Excerpt
First pages of the volume, freely accessible.
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ART & INDUSTRIE
SOMMAIRE:
L’Art par les Enfants (fasc. I et II)
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Charles Imbert.
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L’Art rustique en France (fasc. XI).
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C. de Danilowicz
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L’Art décoratif flamand (fasc.III)
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E. Hinzelin.
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La Femme et l’Enfant (fasc. I)
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Aug. Chevassus.
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40 pages 45 Illustrations
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5e ANNEE OCTOBRE 1913
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L'ART PAR LES ENFANTS
Art !!! Ce mot, dont le vrai sens n'est compris que de quelques-uns, se trouve maintenant dans la bouche de tout le monde, ce mot consacre les pacotilles les plus douteuses, ce mot anoblit les productions des mortels les plus indignes de la compagnie des filles immortelles des dieux.
Sous l'étiquette de bijou d'art, de pendule, de bronze ou de meuble d'art, sous la dénomination de ciseleur, d'orfèvre, de bottier ou d'architecte d'art, on désigne dans les catalogues ou les annuaires les plus prétentieuses productions, les gaudissarts les plus vulgaires. Cela afin d'obtenir des simples éblouis par l'autorité des vocables, ce surcroît de considération que mérite l'éclat des galons.
Beaux êtres sans le savoir, les enfants, vont-ils, hélas, en connaissance de cause, procréer de l'horrible, comme père et mère.
Aggraveront-ils encore ces petits, la responsabilité familiale, en concurrençant les industriels sus-nommés ?
N'avons-nous pas assez pour troubler le calme de nos foyers, d'inutilités odieuses sans que s'y viennent joindre les objets d'art qu'aux jours solennels Mademoiselle Zizi ou Monsieur Dédé, y érigeront despotiquement, malgré nos conjurations terrorisées et impuissantes.
Certes, ces cris d'alarme seraient justifiés, si l'on avait l'intention de travestir ces innocents, en amateurs d'art, comme il en frelonne tant.
On ne les voit guère, négrillons porte-queues des hautes et puissantes dames, productrices inlassables de chefs-d'œuvre qui ne tenteront jamais hélas, les voleurs officiels de nos musées. On ne les voudrait pas, compagnons de chaîne des adolescents que la fréquentation des fausses fermes, modèle d'enseignement décoratif, autorise à maltraiter cuir, bois ou métal pour usages non prévus et impraticables, dans des formes qu'une originalité péniblement cherchée enlaidit et banalise.
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NOTE. — Nous tenons à remercier chaleureusement ces intelligents éducateurs, Mademoiselle Lambrette, MM. Gaston Quenioux, Vital Lacaze, ainsi que la direction des ateliers Martine de leur obligeance à nous laisser choisir en leurs trésors de documents, pour servir à l'imagerie de notre texte, objets et dessins, tous issus de mains enfantines.
Que M. Olivier Merson, qui nous autorisa entre autres choses, à reproduire la belle nappe qu'il possède, agréé, s'il lui plaît, notre gratitude sincère pour sa bonne grâce.
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L'Art par les Enfants. - Fasc. 1.-1913.
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NAPPERON exécuté par les Élèves de Mlle LAMBRETTE
(École ménagère de la rue Corbon, à Paris)
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BORDURE DE NAPPERON - ÉTUDE
(Cours de Mlle LAMBRETTE)
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Non ! que nos enfants si sages, n'imitent pas la folie de leurs ascendants.
Mais s'est-on demandé si, dans le domaine de l'art, l'enfant ne pouvait apporter le charme qu'il met dans la vie. Quand il revient de ces beaux voyages aux pays de Rêve ou de Réalité, où sa jeune imagination lui fut une plus merveilleuse monture que les hippogriffes légendaires, l'a-t-on prié de nous montrer son riche butin.
Si on ne s'est presque jamais intéressé à ces trouvailles, c'est aussi que, disposées sans ordre dans ses resserres, elles se mêlent à des disparates imprévus.
Nous n'avons pas la patience de faire le triage. Nous sommes choqués de voir perles fines enfilées à bouts de ficelles, et sur le pendentif de la princesse Boudroulboudour, l'escarboucle voisiner avec un tesson ramassé dans la rue. Nous verrions aussi, exemple subversif, la Cateau d'un sol avec le sourire, ce sourire touchant et éternel dont elle poursuit, stoïcienne sans envie, les grands airs à la chère Madame des princesses, les princesses des contes de ma mère l'Oie.
Et puis les enfants ne sont pas volontiers les Cicéroni de leurs Louvres. Où s'ils l'essaient, les fantaisies de ce vocabulaire à eux, si pittoresquement incorrect, font fuir les personnes sérieuses qui n'admettent que le parler suivant les règles.
Certes, ces dignes gens souhaitent que l'enseignement de l'Art, avec un grand A, soit, comme tout ce qui alimente le gavage officiel, inscrit sur le menu des gargottes éducatives. Les jeunes élèves, diront-ils, parferont leur culture esthétique, s'ils savent hâcher convenablement (tout est dans les hachures) le masque de Germanicus, ou estomper pour lui donner un mouvement giratoire, ce vase qu'on appelle Médicis.
Mais, aux trop nombreux qui veulent le faire marcher au pas des grands, ne peut-on conseiller de laisser aller l'enfant avec ses petites jambes, non aux nobles cités d'Art trop solennelles pour lui, mais aux écoles buissonnières, aux simples jardinets ou fleurettes et bestioles lui apprennent si joli langage.
Ne pourrait-on réaliser ainsi par les petits un Art pour les petits et quelque fois pour les grands. Cet Art de l'enfant, il correspondrait à sa conception de la vie, il serait charmant comme ses manières et non une triste et maladroite singerie de celui des adultes.
Cela ne veut pas dire qu'il faut laisser de côté toute sollicitude et que l'éducateur ne doit pas se montrer. Mais il devra intervenir avec délicatesse. Pour aider son élève à lire dans le grand livre de la Nature, ou dans sa riche imaginative, le maître doit être simplement un papa de bonne volonté, qui cherchera avec lui. Il ne sera pas le porte-férule revêche qui fermera le beau livre, parce que les images n'en sont point pédagogiques.
Ces maîtres nouveaux, bons jardiniers, sont ceux qui ne veulent pas que bleuets ou coquelicots, en mal d'arrivisme, se torturent pour sembler fleurs de luxe primées aux concours.