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CE TEMPS CI CAHIERS D'ART CONTEMPORAIN 6 LE TAPIS Octobre 1929 PARAISSANT TOUS LES TROIS MOIS Numéro spécial: 10 Francs

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LUCIEN TISSUS D'AMEUBLEMENT • TAPE 7 RUE DU MAIL • PARIS PROPRIETE EXCLUSIVE DES TISSUS D'AMEUBLEMENT --- RODIER © B. LOGS

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CE TEMPS CI CAHIERS D'ART CONTEMPORAIN --- Paraissant tous les 3 mois - Directeur: J. VIÉNOT - Rédact. en Chef: H. de ROUX - Abonnements: - France 32 Frs - Étranger 45 Frs --- Rédaction -- Administration - 40, Rue du Colisée, PARIS - Tél.: Élysées 50-32 et 65-81 - Publicité: Société DORLAND - 65, Av. Champs-Élysées, PARIS --- Sommaire Pages --- Réflexions sur le Tapis, par H. Clouzot. --- La Technique du Tapis au point noué, par Aka --- Les Tapis reproduits dans ce Numéro ont été dessinés par MM. Boberman, Eckmann, Moser, sous la direction de MM. René Joubert et Ph. Petit et sont édités par DIM. (Tous droits de reproduction interdits en tous Pays) ---

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LA CHASSE Tapis au point noué, haute laine. 160 x 240 1500

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Réflexions sur le Tapis. Jusqu'à la fin de l'ancien régime, le tapis resta un objet de luxe et d'étiquette réservé aux cérémonies religieuses ou civiles. On pensait, non sans raison, que les beaux parquets en mosaïque ou en point de Hongrie n'avaient pas lieu d'être dissimulés. Vers 1760, les tapis de pied de la Savonnerie firent leur entrée dans les appartements de la belle société, et Mercier, dans son « Tableau de Paris », enregistre la nouvelle mode : « On foule des tapis de trente mille livres dont l'usage n'était, autrefois, que pour le marchepied des autels. » Quant aux demeures bourgeoises, elles attendirent jusqu'à la Restauration les fabrications économiques de Chenavard, de Sallandrouze ou de Ternaux. Les premiers dessins turcs ou persans ne virent le jour qu'en 1830. Pendant la seconde moitié du XIXe siècle, les industriels s'efforcent d'intensifier la fabrication mécanique du tapis et d'abaisser, aux dernières limites de bon marché, son prix de vente. Il devint un ustensile domestique sans intérêt artistique. C'est le mérite des décorateurs de 1900 de lui avoir donné place dans l'ensemble mobilier. Dès 1909, à « l'Art nouveau », de Bing, G. de Feure et Colonna montrèrent la voie. Ferrand traduisit en laine des cartons de Bellery-Desfontaines. La technique du point noué, qui permet d'exécuter un dessin à un seul exemplaire ou en très petite série, convenait à merveille pour cette époque, où l'art original était réservé à une clientèle de Mécènes. C'est à elle qu'eurent recours les décorateurs de 1910 : Dufrène, Follot, Coudyser, Selmersheim, Francis Jourdain, Groult, pour leur décor floral rationnellement distribué, avec les dispositions classiques de guirlandes, de corbeilles, d'arabesques, de bordures, de médailles. Puis vinrent Paul Poiret et Bénédictus, qui jonchèrent leurs cartons d'une moisson débordante de pétales et de feuillages, sans autre souci que de réaliser de belles taches de couleur. La grande vague du tapis, cependant, ne se manifesta qu'après guerre. Tandis que Da Silva Bruhns s'éprenait de la sobre géométrie des tapis marocains, un peintre, Gustave Fayet, créait un art personnel et sans lendemain, tout en caprices floraux ou protozoaires. Aux approches de l'Exposition des Arts Décoratifs de 1925, on vit poindre les premiers symptômes du goût, un peu trop sommairement dénommé cubiste. Jean Lurçat, Sonia Delaunay, Eilen Gray, Renée Kingsbourg, Philippe Petit, Evelyn Wild, cherchèrent, sur de grands fonds unis, des constructions de plans, de lignes, de figures géométriques dont l'audace effara, puis conquit bientôt la clientèle. Depuis lors, la faveur du tapis n'a cessé de s'affirmer, et elle est loin d'avoir atteint son apogée. Elle ne repose pas, en effet, uniquement sur un goût décoratif, susceptible de disparaître du jour au lendemain, pour faire place à une nouvelle mode. Elle répond à un besoin dont l'importance est faite des modifications de nos conditions d'existence et des dispositions nouvelles de l'habitation. Les murs aux surfaces nettes et dépourvues de moulures, les planchers faits de matériaux artificiels, lisses et lavables, demandent à être habillés pour ne pas ressembler à une salle de clinique. Le tapis, non plus fixé à demeure, mais mobile et aisément nettoyable à l'aspirateur, satisfait à ces conditions. Dans les chambres intimes, comme dans la pièce commune, le « living-room » des Anglais, il permet de créer des jeux de lignes et de couleurs, une mise en scène modifiable au gré du caprice, et nous voilà ramenés, en notre âge du béton, aux moeurs du Moyen-Age, où, dans les donjons féodaux qui semblaient taillés à même la pierre, les tapis (et les tapisseries) sortaient des coffres dès que le roi ou le seigneur venait y faire résidence. On se demande vraiment si, à force de réduire le nombre et le volume de nos meubles, nous ne rejoindrons pas un jour les Orientaux, qui n'ont pour mobiliers que des coffres et des tapis? Pour suffire à cette demande croissante, des ateliers de tissage à la main fonctionnent à grand rendement à Paris comme dans les provinces françaises, et même dans l'Afrique du Nord. La fabrication mécanique y ajoute l'intensité de sa production. Des machines, singulièrement perfectionnées, exécutent le nouage des brins de laine avec une régularité que la plus habile ouvrière ne saurait atteindre (heureusement!). On peut envisager le moment où toutes les classes de la société trouveront à s'approvisionner en tapis, depuis les bourses les plus modestes jusqu'aux grosses fortunes, pour qui le prix d'achat n'entre pas en compte. Sommes-nous, dès à présent, en mesure de réunir la variété infinie de modèles qu'une pareille diffusion nécessite.

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site? Les fabricants et les maisons de décoration savent-ils même suffisamment dans quel sens diriger les créations de leurs dessinateurs? Avons-nous, en un mot, une grammaire décorative du tapis? La question mérite d'être posée. Autrefois, le tapis obéissait à des règles ornementales déterminées. Il reproduisait, à toutes les échelles, les éléments architecturaux de l'époque. On y retrouvait les mêmes effets décoratifs qu'au plafond, et l'on pouvait se demander, selon la boutade de Paul Follot, si on n'avait pas la tête en bas. L'application des motifs orientaux a marqué un pas vers l'affranchissement des tisseurs de laine. Le décor floral a achevé de les libérer. Aujourd'hui, le tapis admet toutes les conceptions, même les plus fantaisistes. C'est une savoureuse anarchie, un écran où passent tous les genres et où les peintres, enivrés des tons vibrants et profonds de la laine, que leur palette était impuissante à toujours fournir, ont projeté de belles images sans se douter que le tapis ne parle pas le même langage que le tableau, qu'il n'est pas fait pour donner une note séparée, mais pour concourir à l'harmonie d'un ensemble. De là tant de fantaisies exquises de couleur ou de dessin et qui, parfois, dans un mobilier, détonnent, quand elles ne démolissent pas tout ce qui les entoure. Des règles? Ce serait tomber dans le ridicule d'en donner. Ce qui semble convenir le mieux, ce sont des formes, des lignes, des taches qui suggèrent, mais qui ne précisent pas, une ornementation « vide ». On pourrait, à juste titre, comparer le rôle du tapis dans l'appartement à celui de la musique au cinéma. Il nous met en état de grâce, il nous introduit à la beauté des meubles et des objets d'art. Nous ne devons pas nous apercevoir de sa présence. Autrement, c'est un intrus et un malotru. Ceci surtout pour les grands tapis. Pour les petits (qu'on appelait jadis tapis de foyer, quand il y avait encore un foyer), c'est autre chose. Il faut y voir un article de mode, un objet de goût, comme on disait au temps de la Mésangère, un bibelot, comme nous dirions aujourd'hui. Nous lui demandons de plaire quelques saisons. Il sera toujours trouvé charmant s'il s'accorde à notre fantaisie du moment. Sous la présidence de Gaston Doumergue, tout va par roues, par bielles, par volumes, par plans, par lignes. Empruntons à Picasso, à Léger, à Braque, le charme de leurs accords subtilement colorés et de leurs constructions compliquées et savantes. Mais, de grâce! pour le grand tapis, qui doit durer des années, plusieurs générations peut-être, la simplicité, la mesure, le calme s'imposent. Appliquons la règle pascalienne : « Ce n'est pas dans les choses extraordinaires et bizarres que se trouve l'excellence de quelque genre que ce soit. » Un dernier mot. Souvent, les dessinateurs de tapis ne sont pas des techniciens. C'est un bien, parce qu'ils ne sont pas gênés par les routines du métier. C'est aussi un mal, parce qu'ils risquent de composer un motif " en l'air ", applicable aussi bien à la soierie, à la cretonne, au papier peint. Or, la technique du tapis a ses exigences. Il faut, au lieu d'un dessin à petite échelle, que le créateur exécute « lui-même » le carton à points comptés en arrêtant sa gamme de couleurs. Il faut qu'il connaisse assez bien les tons résistants et les coloris utilisables pour n'employer que ceux-là et éviter que le tisseur ne modifie à l'exécution un ou deux tons, sans souci de rompre l'harmonie générale. Mais il y a peu de spécialistes du tapis. Trop de dessinateurs s'attaquent indifféremment à tous les décors textiles. C'est pourquoi les beaux tapis sont rares, et le champ des recherches continue à être largement ouvert aux jeunes artistes qui seraient tentés par cet art si ancien et, cependant, si attrayant. HENRI CLOUZOT Conservateur du Musée Galliéra.

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ORTHOGRAphe Tapis au point noué, haute laine. ZODIAQUE Tapis au point noué, laine rase.

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Tapis au point noué, haute laine. $\frac{2}{3} \times 9 = 180$ BAL MASQUÉ Tapis au point noué, haute laine. $9 \times 3 = 2700$ SCALA

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Tapis au point noué, haute laine. $$ \begin{array}{c} 2 \times 3 \\ 970 \times 330 \\ 3 \times 4 \end{array} \quad \begin{array}{c} 2500 \\ 6750 \\ 3800 \end{array} $$ LAVIS LES TAPIS REPRODUITS SONT ÉDITÉS PAR DIM.