Excerpt

First pages of the volume, freely accessible.

Page 1

"BYBLIS" MIROIR DES ARTS DU LIVRE ET DE L'ESTAMPE --- LIBER SEMPER GALLIAE FLORENS --- AUTOMNE M CM XXVII --- ÉDITIONS ALBERT MORANCÉ

Page 2

"BYBLIS" MIROIR DES ARTS DU LIVRE ET DE L'ESTAMPE Pierre GUSMAN, Directeur-Fondateur P.-J. ANGOULVENT, Secrétaire de la Rédaction COMITÉ DE PATRONAGE - MM. Louis BARTHOU, de l'Académie Française — Henri BERALDI, Président de la Société des Amis des Livres — Albert BESNARD, de l'Académie Française, Directeur de l'École Nationale des Beaux-Arts — Léon COMAR, Président de la Société de la Gravure sur bois originale — J.-L. FORAIN, de l'Académie des Beaux-Arts, Président de la Société des Dessinateurs Humoristes — Jean GUIFFREY, Conservateur des Peintures, des Dessins et de la Chalcographie du Musée du Louvre — P.-A. LEMOISNE, Conservateur des Estampes à la Bibliothèque Nationale — Émile MALE, Directeur de l'École Française de Rome, Membre de l'Institut — MOREAU-NÉLATON, de l'Académie des Beaux-Arts — Albert MORANCÉ, Éditeur. COMITÉ DE RÉDACTION - MM. André BLUM, Docteur ès lettres — Marcel BOUTERON, Bibliothécaire de l'Institut de France — Robert BURNAND, Archiviste-Paléographe — Frantz CALOT, Bibliothécaire à la Bibliothèque Sainte-Geneviève — Jean CORDEY, Bibliothécaire à la Bibliothèque Nationale — Émile DACIER, Conservateur à la Bibliothèque Nationale — Loys DELTEIL, Expert — Hector LEFUEL — Mme J. DUPORTAL, Docteur ès lettres. ÉDITIONS ALBERT MORANCÉ À PARIS, 30 & 32, RUE DE FLEURUS Téléphone : Fleurus 00-68. — Chèques postaux : 143-51, Paris. — R. C. Seine 109-33

Page 3

"BYBLIS" MIROIR DES ARTS DU LIVRE ET DE L'ESTAMPE SIXIÈME ANNÉE XXIII° FASCICULE SOMMAIRE DU FASCICULE D'AUTOMNE MCM XXVII ÉTUDES = Hendrik Goltzius (1558-1617), par Louis Godefroy 77 = H. de Toulouse-Lautrec, par E. de Crauzat 84 = « Les Singularitez de la France antarctique, autrement nommée Amérique », par André Thevet (1558), par Pierre Gusman 92 = Maurice de Becque illustrateur, par Pascal Greppe 98 = Balzac dessinateur, par Marcel Bouteron 101 = Percy Smith, peintre-graveur anglais, par Marcel Bessan 105 = Échos et Propos de Saison: La Gravure xxv Le beau Livre xxix HORS-TEXTE = Le Christ mort sur les genoux de la Vierge, gravure de Goltzius, reproduite en héliotypie 79 = Hercule tuant Cacus, gravure de Goltzius, reproduite en héliotypie 81 = La Clownesse assise, lithographie de H. de Toulouse-Lautrec, reproduite en héliotypie 85 = Partie de campagne, lithographie de H. de Toulouse-Lautrec, reproduite en héliotypie 89 = Le Jockey, lithographie de H. de Toulouse-Lautrec, reproduite en héliotypie 91 = Portrait d'André Thevet, gravure sur bois extraite des « Vrais portraits des Hommes illustres », reproduite en héliotypie 93 = Reproduction en héliotypie de deux gravures sur bois illustrant les « Singularitez de la France antarctique » (verso des pages 71 et 73) 95 = Le Réveil d'un Dieu, planche originale de Maurice de Becque, illustrant « La Grèce et la Sicile » de José-Maria de Hérédia 99 = Reproduction en héliotypie de deux dessins de Balzac: a) Torse et jambes de femme, à la plume, sur son album personnel; b) Sa propre caricature et son adresse, au crayon, sur l'albun de la comtesse Bolognini 101 = Deux caricatures représentant Balzac en robe de chambre, reproduites en héliotypie: a) Caricature, au crayon, par lui-même, sur l'albun de la comtesse Bolognini; b) Lithographie de Benjamin Roubaud dans le « Panthéon charivarique ». 101 = Dessin de Balzac, à la plume (avec légende autographe), représentant Gavarni « faisant la nique » au gardien de la prison de Bourg. Héliotypie 103 = Deux dessins de Balzac et quatre gravures de Bertall, relatives aux « Petites misères de la vie conjugale », reproduits en héliotypie: a) Deux dessins, à la plume, de Balzac, représentant Adolphe et Caroline avant et après le mariage; b) Quatre gravures sur bois de Bertall interprétant les deux dessins à la plume de Balzac 103 ÉDITIONS ALBERT MORANCÉ A PARIS, 30 & 32, RUE DE FLEURUS

Page 4

AUX ÉDITIONS D'ART RADOT A L'ENSEIGNE DU "CHARDON D'OR" PARIS (XVIe) -- 5, rue Eugène-Manuel, 5 -- PARIS (XVIe) --- RYTHMES du temps et de la durée Par Francis BAUMAL Illustrations de Andrée SIKORSKA Tirage à 250 exemplaires JUSTIFICATION DU TIRAGE : 1 exemplaire portant le n° 1, sur Japon impérial, contenant les dessins originaux d'Andrée Sikorska ...

Page 5

Pour paraître le 15 Octobre prochain UN MAITRE DE LA CARICATURE ANDRÉ GILL (1840-1885) PAR CH. FONTANE Préface de LÉANDRE — Lettre d'ÉMILE COHL En suivant au jour le jour l'œuvre du spirituel caricaturiste, l'auteur a composé la plus attrayante revue que l'on puisse imaginer ; c'est en quelque sorte la réalisation, en un livre durable, du PANORAMA-GILL que l'artiste avait rêvé de peindre sur le monde de la politique, des lettres et des arts de son époque. 2 beaux volumes in-4° raisin 25×325 de 600 pages de texte et 230 illustrations en noir et en couleur, dont 63 hors-texte. TIRAGE LIMITÉ A 400 EXEMPLAIRES NUMÉROTÉS ET SIGNÉS Édition sur Madagascar comprenant 30 exemplaires . . . Prix : 800 et 1.000 fr. Édition sur Vélin pur fil Lafuma, 370 exemplaires . . . Prix : 600 fr. (Taxe de luxe comprise) SPÉCIMEN DE L'OUVRAGE FRANCO SUR DEMANDE AUX ÉDITIONS DE L'IBIS, 31, rue de Buffon, 31, PARIS (V°) --- ÉDITIONS "AU SANS PAREIL" 37, AVENUE KLÉBER, PARIS (XVI°) PLAISIR DE BIBLIOPHILE GAZETTE TRIMESTRIELLE DES AMATEURS DE LIVRES MODERNES RENSEIGNE, INSTRUIT, DIVERTIT, ET, SOUS UNE FORME VIVANTE ET PLAISANTE, INFORME SES LECTEURS DE TOUTES LES BEAUTÉS ET CURIOSITÉS DU LIVRE DE NOTRE ÉPOQUE SES COLLABORATEURS : ANDRÉ SUARÈS, MARCEL ARLAND, ANDRÉ SALMON, PIERRE MAC-ORLAN, ROGER ALLARD, CLAUDE ROGER-MARX, SEYMOUR DE RICCI, E. DE CRAUZAT, PAUL ISTEL, ETC. SES ÉTUDES D'AVANT-GARDE SUR LES ILLUSTRATEURS : DUFY, JOU, LABOUREUR, DARAGNÈS, BONNARD, CHAS-LABORDE, TOULOUSE-LAUTREC, GALANIS, ETC. SES MONOGRAPHIES DE SOCIÉTÉS DE BIBLIOPHILES : LES CENT BIBLIOPHILES, LE LIVRE CONTEMPORAIN, LE LIVRE D'ART, ETC. SES BIBLIOGRAPHIES CONTEMPORAINES DES ŒUVRES DE PAUL MORAND, PAUL VALÉRY, JULES ROMAINS, MARCEL PROUST, FRANCIS CARCO, ETC. SA CHRONIQUE DES VENTES avec l'examen critique des prix atteints. SES FANTAISIES, SES INFORMATIONS, SES ÉCHOS. QUATRE FASCICULES IN-16 JÉSUS PAR AN SOUS COUVERTURE ORNÉE EN 1927 D'UNE GRAVURE ORIGINALE EN DEUX TONS DE PIERRE LEGRAIN PRIX DE L'ABONNEMENT ANNUEL . . . France : 25 francs ; Étranger : 35 francs TIRAGE DE LUXE SUR PAPIER VÉLIN . . . France : 60 francs ; Étranger : 80 francs L'année 1925 dans un étui-boîte (couverture de L. Jou). . . . . . 30 francs L'année 1926 dans un étui-boîte (couverture de Laboureur). . . . . . 30 francs Compte de Chèques Postaux : Paris 20-727

Page 6

--- La Chasse --- La danse --- La pêche --- les Toiles de Tournon Compositions de Raoul DUFY éditées par BIANCHINI FÉRIER 24 bis Avenue de l'Opéra pour l'ameublement & la décoration moderne --- La Moisson --- L'Afrique --- Le tennis ---

Page 7

![image](image_1.png)

Page 9

HENDRIK GOLTZIUS 1558-1617 Hendrik Goltz, nommé Goltzius, naquit en février 1558 à Mulbrecht dans le duché de Juliers. Cette petite principauté de l'empire germanique, encadrée par la Gueldre et les duchés de Clèves et de Limbourg, faisait face à l'électorat de Cologne, tandis que le Rhin, au levant, lui apportait sur ses flots lourds les lointains produits des cités transalpines. A l'image de ce pays, traversé de courants si divers, le génie de Goltzius devait subir des empreintes multiples et contraires. — Il avait trois ans lorsque son père, qui exerçait l'état de peintre sur verre, comme celui de Van Dyck, vint se fixer à Duisbourg. L'atelier paternel éveilla bien vite sa vocation artistique et il y puisa, plus tard, ses premières notions du dessin. En 1576, il se rendit aux Pays-Bas et séjournna à Haarlem où il reçut les conseils d'un artiste d'Amsterdam nommé Dirck Volckertsz Coornhert, singulier personnage à la fois peintre et musicien, graveur et maître d'armes en même temps qu'auteur de plusieurs traités de poésie et de controverse. Trois ans après, il s'y maria, ce qui l'attacha définitivement à cette ville où il mourut à l'âge de cinquante-neuf ans, le 1er janvier 1617 suivant certains biographes, le 29 décembre 1616 suivant les autres. — Comme la plupart des artistes de son temps, il avait visité l'Italie pour sacrifier au culte de l'Antique et s'imprégner des riches leçons des grands maîtres. Et si l'on en juge par les traces que ce pèlerinage artistique a laissées dans son œuvre, Michel-Ange et Raphaël eurent ses prédilections. C'est pendant les années 1590 et 1591 qu'il entreprit ---

Page 10

ce voyage au cours duquel il aurait eu pour compagnon de route un graveur d'Amsterdam du nom de Jean Mathys. Il traversa d'abord l'Allemagne et séjournà à Munich. Il y rencontra son confrère bruxellois Jean Sadeler dont le père était graveur damasquineur du duc Guillaume II de Bavière qui lui servait une pension de deux cents gulden d'or. Hardi trousseur de cottes et grand videur de pots, Sadeler, qui devait un peu plus tard achever assez brusquement sa vie nomade à Venise, rendit le séjour à Munich de son ami fertile en aventures. — Goltzius avait quarante-deux ans quand il prit le pinceau, aussi son œuvre peint est-il peu important. Il se borne à des tableaux d'histoire assez froids et à quelques portraits dont la manière rappelle celle de Blockland et de Spranger. Il ne semble pas d'ailleurs qu'ils aient joui à aucun moment d'une popularité égale à celle de ses gravures si l'on en juge par les modestes enchères qu'ils suscitèrent dans les ventes. A celle du cardinal Fesch, en particulier, un des derniers tableaux qu'il avait exécuté peu d'années avant sa mort et qui représentait la mort d'Abel, ne dépassa pas deux cent trente-deux francs. Nous ne nous occuperons donc ici que de son œuvre gravé qui, mieux que sa peinture, assura sa célébrité. — Cet œuvre est considérable. Il comporte 363 estampes originales sans compter celles que ses nombreux élèves, et principalement Matham et Saenredam, gravèrent d'après ses dessins. Le Peintre-Graveur de Bartsch en décrit 323 et quarante autres y furent ajoutées par Weigel dans son Supplément. On range parmi les plus célèbres celles qui forment la suite de six estampes qu'on appelle : les Chefs-d'œuvre de Goltzius. Ce ne sont cependant point celles qu'on peut considérer comme les meilleures de son œuvre. Mais ce qui contribua sans doute à leur assurer cette réputation c'est leur importance et la fantaisie avec laquelle, plus que partout ailleurs, il utilisa cette facilité exceptionnelle que lui avait dispensé la nature de donner à ses ouvrages les caractères les plus différents. Il ne faut pas cependant ajouter trop de foi aux écrits de Levêque affirmant que ---

Page 11

ce don du pastiche était chez lui si parfait qu'il trompait les amateurs de son temps « en imitant dans le dessin et dans la gravure Albert Dürer et Lucas de Leyde ». — Cette suite de sujets tirés du Nouveau Testament qui constitue les Chefs-d'œuvre fut gravée en 1593 et 1594 et dédiée à ce Duc de Bavière à la cour duquel nous avons vu qu'il avait rencontré Sadeler lors de son passage à Munich trois ans plus tôt. Ce sont des planches de grande dimension, dépourvues d'émotion mais non d'adresse. Goltzius s'y montre peut-être même trop habile et trop préoccupé de montrer son talent de savant buriniste. Plus que tout, il y manque de cette sincérité dans l'accent qui fait seule les grandes œuvres, dominé qu'il fut par le souci de réaliser cette gageure d'imiter la manière des maîtres les plus divers. Ainsi c'est d'abord celle de Raphaël qu'il contrefait dans la première des planches de cette suite: L'Annonciation (Bartsch n° 15), tandis que, dans la seconde, il emprunte celle du Parmesan pour représenter la visite de la Vierge à sainte Elisabeth. L'Adoration des Bergers (B. 17), est traitée à la manière du Bassan et il imite Dürer dans sa Circoncision où l'on reconnaît son portrait sous les traits de l'homme en adoration derrière le vieillard qui porte l'enfant divin. L'élégance alanguie et si touchante de Lucas de Leyde se retrouve, encore qu'atténuée par le brillant italianisme de Goltzius, dans son Adoration des Mages (B. 19), et c'est dans le style de Frédéric Barroche qu'il a traité la dernière de ces planches où l'on voit la Vierge assise au pied d'un arbre et portant l'enfant Jésus qui, d'un geste plein de grâce, caresse saint Jean-Baptiste. — Il existe une seconde Adoration des Bergers (B. 21), plus petite de format, plus calme d'exécution et plus sincère de sentiment. Dans celle-là, que nous préférons à celle des Chefs-d'œuvre, on voit la Vierge avec, au centre de la composition, saint Joseph tenant un flambeau et montrant Jésus qui vient de naître à deux bergers en extase devant le divin mystère. Bien qu'inachevés, ce sont les premiers états de cette planche charmante qui sont seuls précieux car son achèvement, environ 1615, ne fut pas l'œuvre de Goltzius ---