First pages of the volume, freely accessible.
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ART & INDUSTRIE
SOMMAIRE:
Causerie sur la Technique du Bois gravé (II fasc.)
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Paul-Emile Colin.
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Les Tapisseries de MmeF. Maillaud (I fasc.)
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Emile Sedeyn.
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L’Anémone Sylvie (I fasc.)
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Emile Nicolas.
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Les Arts Décoratifs au Théâtre (fasc. XII)
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Eug. Belville.
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40 pages 45 Illustrations
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5e ANNÉE JUILLET 1913
YFouvé 1916
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CAUSERIE
SUR LA TECHNIQUE DU BOIS GRAVÉ
MON excellent ami M. Goutière-Vernolle a bien voulu me demander pour cette intéressante Revue un article sur la Technique du Bois gravé. J'ai l'habitude, il est vrai de manier le pinceau, la pointe et le burin mais la plume est pour moi un outil bien étranger aussi je demande, dès maintenant, toute l'indulgence du lecteur.
Sans faire l'historique de la gravure en bois, il est bon de rappeler que les premières estampes apparurent vers le commencement du xve siècle sous forme d'estampes populaires et de cartes à jouer.
Ces premiers essais qui nous sont parvenus, sont assez grossiers et l'outillage des premiers graveurs dut être d'une grande simplicité.
Je puis le supposer à bon droit puisque j'ai eu le rare bonheur de revivre naïvement autrefois la vie de nos ancêtres les tailleurs d'images.
Les procédés de gravure en bois sont à ma connaissance au nombre de trois.
La Gravure au canif sur bois de fil ou gravure des anciens.
La Gravure au burin sur Bois debout.
La Gravure au canif sur Bois debout dont je crois être l'inventeur, oh ! bien fortuit, comme vous le verrez tout à l'heure.
La Gravure au canif sur Bois de fil, à peu près délaissée de nos jours, sauf par les fabricants de planches pour papiers peints et par quelques artistes, fut la seule en honneur jusqu'à la fin du xviiie siècle.
Elle a produit de remarquables ouvriers dont l'ouvrage étonne quand on connaît les difficultés du métier : Tels les petits portraits du xvie siècle à la Bibliothèque Nationale.
Ce genre de gravure s'exécute sur des planches de poirier très sec et très homogène et dont la direction des fibres se présente perpendiculairement à l'outil, leur direction étant la même que dans une planche ordinaire. C'est ce qu'on appelle le bois de fil. Le cerisier, le merisier et quelques autres arbres peuvent également être employés.
L'outil employé pour cette méthode de gravure s'appelle communément canif mais il est appelé pointe par les gens de métier.
Cette pointe se compose de quatre parties emboîtées les unes dans les autres.
Démontons-là et nous trouverons à la partie interne la pointe proprement dite, lame d'acier fortement trempée, longue d'environ 15 centimètres, large de trois millimètres et demi et épaisse de près d'un millimètre. Cette lame que l'on affute en lui donnant soit la forme d'un profil de sabot de cheval, soit celle d'une ogive lancéolée (cette dernière facilitant les courbes) subit ensuite une légère détrempe destinée à la rendre moins cassante. Pour cela on la passe prudemment à la flamme d'une lampe à alcool jusqu'à ce qu'elle ait acquis la teinte jaune paille.
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Causerie sur la Technique du Bois grave de Paul-Emile Coras. Fasc. I-1913.
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Elle est ensuite introduite dans la pince. Cette pince est un morceau de buis tourné, côniqne, que l'on a scié dans sa longueur jusqu'au tiers inférieur de façon à permettre l'introduction de la lame dans cette fente.
La lame introduite, on enfonce la pince en forçant dans une gaine côniqne en fer qui maintient la lame serrée dans la pince.
Enfin le tout est introduit dans un manchon en buis tourné ou œuf dont le renflement permet la prise facile de l'outil. Ce mode de gravure demande en effet une certaine force, car on tient la pointe comme un crayon et la pression verticale serait à la longue très pénible sans le renflement de l'œuf.
Notre bois ayant été préalablement blanchi, nous y dessinons à la plume par exemple un carré. Pour graver ce carré, il faudra tout d'abord cerner chacun des traits qui le composent des deux côtés, en enfonçant la pointe assez profondément et assez verticalement mais avec toutefois une légère inclinaison de façon à donner plus de largeur au pied de la taille qu'à sa surface. Il faut aussi avoir soin de ne pas laisser de pont aux angles, c'est-à- de fibres non coupées qui feraient éclater les tailles au moment du champlevage.
Ce champlevage qui consiste à enlever toutes les parties restées blanches, s'exécute ici au moyen du bute-avant. C'est un petit ciseau recourbé en forme de baïonnette dont on introduit la partie tranchante entre les fibres du bois pour en faire sauter les copeaux par un mouvement de levier.
Il existe de nombreuses dimensions de bute-avant, il en est d'infiniments petits.
Les grands blancs s'enlèveront à la gouge et la gravure sera terminée prête à être imprimée. Les anciens imprimaient avec de l'encre grasse et encraient au moyen de balles composées de laine et d'une enveloppe de toile ou de cuir. Puis le papier préalablement humidifié était appliqué sur le bois et on imprimait au frotton consistant soit en une brosse aux poils serrés soit en un morceau de bois légèrement convexe.
Ce fut seulement vers le commencement du xixe siècle que se répandit l'usage de la gravure au burin sur bois debout.
Ce fut alors une magnifique période. Une pléiade de dessinateurs et de graveurs se révélèrent dans l'illustration du livre et dans les différentes revues. Mais aussi, quelle simplicité dans le dessin ; quel laisser-aller ! quelle verve ! on y sent partout la liberté de l'artiste. La simplicité de dessin facilitant la tâche du graveur, celui-ci s'efforçait de suivre textuellement le trait du dessinateur, s'appliquait à faire de la belle gravure.
D'où vient donc la décadence où était tombée le bois, il y a déjà longtemps et d'où l'on s'efforce de le tirer. Nous pouvons le dire hautement, elle vient de la malencontreuse application que l'on a faite, en la circonstance, de la photographie, et de ce que les dessinateurs ne savent plus dessiner en vue du bois. A l'origine le dessinateur dessinait sur le bois, et portait son travail au graveur. On causait, il y avait frottement continu, échanges d'idées, le graveur disait les difficultés du métier, expliquait au dessinateur ce qu'il fallait faire pour que son dessin s'adaptât à la matière. Le dessinateur de son côté pouvait donner une indication. Tout le monde se trouvait bien de cet échange d'idées.
Aujourd'hui le dessin est fait sur papier par le dessinateur qui y applique toutes les ressources du dessin, estampe, frottis, rehauts de blancs, puis ce dessin est reporté sur bois par la photographie, mais il est reporté réduit d'un tiers environ.
Or qui dira jamais ce qu'à fait de tort aux arts la réduction mécanique : voyez dans la médaille par exemple.
Un homme fait une chose de 10 centimètres, laissez-là comme il l'a faite, autre-