité, j’allais écrire de sécurité, que donnent les œuvres d’art rassemblées par lui, vient de là. A force d’érudition, d’enthousiasme, de recherches et de curiosité historique, il était parvenu à s’identifier avec ce siècle. Cela explique aussi la sûreté de ses choix. Il ne fut pas l’un quelconque de nos contemporains. Il semble que, chez lui, il n’y eut pas de place pour l’erreur ou pour le doute. Il choisissait d’instinct le plus bel objet, le plus rare, le plus sain. « Savoir choisir », ces deux mots que, trois semaines avant sa mort, il soulignait dans l’une de ses lettres, semblent résumer le secret de sa réussite. Tout replié qu’il eût été sur son siècle de prédilection, sur la fierté de ses collections, il ne fut pas l’amateur égoïste. Il prêtait volontiers aux expositions, ouvrait libéralement sa porte à ceux qui voulaient étudier, admirer ses trésors. L’un des premiers, il comprit que l’on pourrait remeubler Versailles, le souhaita ardemment, donna l’exemple en offrant le grand feu aux lions du Salon de la Paix, dont nous lui avions indiqué la provenance. Certes, il fut déçu de voir ce geste demeurer sans lendemain, mais il ne se découragea pas. A quelque temps de là, il donna au Louvre la précieuse encoignure de vernis bleu et blanc, aux bronzes argentés, que Louis XV avait commandée pour Mme de Mailly. Un peu plus tard, il retirait de ses murs une jolie boiserie pour la présenter au Musée des Arts Décoratifs. Son frère, M. René Penard, qu’il associait à ses découvertes, a cherché à prolonger ces gestes de générosité à l’égard du pays d’origine de leur famille. Il a voulu que fût offert au Louvre « en souvenir de Richard Penard y Fernandez » le chef-d’œuvre d’ébénisterie, de mécanique et de raffinement que représente le meuble de Jean-François Oeben reproduit sous le n° 130 de ce catalogue. Il a également tenu à ce que, dans Paris où sont nées, à deux ou trois exceptions près, toutes les œuvres d’art que l’on verra pour la dernière fois, — et avec une certaine tristesse —, rassemblées ici, une grande vente pût perpétuer auprès des amateurs le souvenir des frères Penard y Fernandez. Pierre VERLET.
Vacation du 7 Décembre à 14 h 30 DESSINS ANCIENS BAUDOIN (Attribuée à PIERRE-ANTOINE) 1 — LA FILLE SURPRISE. Un paysan et sa femme ont fait irruption dans la chambre de leur fille, interrompant un rendez-vous galant. La jeune fille, le corsage ouvert, est agenouillée devant son père, adossée au lit en désordre. Au fond, un jeune homme, s'échappe par une fenêtre. Lavis de sépia sur esquisse à la pierre noire. A gauche, en bas, la marque de la collection Louis Deglatigny. Haut., oᵐ270; Larg., oᵐ210. Collection du Comte J. de Bryas. Vente à Paris, 4-6 avril 1898, n° 3 du catalogue. Collection Louis Deglatigny, 1ʳᵉ vente à Paris, galerie Charpentier, le 28 mai 1937, n° 40 du catalogue. BOCQUET (P.-J.) 2 — ÉTUDE POUR UN COSTUME DE BALLET. Aquarelle. Haut., oᵐ295; Larg., oᵐ215. Peut-être un costume pour Castor et Pollux qui fut donné à l'Opéra de Versailles. Une variante à la Bibliothèque de l'Opéra.

Ce document est le catalogue d'une vente aux enchères d'art organisée par les collections Peñard y Fernandez. Il détaille les lots proposés, incluant des tableaux anciens, des aquarelles, des dessins, de l'orfèvrerie, des objets d'art et de mobilier du XVIIIe siècle, des sièges et meubles estampillés, ainsi que des tapisseries et tapis. La vente a eu lieu au Palais Galliera le 7 décembre 1960.