Extrait

Premières pages de l'ouvrage, en accès libre.

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ÉDITION SUR HOLLANDE --- SALON de 1897 --- GOUPIL & Cie, ÉDITEURS --- JEAN BOUSSOD, MANZI, JOYANT & Cio, SUCCESSEURS PARIS, 24, BOULEVARD DES CAPUCINES --- GBOVIANGER INVo LESCHARPEUTIE S-IP- ---

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GASTON SCHEFER LE SALON DE 1897 Cent Planches en Photogravure et à l'Eau-Forte ET UN FAC-SIMILE EN COULEURS PAR GOUPIL & CIE PARIS GOUPIL & CIE ÉDITEURS-IMPRIMEURS JEAN BOUSSOD, MANZI, JOYANT & Cie ÉDITEURS-IMPRIMEURS, SUCCESSEURS 1897

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LE SALON LA PEINTURE Nous entrons, pour la dernière fois, dans ce Palais de l'Industrie qui est déjà presque une ruine et sous lequel on creuse, dès aujourd'hui, les fondations du monument qui doit le remplacer. C'est là que, depuis quarante-deux ans, se sont tenues les assises de l'art contemporain et qu'ont paru, dans leur fraîcheur première, les œuvres des artistes actuels dont l'avenir réservera les noms, s'il en réserve. Aussi devons-nous un salut d'adieu à ce Palais, d'aspect lourd et honnête, mais où se sont donné rendez-vous tant de belles œuvres; nous lui devons même beaucoup de reconnaissance et de regrets pour les heures raffinées qu'il nous a été permis d'y vivre, dans de longues promenades à

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SALON DE 1897 travers les Expositions d'art moderne ou rétrospectif qui s'y sont établies tour à tour. On sourit encore de la phrase romantique que « les murs ont des yeux et des oreilles ». Le mot, dans un autre sens, n'est peut-être pas aussi ridicule qu'il en a l'air. Imagination ou réalité, il reste toujours quelque chose aux murs de tous les spectacles qu'ils ont vus. En traversant, pour la dernière fois, les galeries diminuées du Salon de cette année, on ne peut se défendre de penser à tous ceux qui l'ont précédé. Nous ne les rappellerons pas, même d'un mot : ce serait refaire l'histoire de la peinture moderne. Il n'est pas sans intérêt, cependant, de feuilleter le catalogue de l'Exposition des Beaux-Arts de 1855, date de naissance du Palais qui va disparaître. Une comparaison entre 1855 et 1897 ne serait pas équitable ; il serait trop aisé d'écraser le présent en s'armant du passé, par la raison péremptoire que, des œuvres du passé, les meilleures seules ont subsisté et que les médiocres se sont anéantis d'elles-mêmes, tandis que le présent nous offre toute sa production, pèle-mêle, avec ses champs d'ivraie où germent de loin en loin quelques épis de bon blé. Et puis, ce serait un triomphe vraiment trop facile que de mettre en regard du livret de 1855, qui représentait le choix de trente années d'art, le livret de 1897, qui n'est le résumé que d'une année de labeur. Cependant la lecture du catalogue de 1855, qui par instants semble être celui du Louvre, suggère à l'esprit quelques remarques assez inattendues. Il s'en dégage, entre autres enseignements, une leçon dont bien des artistes contemporains pourraient faire un utile profit : nous voulons parler de l'éducation artistique de ces grands peintres de l'École romantique, de ces admirables paysagistes qui, dans leur temps, furent des novateurs et nous dirent sur la nature des choses que nous n'avions pas encore entendues. On sait bien d'où vient l'art de Ingres et celui de Delacroix. Les portraits de Ingres, dignes parfois d'être égalés aux plus belles œuvres de la Renaissance, ont des ancêtres qui nous sont connus. Quelle

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E. HERBERT Copyrighted by Jean Bouchard, Maine Square &c. LA VIERGE AU CHASSEUR SALON DE 1897

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BOUGUEREAU COMPASSION ! SALON DE 1897.

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LA PEINTURE qu'en soit la perfection, le point de vue du peintre n'est pas absolument nouveau. Mais où sont les aïeux directs de Corot, Rousseau, Millet, pour ne citer que les plus fameux? Où les rencontrer, parmi les vingt-cinq mille tableaux qui remplissent les musées de l'Europe et qui représentent quatre cents ans de peinture? Cependant, qu'on le veuille ou non, on est toujours le fils de quelqu'un. Eux aussi, ils ont eu des maîtres, ils ont fréquenté des ateliers, ils y ont écouté un enseignement, ils y ont accompli leurs humanités artistiques. Le livret de 1855 nous fournit à cette question une réponse catégorique, la même qu'a sans cesse donnée une expérience séculaire, mais qui ne laissera peut-être pas que d'étonner beaucoup de peintres contemporains qui ne se croient élèves que d'eux-mêmes. Théod. Rousseau, qui exposait alors treize tableaux, dont le Marais dans les Landes et la Lisière de Forêt, ne donne pas le nom de son maître. Néanmoins on le connaît de reste : c'est Lethière, le peintre classique des tragédies romaines, qui n'a pour horizon que le Forum et pour personnages que de farouches Quirites. Corot se dit élève de Victor Bertin, représentant convaincu et professeur de paysage historique. Courbet est élève de Hesse, peintre académique d'histoire ; et le même Courbet, qui passera, dix ans plus tard, comme un méconnu, comme un refusé de tous les jurys, expose, en 1855, onze toiles, dont le Casseur de pierres et les vues de la Vallée de la Loue. Millet, qui trouva le style et la noblesse du paysan, sort de l'atelier de Paul Delaroche, ainsi que Daubigny, et Paul Huet est élève de Guérin et Gros. Decamps indique comme son maître, Abel de Pujol. Rosa Bonheur reçoit les leçons de Léon Cogniet et Théodore Chassériau, qui peignait comme Delacroix, est élève de Ingres. Quelle conclusion tirer de cette courte statistique ? Aucune autre, sinon que ces véritables créateurs, ces trouveurs de sources nouvelles de beauté et d'émotion, ont tous reçu l'éducation classique, éducation qui semble si inutile aux élèves qui la subissent et que