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ART & INDUSTRIE
SOMMAIRE:
- Le Salon d'Automne (2 fasc. I et II, à suivre) . . . . Louis Vauxcelles.
- La Renaissance du Livre (1 fasc. III - C. -, à suivre). . . Jules Rais.
- L'Art Décoratif en Belgique (1 fasc. IV, suite) . . . E. Hinzelin.
- Les Arts Décoratifs au Théâtre (1 fasc. VIII, suite) . . Eug. Belville.
40 pages 31 Illustrations
5 ANNÉE MARS 1913
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L'Art Décoratif au Salon d'Automne
Je vous épargne les considérations d’usage sur l’Art décoratif. Il est évident, nous le savons tous, que c’est un des problèmes importants d’aujourd’hui. Les rapporteurs du budget des Beaux-Arts qui ont approfondi les questions dont ils ont à connaître, les critiques aux yeux ouverts, les sociologiques et les économistes l’ont vu et dit. On a dénoncé la responsabilité initiale de l’architecte dans la crise dont a souffert cet art social au premier chef. Que l’architecte, au lieu de rééditer ses sempiternelles façades pastichées, édifie des habitations modernes, répondant aux besoins des hommes d’aujourd’hui, et les meubles, étoffes de tenture, ferronneries, etc., des meubliers et ornemanistes modernes s’inscriront logiquement dans ces dites maisons.
Il faut aussi que le public ne ricane plus aux nouveautés, que la bourgeoisie cossue ne s’obstine point à recevoir en des salons Louis XVI à petits carreaux laqués, à dormir en des chambres à coucher Renaissance, et à se repaître dans des salles à manger Henri II, cœur de chêne, têtes de cerf, panoplies de chasse sculptées en plein bois !
Il faut encore que les pouvoirs publics encouragent mieux qu’en paroles et coques de noix les efforts des décorateurs. Rappelons-nous les crédits formidables votés par l’état bavarois pour l’exposition Munichoise de Paris. Il faut qu’on reconstruise l’Ecole des Arts décoratifs.
Et il faut enfin que les décorateurs français perdent leurs routines de trainards anarchistes, se sentent les coudes et ne se tirent plus dans les jambes.
A ce prix, le style d’aujourd’hui se constituera.
Il est d’ailleurs, grâce au talent des Plumet, Sézille, Jallot, Gaillard, Dufrène, Bigaux, Sue, Huillard, Groult, Jaulmes, Follot, Damon, etc., en voie de formation. L’équilibre, après les outrances de feu le modern-style, après les recherches fructueuses de l’Ecole de Nancy, s’établit enfin.
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Il court de nouveaux dangers, néanmoins.
Vous n’ignorez pas qu’il y a deux écoles actuelles de décorateurs, les techniciens et les coloristes ; les premiers, savants, un peu froids, sages ; les seconds, moins « calés », mais plus épris de taches amusantes, plus peintres, en un mot ; les premiers combinant des intérieurs ingénieux (le cabinet de travail du médecin lettré), les seconds risquant le boudoir audacieux de la petite dame qui va aux bals persans de chez Poiret.
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L’Art Décoratif au Salon d’Automne. - Fasc. 1. - 1913.
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Ce second groupe a éclos au « Salon d’Automne »; nous fumes des premiers à nous réjouir de ses audaces, pensant que, s’il communiquerait un peu de sa flamme juvénile aux timorés, il bénéficierait en revanche, à leur contact, des procédés de fabrication soignée que ces derniers pratiquent. La fusion devait être féconde.
Elle le fut pour quelques-uns. Je me hâte de citer avec joie les progrès de cet artisan si intelligent, d’un goût si sûr, qu’est André Groult. Les progrès qu’il a réalisés sont prodigieux.
Mais, par contre, quelques-uns de nos meubliers-coloristes ont reculé les bornes de la hardiesse et du paradoxe possibles.
Et c’est, hélas ! le procès que je dois instruire d’un artiste que j’aime, que j’estime, que j’ai fraternellement suivi depuis ses débuts : André Mare, je vous assure que vous vous êtes trompé.
Méfions-nous : la fausse simplicité, l’affectation de candeur artificieuse, le goût pour les couleurs hurlantes, de plusieurs des collaborateurs de Mare est un retour en arrière, un rejet vers la barbarie.
Salon d'Automne 1912.
SALON BOURGEOIS
ANDRÉ MARE.
Meubles exécutés par M. HAZELER.