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BEAUX-ARTS Revue d'Information artistique paraissant deux fois par mois. QUATRIÈME ANNÉE 1926 Paris, 106, Bd St-Germain

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4e Année. — Numéro 1 1er Janvier 1926 BEAUX-ARTS REVUE D'INFORMATION • ARTISTIQUE • --- LE CENTENAIRE DE DAVID Le centième anniversaire de la mort de Louis David, qui eut lieu à Bruxelles, le 29 décembre 1825, a été célébré en Belgique, le jour même, par une visite au cimetière où il repose, par l'apposition d'une plaque sur la maison où il est mort et par l'inauguration d'une exposition organisée au Musée des Beaux-Arts et comprenant avec les œuvres du maître conservées dans les musées belges, deux toiles envoyées par le Louvre et divers morceaux prêtés par des particuliers. M. Albert Besnard représentait la France en ces diverses occasions. La veille, une cérémonie avait eu lieu au Louvre en présence de M. Paul Lambotte, directeur général des Beaux-Arts de Belgique, qui prononça une allocution pleine de sens artistique et d'érudition où il rendit hommage au maître français et souligna l'importance de son action sur la formation de l'école belge du xixe siècle et en particulier de Navez. Des vers de Chénier, des fragments musicaux de Méhul et de Gossec furent entendus, mais le morceau principal de la séance fut, sans contredit, le discours par lequel M. Paul Léon, directeur des Beaux-Arts, avait ouvert la séance et que nous sommes heureux de pouvoir reproduire ici : > « La fervente intimité de cette commémoration peut paraître trop discrète pour célébrer l'animateur des fêtes révolutionnaires dont la voix guidait un peuple aux autels de la Nation. Pourtant David eût agréé un hommage qui réunit, dans le culte de sa mémoire, les deux patries qu'il a aimées. L'une vit éclore ses dons et inspira son génie; l'autre abrita son exil, honora ses derniers jours et veilla sur son tombeau. La Belgique, asile des proscrits, sanctuaire des libertés, fêtera bientôt le centenaire de sa propre indépendance qui fut le gage de la nôtre. Sa place était à nos côtés et nul, Monsieur le Directeur général, ne pouvait plus noblement la remplir, pour évoquer la vie et l'œuvre du grand peintre qui tressaillit au souffle de la Marseillaise, le jour où Goethe vit se lever sur le côteau de Valmy l'aurore d'un monde nouveau. > > « L'immortalité du génie n'est pas faite seulement de la durée du souvenir. C'est une vie continuée et qui sans cesse évolue. Parole d'homme, pensée d'ancêtre! Le feu des passions s'allume à la cendre du passé. Ainsi David, après cent ans, est-il très lointain et très proche. Nous nous refusons à comprendre son injuste et brutal mépris pour les grâces du xvime siècle; la régénération des arts demandée à la Rome antique, la fixation d'un idéal immuable de la beauté, l'imitation pratiquée avec la rigueur d'un dogme. Et pourtant sur quels principes reposaient ces conceptions? La sobriété du décor, le rôle de la construction, LANGLOIS. Portrait de Louis David. (Musée du Louvre)

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BEAUX-ARTS l'importance du sujet, la vertu des humanités, la valeur sociale de l'art, autant de thèmes actuels qui suscitent nos discussions et plus que jamais alimentent l'ardeur de nos controverses. « Nous sommes toujours enclins à affranchir de nos erreurs, de nos variations, de nos doutes ceux dont les siècles antérieurs ont fixé la renommée. David est demeuré pour nous le rigide doctrinaire, le législateur des arts, qui, reprenant après Lebrun le sceptre de la dictature, voulut imposer son empreinte aux monuments nationaux, au décor de la capitale, aux cérémonies publiques et jusqu'aux meubles de Jacob ou aux costumes de Talma. Nul pourtant ne fut plus sensible, plus mobile en ses dessins, plus divers en ses actions, plus ardent à la recherche, ni plus incertain du but. Voyez ce masque volontaire, durci par l'obstination, cette allure pesante de l'homme qui réclamait pour marcher le secours des faits réels. Mais admirez la chevelure qui se dresse éparsse au vent, le regard clair qui interroge et lève le voile de l'avenir. « J'entrevois au loin la route, aimait-il à répéter, mais je ne l'atteindrai pas! ». « Son esthétique est issue d'un acte de volonté. L'élève de Vien, peignant Mars et Vénus au combat, sacrifice au goût du jour et revêt les divinités des attributs d'un Olympe emprunté à l'Opéra. Tout d'un coup il se dégage des liens de la tradition, il part, ardent pèlerin, demander son salut à Rome et, dans une évocation de l'antiquité retrouvée, il crée la doctrine d'un art où tout apparaît nouveau : la sobriété des tons, la construction des figures, le relief de la statuaire transposée sur la toile, l'impassible sérénité des grandes mêlées de l'histoire, vues avant ou après l'action, telles que les retrace à nos yeux, dans la tragédie classique, le récit des confidentes. Aux enchantements de Cythère, aux jeux de l'escarpolette succèdent les mâles accents de Sénèque ou de Brutus. Se libérant de plus en plus des effets, des contingences, de tout ce qu'il appelait la grimace de l'expression, c'est à la Grèce que David entend demander le secret de la pureté originelle. Léonidas aux Thermopyles nous révèle la forme humaine en sa parfaite beauté. « Mais tandis qu'il s'attarde ainsi à transporter dans la vie la majesté des Antiques que l'archéologie naissante a ramenée à la lumière, tandis qu'il fixe un archétype immuable en son principe sous le flot des apparences, voici qu'un grand vent d'orage vient à se lever sur le monde. De leur lin-cel de pourpre ont surgi les dieux morts. Une autre Athènes, une autre Rome offrent leurs vertus à l'histoire, Léonidas ou Brutus ont leurs émules en Marat, en Lepelietier, en Bara. Le serment des Horaces devient celui du Jeu de Paume et bientôt celui des Aigles. Sacrifice à la Patrie, à la loi, à la gloire, l'émoignant triptyque unit en des pages immortelles le faisceau des gloires d'Hora-ce, l'ardent défi de Mirabeau, les étendards des légionnaires. « Tu fais français » disait David à son élève Couder, en manière de reproche. Il fit français à son tour quand l'idéal qu'il cherchait à travers le mirage des siècles se dressa vivant devant lui. « Je vous salue David », dit l'Empereur devant « le Sacre ». S'inclinait-il, subjugué devant la génie d'un autre ou voulait-il rendre hommage à qui servait sa propre gloire! « Les grands hommes, observait Pascal, nous dépassent de la tête, mais leurs pieds, comme les nôtres, demeurent attachés au sol ». David lui-même subit-il la séduction d'un souverain qui enchâinait à sa fortune tous les grands esprits de son temps? N'a-t-il pas plutôt salué, après tant de luttes sanglantes l'avènement d'un ordre nouveau, qui, sur de fortes assises, fondait la grande Nation? A ce rêve si tôt évanoui il a su demeurer fidèle. Sa vieillesse connut l'exil dont une capitale amie lui adoucit l'amertume. Il y vécut pendant dix ans entouré de la ferveur d'une pieuse admiration. Mais l'épopée impériale termina sa propre épopée. Après le Sacre et les Aig'es, Télémaque, Achille lui-même paraissaient de pauvres héros. Mars désarmé par Vénus exprime sa dernière pensée. Un autre dieu de la guerre avait désarmé, lui aussi, disparu par delà les mers. Dès lors, les mains défaillantes laissent échapper le pinceau. Perçant les brumes du Nord, l'étoile romantique se lève sur les ruines de nos donjons et sur les scènes de mort de la Méduse et de Scio. « 1748-1825, du lendemain de Fontenoy à la veille de Navaria, de Boucher à Delacroix, de Voltaire à Victor Hugo, un siècle, un temps, un monde! David en a ressenti les profondes convulsions et fixé les grandes heures, mais l'intime révélation de son art et de son temps, ne faut-il pas la demander à tous ces vivants d'alors qui, groupés autour de nous, lui font aujourd'hui cortège : les Pécoul, opulents bourgeois de ce régime qui, dit-on, connut la douceur de vivre, Milhaud, le Conventionnel, alors commissaire aux armées, bientôt comte de l'Empire et cuirassier de Waterloo, la bonne Madame Seriziat, au teint de lys et de rose, comme le lin qui l'enveloppe ou la guirlande qui la pare, la marquise d'Orvilliers dont le placide sourire éclaire les sombres voiles, Mme Chalgrin, les Mongez et la magnifique lai-deur qu'exhalent les dames de Gand, et Juliette Récamier si humaine en son port de déesse. Saluons les acteurs qui passent, non sur la scène de l'histoire, mais sur les chemins de la vie; en ses aspects éphémères, c'est l'humanité éternelle.

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BEAUX-ARTS « Sous les voûtes de ce palais qui consacre le génie et qui perpétue la gloire, quelle parole vaut un regard et quelle autre conclusion donner à mon inutile exorde que de dire à tous ceux qu’unit la ferveur du pèlerinage et la piété du souvenir « Maintenant venez et voyez ? ». C’est devant la magistrale et formidable toile de fond formée par le Sacre, sur laquelle s’enlevait la silhouette menue de notre Directeur des Beaux-Arts, que furent prononcées ces paroles; sous la lumière, ce jour-là un peu sépulcrale, qui tombait des hauts vitrages. Mais on sait combien d’ordinaire la grande page d’histoire emplit de sa gloire cette salle du Louvre, dont elle est une des pièces essentielles depuis 1889. Elle fut alors ramenée de Versailles où elle avait figuré pendant trois quarts de siècle dans le décor, transformé sous l’Empire, du palais de Louis XIV. Les Amis de Versailles réclament aujourd’hui son retour, face aux Aigles, à la place où l’on commanda, après 1889, à Roll, l’évocation du Centenaire des Etats généraux pour la remplacer. L’opération est-elle opportune? et le plaidoyer chaleureux et spécieux de M. J.-L. Vaudoyer, paru dans l’Echo de Paris du 28 décembre, convaincera-t-il tous les amateurs et les historiens de notre art national qui se sont habitués à trouver à sa vraie place, au Louvre, un des chefs-d’œuvre les plus significatifs de l’art français? Il est permis d’en douter. NOUVELLES Légion d’honneur. — Parmi les dernières promotions, nous relevons les suivantes: Au grade de commandeur, M. David Weill, membre du Conseil des Musées Nationaux et du comité de patronage du musée de la Légion d’honneur; au grade d’officier, M. Eugène Morand, directeur de l’Ecole nationale des Arts décoratifs. Au Louvre. — En application du décret du 9 décembre 1925 seront gravés sur l’une des plaques disposées en l’honneur des principaux bienfaiteurs du musée les noms de MM. Henri Yever, François Kleinberger et Godefroy Brauer. Dans les Musées municipaux. — Par délibération du Conseil municipal, le droit d’entrée dans les musées de la Ville de Paris est porté à partir du 1er janvier de 1 à 2 francs. De même seront augmentés les droits perçus pour la prise des vues photographiques et cinématographiques. Aux monuments historiques. — A la suite du concours, dont les épreuves ont eu lieu pendant le mois de décembre, MM. Harot, Prieur, Barbier, Brun, Lotte, Chauvel, Texier et Chaine ont été nommés architectes en chef des Monuments historiques. Nominations à l’Ecole des Beaux-Arts. — L’arreté du ministre de l’Instruction publique et des Beaux-Arts, en date du 19 décembre 1925, M. Sicard, membre de l’Institut, a été nommé professeur chef d’atelier de sculpture en remplacement de M. Ségoffin décédé; M. Bigot, architecte, grand prix de Rome, a été nommé par le même arrêté professeur chef d’atelier d’architecture en remplacement de M. Marcel Lambert, démissionnaire. A l’Ecole nationale des Arts décoratifs. — Par arrêté du ministre de l’Instruction publique et des Beaux-Arts, M. Couyba, membre du conseil des Beaux-Arts, vient d’être nommé directeur de l’Ecole nationale des Arts décoratifs, en remplacement de M. Morand, admis à faire valoir ses droits à la retraite. Les Salons de 1926. — Les travaux de démolition de l’Exposition, activement poursuivis, vont bientôt rendre le Grand-Palais à sa destination officielle, qui est d’abriter les manifestations de l’art français. Les salons annuels vont s’y succéder cette année selon l’ordre habituel: Indépendants, Salon d’hiver, Femmes peintres, Salon des Artistes français et de la Nationale, Artistes décorateurs, Salon d’Automne. A la Société des Artistes français. — M. Nénot, qui présidait, avec l’autorité que l’on sait, aux destinées de la doyenne de nos sociétés d’artistes, ayant manifesté le désir de résigner ses fonctions, c’est M. Paul Chabas que les Artistes français viennent de lui donner pour successeur. La Bibliothèque d’Art et d’Archéologie. — Dans notre numéro du 1er décembre, nous entretenions nos lecteurs de la fondation d’une société des Amis de la Bibliothèque d’Art et d’Archéologie destinée à aider au développement de cette institution. L’appel des fondateurs a été entendu; ils ont déjà reçu d’un généreux ami de la France, M. Edward Tuck, la somme de 50.000 francs. Le due d’Albe, le comte de Camondo, MM. Fenaille et David Weill ont aussi fait des dons très importants. Incendie de la Bourse de Bordeaux. — Un violent incendie a, sinon détruit, du moins fortement endommagé la Bourse de Bordeaux. Ce monument, inauguré en 1749 sous l’administration de l’intendant Tourny, avait été construit par l’architecte Gabriel et décoré de frontons sculptés par Francin. Classé comme monument historique, c’était un magnifique témoin de la remarquable prospérité que connut Bordeaux au cours du XVIIIe siècle. Les tapisseries des Gobelins, les bustes et les meubles de l’époque, qui ornaient certaines salles, ont heureusement pu être sauvés. Prix Lasserre. — Par arrêté du ministre de l’Instruction publique et des Beaux-Arts, en date du 17 décembre 1925, le prix musical de la fondation Lasserre est attribué, pour 1925, à M. Max d’Ollone. Ecole du Louvre. — Programme des cours professés durant l’année scolaire 1925-1926: Archéologie nationale et préhistorique. M. Hubert, professeur. M. O’af Janse, suppléant: La Civilisation des Germains. — Archéologie égyptienne. M. Bénédite: Etu-

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BEAUX-ARTS de du département égyptien à la lumière des antiquités conservées dans les autres musées. — Archéologie orientale, M. Dussaud : Développement de l’art syrien sous les influences grecque et romaine (1er semestre) ; Etude des antiquités chypriotes du Louvre (2e semestre). — Archéologie grecque et romaine, M. Michon : Etude des Antiques de Versailles sous le règne de Louis XIV (1er semestre) ; Etude d’un choix de monuments du département des Antiquités grecques et romaines (2e semestre). — Céramique antique, M. Merlin : La Céramique ionienne et la céramique corinthienne aux viie et viie siècles d’après les vases du Louvre. — Histoire de la Sculpture, M. Vitry : La Sculpture française de la fin du xviiie siècle (1er semestre) ; Vue d’ensemble de la sculpture française au xvie siècle (2e semestre). — Histoire des Arts appliqués à l’industrie, M. Marquet de Vasselot, professeur, M. Jean Verrier, suppléant : Le Mobilier et la décoration intérieure pendant le règne de Louis XIV. Histoire de la Peinture, M. Hautecœur : La Peinture italienne, du début du xive au milieu du xve siècle. — Histoire de l’Art français aux xviiie et xviiiie siècles, M. Brière : L’Art français sous le règne de Henri IV (1er semestre) ; Le Portrait en France au xviiie siècle (2e semestre). — Histoire des Arts au xixe siècle, M. Masson, professeur, M. Robert Rey, suppléant : L’Ecole impressionniste. Monuments commémoratifs. — Le 19 décembre, en présence du Président de la République, a été inauguré le monument consacré à la mémoire des membres de la Légion d’Honneur morts pendant la guerre. Ce monument dû au statuaire Bouchard s’élève dans un hémicycle situé au centre du musée de la Légion d’Honneur. — A Cholet, le 13 décembre, le maréchal Joffre a inauguré un monument élevé aux enfants de la ville morts pour la France et dû au ciseau du sculpteur Charles Maillard. ACADÉMIES SOCIÉTÉS SAVANTES Académie des Inscriptions et Belles-Lettres Séance du 11 décembre M. le secrétaire perpétuel informe ses confrères que la direction de la Monnaie a fait parvenir à l’Institut un exemplaire de chacune des quatre dernières médailles frappées dans son atelier : Les Hôpitaux japonais en France, de Lenoir ; Arras, ville martyre, de Desvignes ; La Pacification du Maroc, par Dropsy, et Le Débarquement en France de l’armée anglaise en 1914, par Blin. L’Académie procède à la désignation d’un correspondant étranger et de trois correspondants français. Sont désignés : MM. Puig y Cadafalch, de Barcelone ; Navarre, professeur à l’université de Toulouse ; Fage, archéologue, et Gauthier, conservateur du musée des antiquités du Caire. M. Gsell apporte des renseignements sur la mission poursuivie dans le Hoggar par M. Reygasse, le comte de Porok et M. Chapuis. Le tombeau de Tin-Hahan, qui, selon la tradition locale, serait celui d’une princesse, a été découvert à 80 kilomètres de Tamanraset, où sont inhumés le Père de Foucauld et le général Laperrine. Ce sépulcre se compose de plusieurs chambres, inexplo-rées jusqu’ici. L’une d’elle l’a été : c’est un rectangle de $5 \times 4 \times 2$ , vide, mais dallé. Sur le dallage était un caveau rempli d’objets, dont la conservation avait été assurée par l’air sec du Sahara : notamment un lit, dont les lanières étaient rompues, et un squelette, tombé du lit sur le sol, les bras légèrement repliés et la tête tournée vers l’Est ; autour de ce squelette, probablement de femme, des débris de vêtements, bijoux et colliers, dont M. Gsell, présente plusieurs à l’Académie. Il ajoute que cette sépulture ne peut être antérieure au premier millénaire avant notre ère. M. Michon, conservateur du département des Anti-quités grecques et romaines du musée du Louvre, est élu membre ordinaire en remplacement de M. Homolio par 19 voix contre 18 à M. Casanova. M. F. Brunot, doyen de la faculté des lettres de Paris, est élu membre ordinaire en rempla-cement de M. Elie Berger par 22 voix contre 14 à M. Casanova. Académie des Beaux-Arts Séance du 19 décembre L’Académie a procédé à l’élection d’un candidat au fauteuil devenu vacant par suite du décès du graveur Waltner. M. Buland a été élu au deuxième tour, par 19 voix contre 7 à M. Dezarrois, 4 à M. Leriche, 3 à M. Cop-pier et 2 à M. Beltrand. AVANT LE SALON DES INDÉPENDANTS La discorde est au camp des Indépendants. Tous les ans, au surplus, la même querelle s’é-lève, à la même époque. Elle prend cette fois un caractère plus dramatique. On connaît l’objet du litige : La majorité des membres du comité entend rester aveuglément fidèle à l’esprit comme à la lettre des statuts initiaux ; point de jury, point de récompenses, une égalité rigoureuse. Le local est divisé en secteurs, chaque secteur comprend un certain nombre de lettres prises dans l’ordre de l’alphabet. Un roulement est établi d’an-née en année, afin que ce ne soient pas toujours les mêmes groupes de lettres qui bénéficient des secteurs les plus favorables. Dans chacun de ces secteurs les placeurs ont toute liberté. Ils peuvent arranger leurs panneaux de manière à situer avec le plus d’honneur les œuvres qui leur semblent les meilleures, ou que signent les noms les plus connus, du moins les plus aimés. Ainsi l’on peut, d’une part mettre en vedette, dans chaque secteur les œuvres qu’on estime particulièrement intéressantes ; d’autre part, répartir à travers toute l’exposition le total d’intérêt que représentent les envois les plus remarquables. D’ailleurs les purs, parmi les Indépendants, voient en cette façon d’opérer une-

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BEAUX-ARTS atteinte à la rigoureuse égalité, principe essentiel des Indépendants. (Comme compensation ils ont obtenu, je crois, que des avantages fussent faits aux Indépendants sans reproche, je veux dire à ceux qui n'exposent dans aucun salon «à jury»). Or, l'ensemble de ces mesures est vigoureusement désapprouvé par une forte minorité qui s'est constituée dans le sein même du comité. Celle-ci prétend que nul article des statuts n'empêche certains exposants de se grouper entre eux par affinité. Ces affinités sont naturellement celles du talent, mais aussi de la notoriété. Le rapprochement de leurs œuvres aboutirait à quelque «salon carré», comme on a tant dit, hors duquel l'innombrable cohorte des exposants obscurs ne formerait plus qu'une masse de toiles ridicules ou médiocres, en tous cas négligeables. Et la critique et le public, admettant facilement que le meilleur peut être vu en un tour de salle, les négligeraient en effet. Quiconque s'est vu chargé, ne fût-ce qu'une fois, d'écrire un compte-rendu des Indépendants est tenté de souscrire à ce projet. Il simplifierait tant notre tâche!... J'ai dû moi-même le préconiser, en paroles, en articles. Mais je dois avouer aujourd'hui qu'on aurait eu tort de me donner raison, et que sa réalisation serait d'une équité contestable.«Ni jury, ni récompenses». Mais n'est-ce point déjà faire acte de jury que de s'incorporer soi-même dans une phalange qui se proclame l'élite et qui refuse de frayer avec les inconnus? N'est-ce point décerner une récompense que d'admettre en ces rangs particulièrement honorés tel artiste, et d'en exclure tel autre? Pour être admis dans cette sélection, ne verrons-nous pas des exposants rééditer, auprès de ceux qui la composent, les manœuvres et les flatteries qui sévissent, par la force des choses, dans les salons «à jury»? S'opposer au placement par affinités c'est, dit-on, favoriser l'égalité par le bas. Soit; mais l'adopter, c'est tout uniment supprimer l'égalité. Si j'étais artiste, il me semble que je n'oserais point le tenter. On a vu tant d'exemples de talents véritables moqués par de véritables artistes, ou simplement ignorés. Quel chagrin et quelle confusion pour la minorité qui demande le classement par affinité si l'an 1950 (qui n'est pas loin, au train dont vont les saisons) voyait le triomphe de quelque peintre aujourd'hui barbouilleur inaperçu, rejeté par «l'élite» au fin fond des salles méprisées! Et, comme cette élite, à présent fière de son air d'avant-garde, semblerait, alors et rétrospectivement, sectaire et incompréhensive! Mais la vérité n'est point facile à démêler. La minorité favorable au classement par affinité vient de démissionner. Elle comptait d'excellents artistes tels que Luc-Albert Moreau, La-dureau, Jacquemot, Gromaire, Alix, André Lhote, Jean Marchand, Victor Dupont, Pierre Bompart. Ils dénoncent «l'intransigeance de la dernière assemblée générale qui, pour le placement du prochain Salon des Indépendants, a voté l'ordre alphabétique intégral». Ils estiment «que ce vote est de nature à entraîner la Société à sa perte». Ceux des membres du Comité qui demeurent intransigeants, en effet, et que soutint l'assemblée générale se nomment Signac, Léveillé, Carlos Reymond, Igounet de Villers, pour n'en citer que quelques-uns. Comme on le voit, ce n'est point là querelle de rapins, et la vieille société des Indépendants a joué, que dis-je, joue encore un assez grand rôle dans l'évolution de notre art pour que ses décisions et ses indécisions soient observées avec intérêt. R.R. MONUMENTS HISTORIQUES Tarn-et-Garonne. — L'ancien château de Bioule, dont une partie est aujourd'hui transformée en BIOULE. Ancien château. école publique, mérite, malgré les mutilations dont il a été l'objet au cours des siècles, d'être conservé dans son état actuel, tant par ses intéressantes dispositions que par les peintures murales, malheureusement très atteintes, qui subsistent dans la chapelle et dans deux de ses salles. Composé de deux ailes dont l'une peut remonter au xime siècle et l'autre au xive siècle, c'est une construction presque entièrement en brique que domine une haute tourelle ronde.

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BEAUX-ARTS La salle dite des tournois est revêtue de peintures pouvant dater du xvie siècle qui représentent des cavaliers en riche costume, montés sur des chevaux harnachés avec luxe; sous le plafond court une frise qui imite des boiseries à pan- VENSAT. Église. neaux de parchemins. Au premier étage, le peintre a figuré des feuillages au milieu desquels on aperçoit encore quelques personnages et des armoiries surmontées de casques entourés d'enroulements compliqués. Trop mutilées pour pouvoir être restaurées, ces peintures, d'une valeur artistique médiocre, donnent cependant une idée exacte de ce qu'était le décor d'une salle de château que son propriétaire ne pouvait orner de tapisseries. Les peintures de la chapelle sont en meilleur état. Elles remontent cependant à une époque plus ancienne et figurent diverses scènes de la vie de la Vierge et du Christ. Aussi, se propose-t-on, pour en assurer la conservation, d'en confier la restauration discrète au spécialiste averti qu'est le peintre Yperman. Nous signalerons encore la disposition curieuse de l'escalier à vis, où l'architecte n'ayant pas à sa disposition des pierres suffisantes pour tailler les marches d'une seule pièce, a soutenu sa construction par une série d'arcs en briques se chevauchant l'un l'autre. C'est cet ensemble que la Commission des Monuments historiques a décidé de conserver, autant que faire se pourrait, en classant la chapelle et ses peintures, ainsi que l'escalier à vis et en inscrivant sur l'inventaire supplémentaire la salle du premier étage avec sa cheminée, dans l'aile Nord, ainsi que les deux salles de l'aile du Midi, avec leurs peintures, la tourelle et la porte d'entrée. Puy-de-Dôme. — L'ancienne église de Vensat était sur le point d'être démolie, lorsque, sur l'initiative de M. Ruprich-Robert, inspecteur général des Monuments historiques, l'administration des Beaux-Arts décida d'assurer le classement de ce très intéressant édifice, contre l'avis même de son propriétaire. On y retrouve les caractères principaux de l'école romane d'architecture de l'Auvergne que nous avons résumées jadis à nos lecteurs (Beaux-Arts, août 1924): nef obscure vouée en arceau, carré de transept surmonté d'une coupole sur trompe, absile et absidioles voutées en cul-de-four. Mais, ce qui fait l'intérêt plus particulier de cette petite église, c'est le plan tréflé que dessinent l'absile et les deux absidioles suivant une disposition extrêmement rare dans la région et qu'on ne retrouve qu'à l'église de Montfermy et à VENSAT. Église d'après un relevé de M. Ruprich-Robert. celle de Charbonnières-les-Vicilles. A signaler également les chapiteaux sculptés de motifs décoratifs de la nef et les modillons de l'abside, à l'extérieur, ornées de figures. Jean VERRIER.

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[1] 1er JANVIER 1926 7 BULLETIN DES MUSÉES LA COLLECTION GAZIER au Musée de Versailles Les peintures jansénistes acquises par le Musée de Versailles des héritiers d’Augustin Gazier étaient connues depuis longtemps, bien que de façon assez vague, entourées par leur possesseur d’une auréole un peu mystérieuse. On les entrevoyait aux murs du cabinet de travail de l’historien du jansénisme; mais on les appréciait surtout par les belles reproductions qu’il en avait données dans son précieux album de la librairie Hachette: Port-Royal au XVIIe siècle. Lorsqu’après des négociations, qui durèrent assez longtemps, nous fûmes mis en possession de cette intéressante série iconographique, nous pûmes enfin nous rendre un compte précis de sa valeur. Elle comprend, parmi les portraits, des originaux, des répliques et des copies. Le portrait de la mère Agnès Arnauld semble bien être, ce qu’affirmait M. Gazier, l’étude originale de Philippe de Champaigne pour son grand tableau de l’Ex-Voto de 1662, conservé au Louvre; la seule variante ajoutée est le coin du prie-Dieu, que domine un crucifix. L’exécution du visage et des mains paraît exceptionnellement belle. Ce portrait, ainsi que les deux suivants, se trouvait, à l’origine, dans le réfectoire de Port-Royal des Champs, d’où il fut transporté à Paris. Le portrait de la mère Angélique Arnauld (1648), de très bonne exécution, n’est pas moins important pour sa provenance, ainsi que celui de la mère Marie des Anges Suireau. Quant à l’image de sœur Catherine de Sainte-Suzanne, la fille de Philippe de Champaigne, figure pleine de charme, ce n’est malheureusement qu’une excellente copie moderne de l’étude, avec variantes, ayant servi pour l’Ex-Voto. Un bon portrait en buste de Saint-Cyran n’ajoute rien, comme document, à la toile plus importante de Champaigne que possédait déjà Versailles. Le portrait d’Antoine Arnauld, peinture ancienne mais assez médiocre, était attribué par M. Gazier à Jean-Baptiste de Champaigne; mais c’est encore Philippe dont nous admirons ici un chef-d’œuvre, le portrait d’Isaac Le Maître de Saci, peint en 1658, d’une facture incomparable dans son austérité. A ce bel ensemble de portraits est jointe une série de quinze gouaches qui reproduisent le célèbre album de Port-Royal des Champs gravé en 1710 par Magdeleine Hortemels d’après les compositions de Magdeleine de Boulogne: les intérieurs du monastère et les occupations des religieuses y sont représentés avec une minutie merveilleusement évocatrice. Enfin M. Gazier avait joint à sa collection de Port-Royal une image qui n’en est pas une des moins curieuses. Les lecteurs du beau livre de M. André Hallays, Le Pèlerinage de Port-Royal, n’ont certainement pas oublié la gravure qui y est reproduite au frontispice. On y voit, se promenant dans le vallon de Port-Royal, le diacre Paris avec M. Firmin-Louis Tournus, prêtre. C’est ce dernier dont le portrait, par Jean Restout, vient aussi d’entrer à Versailles. Or, il y a dans une collection parisienne, qui est un véritable musée, la collection Maurice Magnin, un morceau de Restout qui est d’une expression étonnante, l’étude de la tête de ce même personnage que nous voyons ici jusqu’aux genoux, son chapeau sous le bras et sa canne à la main, tel qu’il figure dans une gravure de Mutel que relève une invocation pieuse. La gravure, où nous le voyons en pèlerin avec son ami le diacre Paris, nous apporte un troisième état de la composition de Restout, dont la peinture, semble-t-il, demeure à découvrir. André Pératé. --- Cl. Serv. phot B.-A. MADELEINE HORTEMELS. Port-Royal des Champs. --- Le Musée de Versailles a acquis, d’autre part, tout récemment, un portrait de Manuel par Drolling le fils qui avait appartenu jadis à Jacques Laffitte et était passé par héritage dans la famille Ney de Persigny, une des filles du financier ayant épousé le fils du maréchal Ney. On sait

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BEAUX-ARTS que, sous la Restauration, Laffitte réunissait volontiers, au château de Maisons les hommes politiques de l'opposition libérale. Manuel s'y était retiré après son expulsion de la Chambre en 1823. Il y mourut en 1827 et c'est de Maisons que partit DROLLING. Portrait de Manuel. (Musée de Versailles) son cortège funèbre qui donna lieu à des manifestations antigouvernementales analogues à celles des obsèques du général Foy. Il est tout naturel que Laffitte ait commandé ou recueilli le portrait de son ami. Celui-ci figurait à Maisons en pendant à celui qu'il fit peindre de lui-même par Henry Scheffer et qui est revenu à Maisons l'an passé, grâce à l'initiative généreuse de M. Duverdy (voir Beaux-Arts, n° du 15 juillet 1924). Le portrait de Manuel aurait fait bonne figure également à Maisons, mais il sera fort bien placé à Versailles parmi les grandes figures politiques de la Restauration. Le portrait, du reste, est d'une qualité solide et d'un beau caractère. MUSÉE DE MAISONS LAFFITTE En même temps que le portrait dont il vient d'être question, les Musées nationaux ont acquis de la même provenance un buste en marbre qui, lui, est destiné au château de Maisons; il représente Jacques Laffitte lui-même en 1826, alors qu'il était encore dans l'opposition libérale, avant le succès de ses campagnes politiques qui amenèrent son parti au pouvoir en 1830 et le poussèrent lui-même jusqu'au ministère, mais qui compromirent singulièrement sa fortune. Le portrait de Scheffer, dont nous parlions, nous le montre assez embourgeoisé et vieilli, quelque peu désabusé, vers le milieu du règne de Louis-Philippe. C'est le moment où il va être obligé de lotir le domaine de Maisons. Le buste de 1826 est d'allure plus jeune et plus fière avec une nuance de romantisme, bien que le métier du sculpteur Flatters, qui l'a exécuté, fût des plus sages et se rattachât même, par de certains côtés — la draperie, par exemple — à l'art du xvie siècle, nous faisant souvenir que Flatters, rhénan d'origine, fut élève de Houdon. MUSEE DE CLUNY Le Musée de Cluny vient d'acquérir un curieux bénitier en pierre de l'époque romane qui provient de l'ancienne église désaffectée de Château-Larcher, en Poitou. Ce petit monument, qui a fait récemment l'objet d'une notice de M. Ginot dans le Bulletin de la Société des Antiquaires de l'Ouest (2e trimestre 1925), doit se classer, suivant lui, parmi les plus anciens bénitiers de pierre connus, lesquels ne remontent pas, en France, au-delà du xie siècle. Il se compose, ainsi que le montre la gravure ci-jointe, d'une cuve dont l'intérieur, avec ses six nervures, prend l'aspect d'une coquille et qui repose sur un pied formé de quatre tores. De chaque côté, une colonnette de 0 m. 52 de haut, se termine par un chapiteau très simple orné à chaque angle d'une feuille recourbée en volute. Le tout repose sur une assise de pierre unique. Les bénitiers sont souvent d'anciens chapiteaux Bénitier en pierre, XIIe siècle. (Musée de Cluny) appropriés à une destination nouvelle ou d'anciennes cuves baptismales. Celui-ci est de ceux, assez rares, qui ont toujours servi à contenir l'eau bénite; il paraît avoir toujours été isolé et

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[3] BULLETIN DES MUSÉES 9 non appliqué contre la muraille et M. Ginot se demande si les colonnettes ne servaient pas de support à une arcade ou à un fronton complétant l’édicule. MUSEE GALLIERA Continuant la série de ses manifestations périodiques, le conservateur du musée Galliéra vient d’organiser son Exposition générale d’art appliqué annuelle dont l’inauguration a eu lieu le 10 décembre. Elle a comme programme, cette année, le « Mobilier du français moyen ». MUSÉE DES ARTS DÉCORATIFS Le mois dernier, on a inauguré au Pavillon de Marsan l’installation définitive des collections léguées par Mlle Grandjean, dans trois des salles du premier étage, éclairées sur les jardins. Nous y reviendrons certainement. On doit, au cours de janvier, organiser dans les salles du rez-de-chaussée, une exposition de vélins du xvm siècle, appartenant au Muséum d’Histoire naturelle et présenter, d’autre part, une série de documents et relevés relatifs à l’art égyptien exécutés par Mlle Marcelle Baud, de l’Institut français du Caire, notamment d’après des tombeaux thébains de la XVIIIe à la XXVIe dynastie. MUSÉE DE SAINT-OMER La collection du Teil-Chaix d’Est-Ange Nos lecteurs n’ont certainement pas oublié la description que nous donnait récemment M. Deschamps de Pas des collections archéologiques et artistiques réunies dans le bel hôtel du xvm siècle acquis par la ville en 1899, à l’enrichissement et à la garde desquelles il s’est dévoué depuis de longues années. Une nomination récente a chargé plus spécialement, à côté de lui, un peintre distingué, déjà consacré par des succès parisiens, M. Jules Joëts, de la conservation des peintures et c’est lui qui nous présente aujourd’hui, sous les auspices de M. André Dézarrois, qui en a établi le catalogue et réglé l’ordonnance, la collection du Teil-Chaix d’Est-Ange, léguée en 1921, par Mme la baronne du Teil et qui vient d’être inaugurée officiellement le 18 octobre 1925. Cette donation magnifique a pris place dans trois salles du rez-de-chaussée du corps principal du musée auquel elle donnera un lustre particulier. La notice, qui précède le catalogue qui vient d’en être dressé, indique du reste que les locaux de l’hôtel commencent à devenir exigus. Elle suggère, non sans raison, l’expulsion de certaines collections d’histoire naturelle qu’il y a peut-être lieu, en effet, de dissocier des collections d’art. Elle sug- gère aussi l’édification dans l’ancien potager de l’hôtel d’une galerie d’exposition pour les toiles modernes, reléguées pour le moment à l’hôtel de ville, et ce serait peut-être aussi justice. Mais ce qu’il importe en tous cas surtout, c’est de conserver aux collections archéologiques, qui contiennent d’inappréciables trésors (le pied de chandelier de Saint-Omer est une pièce célèbre dans l’Europe entière), la place qu’elles ont occupée par droit de priorité et qu’elles méritent incontestablement. Ceci dit, nous n’avons qu’à féliciter la ville de Saint-Omer et les conservateurs de son Musée de Cl. Manzi GHEUZE. Portrait de Talleyrand. (Musée de Saint-Omer) l’enrichissement inespéré qu’ils doivent à la volonté de Mme la baronne du Teil, petite-fille du célèbre avocat Gustave Chaix d’Est-Ange (1800-1876) qui tint, par cette création libérale, à conserver le souvenir de son mari, mort pour la France en 1918, dans un pays auquel il avait été particulièrement attaché, dont il avait passionnément étudié les antiquités et scruté l’histoire locale. Le baron Joseph du Teil, lui-même, avait en 1907 présenté aux lecteurs des Arts le tableau d’ensemble de la collection du grand-père de sa femme, y compris un portrait inachevé de Michel-Ange sur lequel il revint à mainte reprise et où il affirmait reconnaître sans conteste la main du grand Buonarroti. Ce dernier ne figure pas, du reste, dans la