Extrait

Premières pages de l'ouvrage, en accès libre.

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MAURICE HAMEL SALONS DE 1905 GOUPIL & Cie, Éditeurs-Imprimeurs, PARIS MANZI, JOYANT & Cie, ÉDITEURS-IMPRIMEURS, SUCCESEURS

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IL A ÉTÉ TIRÉ DES SALONS DE 1905 PAR MAURICE HAMEL Quatre cents exemplaires sur papier de Hollande numérotés à la presse de 1 à 400 Exemplaire N° $\boxed{216}$

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MAURICE HAMEL --- SALONS DE 1905 PARIS GOUPIL & CIE ÉDITEURS-IMPRIMEURS MANZI, JOYANT & Cie ÉDITEURS-IMPRIMEURS, SUCCESSEURS 1905

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--- LES SALONS DE 1905 SOCIÉTÉ NATIONALE DES BEAUX-ARTS LA PEINTURE La Société nationale des Beaux-Arts devra marquer d’une pierre blanche l’année 1905. Depuis longtemps elle ne nous avait offert un tel ensemble d’œuvres sérieuses ou charmantes où la diversité des tendances laisse un plus libre jeu aux talents individuels. Un Salon qui contient des choses d’éternelle beauté comme les créations de Rodin et de Carrière, une toile décorative où s’exalte l’imagination puissante et agile de Besnard, des poèmes délicieux de candeur comme ceux de Maurice Denis, la brillante peinture de mœurs de L. Simon, l’Espagne pittoresque et âpre de Corte, et, sans sortir de France, les toiles délicates de Ch. Guérin et de Milcendeau, de Maurice Lobre et de Madame Lisbeth-Delvolvé, de R. Besnard et de

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LES SALONS DE 1905 B. Boutet de Monvel, un tel Salon ne trahit pas une diminution de vitalité. Il affirme, au contraire, que la sève circule activement dans les branches ; il annonce le renouveau, non la décrépitude. S'il me fallait définir d'un mot le sens de l'évolution actuelle, je dirais que la raison tend à reprendre ses droits. Les peintres-littérateurs, dramaturges et arrangeurs d'anecdotes, avaient tellement abusé de l'esprit, que l'on en vint un jour, par réaction, à le proscrire de l'art. Peindre comme une brute, être une force de la nature, devint un programme et un mot d'ordre. On ne parla plus que de tempérament, de pâte et de patte. La sensation pure prit sa revanche sur le sentiment et sur l'idée, et le peintre, du haut de sa technique, fut plein de mépris pour l'écrivain qui pataugeait dans les termes spéciaux. Il fut décidé que les Lettres expliquaient les Arts sans les comprendre. On oubliait simplement que l'œuvre plastique est, au même titre qu'un poème et qu'une symphonie, l'expression d'une intelligence émue et consciente : à ne considérer que les procédés particuliers à chaque art, on perdit de vue l'unité foncière de l'art. Ce mouvement réaliste ne fut pas inutile, sans doute, pour déblayer le terrain. Il sera toujours bon de rappeler que les plus fines intentions, les conceptions les plus belles restent à l'état de lettre morte, si elles ne parviennent pas à se créer leur expression plastique. Ce qu'on appelle instinct, don, génie, sensibilité visuelle, intuition du caractère des formes, reste à la base de tout, fondement indispensable d'une création viable. Mais qu'un artiste ne puisse, par les moyens qui lui sont propres, manifester la profondeur et la finesse de son esprit, c'est contre quoi protestent les maîtres du passé, Giotto et Vinci, Raphaël et Michel-Ange, Dürer et Rembrandt. Ne confondons pas les moyens avec la fin, rendons à l'idée ce qui appartient à l'idée, affirmons que la dignité de l'art, comme celle de l'homme, consiste d'abord à bien penser. L'art est une pensée ordonnée qui se sert d'éléments empruntés à la nature pour exprimer l'émotion ressentie et l'idée conçue par un homme. Au fond de toute belle œuvre vous trouverez un jugement ferme et fin, un principe rationnel, solide