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ART INDUSTRIE Arts de la Maison. Industries de Luxe. - La N° France : 6 Francs. - Étranger : 10 Francs. --- ART & INDUSTRIE IVe Année. — N° 6. 10 Juin 1928. 5, Rue Montaigne — Paris (viii). Traductions en Anglais.

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BAGUÈS LUMINAIRE ANCIEN ET MODERNE FERRONNERIE OBJETS D'ART 107, rue La Boétie, 107 CHAMPS-ÉLYSÉES --- GALERIES GEORGES-PETIT 8, rue de Sèze, PARIS TABLEAUX MODERNES BRONZES DE BARYE EXPOSITIONS - EXPERTISES Direction de Ventes publiques Téléphone : CENTRAL 44-58 IMPRIMERIE ARTISTIQUE 12, rue Godot-de-Mauroy, 12. Téléphone : CENTRAL 44-57

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ART ET INDUSTRIE 5, Rue Montaigne, PARIS (viii°) Tél.: Élysée 90-24 et 90-25. Directeur : Victor de La FORTELLE COMITÉ MM. Louis ARTUS Pierre BENOIT Jacques-Émile BLANCHE Francis CARCO Jean COCTEAU Mme Lucie DELARUE-MARDRUS MM. Claude FARRÈRE Jean GIRAUDOUX G. GRONKOWSKI Conservateur du Musée du Petit-Palais. G. JANNEAU Administrateur du Mobilier National. Paul LOCARD MM. Camille MAUCLAIR Pierre MILLE Jean SARMENT Mme Marcelle TINAYRE MM. Paul VALÉRY de l'Académie Française. J.-L. VAUDOYER --- SOMMAIRE Pages. --- COUVERTURE, par CHARBONNIER. --- LES FLORALIES DE GAND. --- L'ARCHITECTURE AU CANADA SOUS LE RÉGIME FRANÇAIS par A. BEAUGRAND-CHAMPAGNE. --- CHEZ LE PCE ET LA Pesse J.-L. DE FAUCIGNY-LUCINGE. --- NUITS ÉLECTRIQUES par Jean du BERCEL. --- UN GRAND PEINTRE CANADIEN : HORACIO WALKER. par Robert A.C. DOUTEAU. --- LES PROMENADES DU COLLECTIONNEUR --- LE XVIIIe SALON DES ARTISTES DÉCORATEURS. par Paul BRANDT. --- INCURSIONS --- UN PALACE AU CANADA. --- LA PROVINCE DE QUÉBEC. --- LES CHEMINS DE FER AU CANADA --- LES TISSUS PÉRUVIENS À L'EXPOSITION DES ARTS ANCIENS EN AMÉRIQUE par Georges-Henri RIVIÈRE. --- Pages. --- LE COIN DU CRITIQUE... par SHERIDAN. --- LES CÉRAMIQUES NOIRES DE ROBERT LALLEMANT par Lucie DELARUE-MARDRUS. --- LES LAMPES À LUMIÈRE DIFFUSÉE DE DESNY. --- MICHEL LATTRY, PEINTRE ET DÉCORATEUR... par Bernard SAFFROY. --- L'APPARTEMENT DE M.P. CLÉMENT par DIMÉA. --- LES ÉDITIONS ILLUSTRÉES ÉMILE PAUL... par G. BRUNON GUARDIA. --- LES LIVRES --- LA MUSIQUE par Paul LOCARD. --- UNE EXPOSITION DU LAP --- INFORMATIONS --- CHRONIQUE LM.MOBILIÈRE --- TRADUCTIONS --- Vente générale : Messageries Haebelle, 111, rue Réaumur, Paris. FRANCE ET COLONIES : Le Numéro... 6 francs. Abonnement... 60 — PAYS À TARIFS POSTAUX REDUITS : Le Numéro... 9 francs. Abonnement... 100 — AUTRES PAYS : Le Numéro... 18 francs. Abonnement... 120 — Revue Mensuelle. Tous droits de reproduction et de traduction réservés pour tous pays. Copyright, Juin 1928, par Art et Industrie, Paris.

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LES FLORALIES DE GAND Les Floralies qui se tiennent tous les cinq ans en Belgique, dans la vieille cité de Gand, ont eu lieu récemment avec leur succès accoutumé. De toutes parts, d'Angleterre, de France, d'Allemagne comme

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Massif de cyperus-papyrus (Section belge). Photos Pieters-Gand de Hollande, les amateurs sont venus en foule, admirer cet ensemble incomparable de fleurs rares, exposé dans le cadre somptueux du Palais des Beaux-Arts de la ville. Ne pourrait-on souhaiter, à

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cette occasion, qu'on organisât un jour à Paris, une Exposition internationale de même envergure, dans un cadre plus vaste et d'un caractère plus décoratif que les bâtiments hâtivement édifiés au Cours-la-Reine?

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Nous avons pensé qu'il serait intéressant pour nos lecteurs de trouver, dans ce numéro particulièrement important, des documents inédits sur le mouvement artistique canadien : au point de vue architecture, peinture et décoration d'intérieurs, notamment. Les Canadiens voient grand, et l'influence française subsiste toujours. DANS un temps où l'esthétique nouvelle fait assez de chemin pour que nous vienne de presque tous les pays le témoignage certain d'une rénovation des architectures, il n'est pas mal à propos de se demander où va souffler le vent, dans la bonne province de Québec. Précisément, nous vivons des jours tumultueux; il n'est question que de grands remaniements, de boulevards, de voies aériennes. On double les ponts, on crée des aéroports. On commence des termini cependant que la cité étouffe de congestion et que les gratte-ciel esquissent une offensive timide. D'autre part, les maisons se multiplient avec une rapidité déconcertante, les rues s'allongent et pénètrent comme des tentacules dans les terrains de culture maraîchère, la ville éclate et cède de toutes parts, au L'ARCHITECTURE AU CANADA SOUS LE RÉGIME FRANÇAIS

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Le séminaire de Saint-Sulpice à Montréal. Le manoir de Batiscan situé dans la région des Trois-Rivières. hasard des points faibles et l'épanchement se fait sans ordre ni mesure, comme si l'urbanisme n'existait que pour les autres. Bref, nous sommes en plein chaos. Serait-il étonnant que notre architecture ne s'en ressentit pas? N'est-elle pas ce par quoi on juge le mieux de la manière d'être d'un peuple! Si pénible que cela puisse être, il faut bien avouer que notre architecture offre depuis cinquante ans un spectable assez humiliant : d'autant plus humiliant qu'il marque une régression, car nous avons eu autrefois une architecture intéressante. Elle était faite d'éléments que nos ancêtres avaient apportés de France et qu'ils avaient adaptés lentement aux conditions de notre climat et à notre genre de vie. Elle était simple et pleine de charmes; digne, parce qu'elle n'avait pas encore appris le mensonge à la matière savoureuse dans laquelle elle s'exprimait. Elle se serait perfectionnée et aurait atteint son plein développement si le malheur des temps n'était venu tarir la source d'où nous tirions notre inspiration. Un jour, les Canadiens-Français se trouvèrent seuls, dépouillés de tout, et sans espoir de secours, en face d'une autre race, à l'esprit dominateur, et qui voulait les assujettir. Résignés à leur sort auquel, par eux-mêmes, ils ne pouvaient rien changer, les Canadiens-Français se dressèrent pour la défense et la conservation de ces trois choses que les hommes de tous les pays ont toujours défendues : la nationalité, la langue et la foi. La lutte dura cent ans. Pendant que nous affermissions notre emprise sur le sol québecquois et que nous faisions triompher notre langue et nos droits, il nous arriva cette chose malheureuse, mais inévitable, de laisser s'affaiblir quelques-unes des grâces extérieures que nous avions reçues en héritage : notre art et notre goût s'émuosserent peu à peu. Le plâtre maudit remplaça les belles boiseries; les menuiseries s'agrémentèrent de découpages fantaisistes ; la tôle, descendue des toitures, se transforma en corniches prétentieuses, en ridicules frontons de fausse pierre. Nous avons vu des arcs-boutants de fer-blanc, du granit en peinture, des bois en toile peinte, des poutres en carton et du bronze en papier mâché. « 6 »

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Mais là où l'ahurissement n'a plus de limites, c'est au spectacle de ces merveilleux esca- liers extérieurs en tire-bouchon, par lesquels les trois-quarts de la population grimpent dans leurs demeures. Plusieurs se sont inquiétés de cette déchéance, qui ont l'art pour métier; d'autres, qui savent combien l'art est révélateur, ont aussi montré à cet égard une vive susceptibilité. Faut-il nous le reprocher trop durement? Oui et non. Oui, parce que l'on ne doit jamais laisser périr ce que l'on peut sauver, même au prix de grands sacrifices. Non, parce que pendant un siècle et demi personne n'est venu à notre secours; personne n'est venu nous montrer que nous allions faillir quelque peu au devoir qui nous incombait. Pendant cent cinquante ans, jamais il ne fut question d'art dans notre enseignement; c'est ainsi que trois générations d'hommes se sont succédé qui n'en ont jamais entendu parler. C'est à peine si, à de longs intervalles, et grâce à l'initiative particulière, il fut donné à quelques-uns d'entrevoir la terre promise.... sans lendemain. Les nouveaux venus avaient apporté avec eux la richesse et l'esprit d'entreprise qui les caractérise; le commerce et l'industrie se développèrent et le pays prit un essor considérable. Désireux de marquer leur hégémonie, les Anglais entreprirent la construction de nombreux édifices administratifs, dans ce style du "Greek Revival" que l'on prisait alors beaucoup en Angleterre; ils importèrent aussi, pour les édifices religieux, le style du "Gothic Revival". Ces formes durent paraître bien étranges à nos arrières-grands-pères, mais comme on avait répandu sur elles beaucoup de richesses, et que l'on assurait alors que c'était le dernier mot de l'art, ils durent se laisser convaincre et finir par les trouver belles, puisque l'on voit qu'ils les ont imitées. C'est ainsi que s'introduisit chez nous ce pseudo- gothique ridicule où les contreforts épaulent la poussée imaginaire de voûtes en plâtre; ou des arcs-boutants de tôle se dandinent dans l'espace et finissent par buter sur des murs de fer-blanc. C'est ainsi que l'on accola des façades prétenticuses à des nef s anciennes et des lanternes de clocher en tôle sur des souches de pierre. La façon ancienne valait mieux. Il est assez singulier de constater que la meilleure chose que les Anglais aient apportée au pays, et dont l'excellence est partout reconnue, — leur architecture domestique — n'ait jamais rien dit à nos compatriotes, par ailleurs si enclins à les imiter.

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Mais ce n'est ici ni le temps, ni le lieu d'une enquête psychologique et je m'empresse de terminer. Les temps ont changé. Il y a une vingtaine d'années, des hommes courageux et clairvoyants, soutenus par l'Université Laval de Montréal et par le Gouvernement provincial, fondaient à l'Ecole Polytechnique une chaire d'enseignement de l'architecture et en confiaient la direction à des architectes éminents appelés de France. En même temps que l'enseignement de l'art prenait pied dans l'Université, deux Canadiens-Français, MM. Joseph Marchand et Ernest Cormier, étudiaient l'architecture à l'Ecole des Beaux-Arts de Paris. De retour au pays, l'un et l'autre nous ont doté de beaux édifices qui ne pourront qu'aider l'enseignement de l'école, trop jeune encore pour avoir donné sa mesure. Il y a cinq ans, le Gouvernement provincial créait deux écoles des Beaux-Arts, l'une à Québec et l'autre à Mont- L'église du Sault-au-Récollet, près Montréal, dont l'intérieur est un spécimen du genre établi sous le régime français. réal, continuant ainsi l'œuvre magnifique commencée par la création d'écoles techniques en différents endroits de la province. Dès la fondation, l'Ecole d'Architecture fut annexée à celle des Beaux-Arts, dont elle forme une division, comme celle des Arts Décoratifs. Cette fois, l'art faisait son entrée non seulement dans l'enseignement mais aussi dans le peuple, si l'on peut dire, puisque dès la première année, les inscriptions dépassaient de beaucoup les places disponibles. Dirigée par un peintre distingué, aidé de professeurs des écoles de la Ville de Paris, gracieusement prêtés par le Gouvernement français et par des artistes canadiens de réputation, l'Ecole des Beaux-Arts est appelée à faire un bien immense. Elle fera pénétrer dans la masse du peuple la notion oubliée du goût et ce sera le plus beau titre de gloire de nos hommes politiques de nous avoir redonné ces qualités extérieures dont je parlais au début, et sans lesquelles nous ne serions pas tout à fait aussi français. Aristide BEAUGRAND-CHAMPAGNE. La cathédrale de Québec vers 1774.

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Par cette large baie, on aperçoit les jardins du Champ de Mars : de larges rideaux, en satin bleu uni de deux tons, la décorent et donnent une note moderne à ce salon meublé de sièges Louis XVI et Empire. Sur les tables, des collections d'objets anciens en cristal et des lampes en forme de pyramides, faites de lamelles de verre. Chez le Pce et la Pesse J.-L. de Faucigny-Lucinge.