First pages of the volume, freely accessible.
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ART & INDUSTRIE
SOMMAIRE:
- La Leçon d'une Exposition. André Girodie.
- Un Céramiste Alsacien. Pierre Roche.
- Six planches en couleurs.
- Poésies de Emile Hinzelin.
- Projet du Monument Th. Deck, par V. Prouvé.
- Hors texte en couleurs.
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32 pages 39 illustrations
4e ANNÉE JANVIER 1912
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GRÈS DE P. & J. MOUGIN
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La Leçon d'une Exposition
Le Grès, la Faïence et la Terre cuite au Musée Galliéra
Une révolution française dans l'art décoratif. — Le mot d'ordre du jour est de dire que la France s'est laissée devancer dans le développement de l'art décoratif.
La vérité c'est que, poussé par l'esprit de justice et de logique de la race, l'art français se détache le premier de traditions surannées, et qu'il poursuit, hors des cadres officiels, une révolution profonde dans les arts décoratifs.
En réalité, tout ce qui se fait à l'étranger, retarde étrangement sur ce qui se passe en France.
Il n'en faut pour preuve, que l'exemple actuel de l'Italie, coupant en deux la production artistique internationale, par ses expositions séparées des Beaux-Arts à Rome et de l'art industriel à Turin. L'Art Décoratif Moderne ne date pourtant que du jour, où la France lui fit une place dans les Salons, affirmant ainsi l'unité de l'art, par l'émancipation de l'artiste oublié qui était l'ouvrier d'art.
Le temps n'est plus pour elle, où l'artiste et l'industriel, cantonnés dans deux domaines distincts, se traitaient en étrangers, et en ennemis. On a compris, depuis longtemps dans ce pays, que la victime de cet antagonisme était la force vive de l'art décoratif, le germe même de son développement, l'ouvrier d'art.
Cet artiste triomphe aujourd'hui, et ce triomphe, n'est pas seulement une réparation, c'est le couronnement plein de promesse d'une crise de l'art en Europe.
L'honneur de la France est de n'avoir pu transiger avec cette justice et cette vérité.
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La Leçon d'une Exposition — Fasc. 1
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GRÉS
ÉMILE DECOEUR
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L'ouvrier d'art dans les salons. — Il y a une vingtaine d'années, l'industriel français était le maître incontesté des industries d'art. La création d'une section d'art décoratif dans les Salons, entraîna l'élite de ses collaborateurs dans les rangs des sociétés d'art. Appelant à eux l'ouvrier d'art, des artistes comme Dalou et Cazin qui le connaissaient bien pourtant, savaient-ils toute la portée de la révolution qu'ils préparaient ?
On y pensa peu au début. On ne vit pas que l'ouvrier d'art, devenu l'égal de son ancien patron l'industriel, allait devenir son concurrent ; et que, dans les sociétés même où il entrait, son succès allait inquiéter bien des intérêts.
Les artistes ne songèrent alors qu'à accueillir avec enthousiasme de grands talents condamnés jusque là à l'obscurité, des inconnus dont ils se sentaient les frères. Peintres, sculpteurs, graveurs, collaborèrent avec eux, et mirent une généreuse émulation à exposer dans la section des arts décoratifs.
Qui ne se souvient de l'enthousiasme qui accueillit cette floraison d'une forme d'art qui semblait disparue ? Pour en trouver l'équivalent, il fallait remonter aux œuvres des musées, aux artisans de Pompéi, de la Renaissance ou de l'Orient. Le niveau de l'art industriel était singulièrement dépassé, et un vif mouvement de curiosité entrainant l'élite des amateurs vers les Salons ; l'industriel d'art en France se trouva subitement distance.