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NOUVELLES RENÉ CHAVANCE FAÇADES ET INTÉRIEURS EDITIONS ALBERT LEVY LIBRAIRIE CENTRALE DES BEAUX ARTS 2 - RUE DE L'ECHELLE - PARIS --- BOUTIQUES
Premières pages de l'ouvrage, en accès libre.
NOUVELLES RENÉ CHAVANCE FAÇADES ET INTÉRIEURS EDITIONS ALBERT LEVY LIBRAIRIE CENTRALE DES BEAUX ARTS 2 - RUE DE L'ECHELLE - PARIS --- BOUTIQUES
NOUVELLES BOUTIQUES FAÇADES ET INTÉRIEURS 48 PLANCHES AVEC UNE INTRODUCTION PAR RENÉ CHAVANCE --- PARIS 2, RUE DE L'ÉCHELLE ÉDITIONS ALBERT LÉVY
En tête du dernier ouvrage paru aux mêmes Éditions sur les Devantures de boutiques, M. L. - P. Sézille constatait déjà l’émulation salutaire qui, presque chaque jour, faisait naître dans Paris, un magasin renouvelé avec sa façade moderne. Il semble bien que, depuis, ce rythme se soit encore accéléré. Partout, de leurs gangues de palissades on voit surgir des devantures neuves dont l’aspect ne se rattache ni de près ni de loin aux styles périmés; partout, non seulement dans les grandes artères commerciales du centre, mais jusque dans les quartiers de la périphérie. Nous ne serons pas les derniers à nous en réjouir. Toutefois il faut reconnaître que cette abondante floraison n’est pas toujours favorable à l’art de notre temps. Au lieu de plaider en sa faveur, plus d’une de ces boutiques seraient capables d’en détourner à jamais les bonnes volontés hésitantes. C’est un danger qu’on ne saurait trop signaler. Il justifie la sélection que nous avons tenté de faire. Le moins regrettable, dans ces œuvres de deuxième ou de troisième zone, n’est point l’espèce de formule qui les apparente toutes et finit par créer des répétitions lassantes. Certes, l’art publicitaire est particulièrement soumis aux caprices de la mode et, plus que les autres, en bonne logique, l’aménagement d’un magasin, tenu de suivre les variables physionomies des
objets qu'il renferme. On peut même, de cette vérité bien entendue, conclure à l'obligation de métamorphoses fréquentes, pour le plus grand profit des architectes et décorateurs. Mais il n'en résulte pas que, momentanément, toutes les boutiques doivent se ressembler. Si des courants, insaisissables parfois et dont la source se distingue mal, déterminent en même temps certaines recherches de lignes, certains accords de couleurs, l'emploi de certains matériaux, l'invention de l'artiste ne perd jamais ses droits. Rien ne l'empêche de se manifester à travers les directions pareilles qui expriment subtilement l'esprit d'une époque. Et la copie, voire la simple imitation ne sont pas moins haïssables quand elles s'appliquent à des modèles nouveaux que lorsqu'elles sévissent sur des formes désuètes. Là-dessus, pourtant, on passerait encore condamnation. N'exigeons pas de tous les bâtisseurs qu'ils aient de l'originalité. Le malheur est qu'ils imitent en général très gauchement. Sous prétexte de "faire moderne", ils donnent à leurs devantures un caractère lourd et agressif, des tonalités brutales qui n'ont avec les tendances actuelles que des rapports illusoires. Qu'ils ne se recommandent pas non plus de principes rationnels! La vie hâtive d'aujourd'hui impose, il est vrai, au commerçant des procédés énergiques. Pour attirer les regards, les capter d'un seul coup, la façade d'un magasin doit prendre des allures impérieuses. Il faut qu'elle se montre sans discrétion et au besoin qu'elle étonne. Est-ce une raison néanmoins pour qu'elle échappe aux lois de l'harmonie et fasse bon marché des justes proportions? S'il n'y avait, dans ces réalisations tapageuses et bancales, qu'une preuve de plus du mauvais goût dont hélas! on rencontre ailleurs bien d'autres témoignages, on n'aurait qu'à s'incliner devant un mal inévitable. Mais on peut y voir précisément aussi, de la part des architectes et décorateurs, une interprétation fallacieuse des nécessités publicitaires pour justifier
leurs négligences. Et l’on peut craindre, d’autre part, que le public, trompé par les apparences, n’attribue trop aisément aux conditions mêmes de cet art des défauts qui ne lui sont en aucune manière imputables. La meilleure réfutation de ces erreurs se trouve dans les planches qui suivent. Le choix que nous avons fait parmi les réussites les plus récentes démontre suffisamment, semble-t-il, que pour arrêter les regards, il n’est pas indispensable qu’une boutique les heurte désagréablement. Il permet en outre d’apprécier l’ingéniosité des variantes que de bons artistes ont su broder sur un thème soumis à des orientations pareilles. Aux magasins proprement dits, nous avons cru devoir ajouter quelques façades et intérieurs d’établissements dont la destination est assez différente — bars, cinémas, théâtres — mais qui, s’adressant non moins directement au public, répondent aux mêmes obligations. Ce préambule pourrait s’arrêter là. Tout commentaire détaillé de ces ouvrages serait superflu et les reproductions que nous en donnons édifieront bien davantage sur leur compte. Sans vouloir les analyser séparément, il est permis cependant de dégager de l’ensemble quelques indications générales. Des formes actuelles, où se manifeste le plus heureusement cet art, nous ferons pour ainsi dire le point en les envisageant tour-à-tour sous l’angle publicitaire et sous l’angle architectural. A l’opposé de ce que veut la saine logique dans toute autre construction, la façade d’un magasin n’est pas commandée par la disposition intérieure. Du moins elle ne lui obéit que très librement. Indépendante, elle compte la première. Aussi commencerons nous par elle. Il est encore plus évident qu’aucun lien ne la rattache à l’immeuble dont elle fait partie. En admettant qu’une recherche d’harmonie soit possible avec une maison moderne, elle paraît inutile. La devanture est en somme une manière d’affiche qui se plaque sur un mur sans rapport nécessaire avec ce qui l’entoure.
De l'affiche elle a, d'ailleurs, les caractères essentiels : elle fait tache, se remarque de loin et se lit aisément. Doit-elle, par surcroît, révéler aux yeux du passant, rien que par son aspect, la nature des articles qu'elle recommande? On l'a cru d'abord; mais il semble bien qu'on ait renoncé à ce raffinement. Sans doute y a-t-il toujours quelques bienséances et quelques données rationnelles à observer. La façade d'une librairie se distinguera forcément de celle d'un magasin de mode et la devanture d'un coiffeur aura des traits différents de celle d'un marchand de café. Pourtant les dissemblances, comme les analogies, se font de plus en plus subtiles et l'on citerait telle excellente boutique dont les signes extérieurs n'ont aucune prétention évocatrice. A la destination se conformerait plutôt le dessin et l'importance des vitrines, tantôt vastes et occupant toute la surface dans une monture réduite au minimum, quand il s'agit d'offrir aux regards de grands objets, parfois disparates et qui se prêtent à un savant étalage; tantôt étroites, serrées entre des panneaux pleins, découvrant des sortes de niches quand les produits sont précieux et gagnent à être présentés en petit nombre ou isolément. De même, certains négoces justifient comme une transition entre le dedans et le dehors, s'ils ne se pratiquent à demi dans la rue. De là des auvents, des entrées qui se creusent dans la façade et occupent au besoin toute la largeur de la boutique. Ne nions pas que les artistes fassent état de ces considérations commerciales mais avouons qu'ils prennent surtout conseil de leur fantaisie. De leur fantaisie et un peu de la mode, comme nous le disions tout à l'heure. C'est celle-ci qui détermine, pour une bonne part, l'emploi des matériaux. Or si les bois et les stucs ne sont pas délaissés, on remarquera que le métal domine. Il fait aux vitrines des cadres brillants, trace des lettres colossales, lorsqu'il ne s'étale pas en amples surfaces argentées. Quant à l'architecture elle-même, dans la diversité des partis, elle tend à se ramener
à deux types principaux : un type horizontal, pourrait-on dire, dont les lignes produisent une impression d'abaissement et un type, au contraire, franchement vertical qui se développe en hauteur. Tout cela très sobre d'ailleurs, très net, empruntant sa qualité à un robuste équilibre, avec des tons clairs et des motifs décoratifs très simples — quelque figure géométrique ou le seul titre de la firme. Si l'intérieur ne tient pas l'extérieur sous sa dépendance il ne saurait toutefois être en désaccord avec lui. Il s'y rattache par certains rappels de couleurs et de lignes. Ici cependant le problème est autre : il ne s'agit plus d'attirer le client, mais de le retenir et de le convaincre. Donc un double facteur s'impose : un aménagement séduisant, confortable et, plus encore, une ingénieuse présentation des articles. Cette fois, bien entendu, la nature de ces articles entre forcément en ligne de compte et il s'ensuit une extrême variété de dispositifs qui ne permettent aucune généralisation. Tout au plus peut-on noter quelques préférences architecturales, lesquelles du reste se rapportent aux normes actuellement admises. On les connaît. Des plans unis, revêtus de peinture mate, blanc-ivoire, mastic, jaune ou rose pâles, se coupent, se rejoignent, se combinent pour former des volumes au rythme sévère où jouent la lumière et les ombres. Là-dessus, les objets exposés s'enlèvent en valeur. Et, selon les cas, une rampe de ferronnerie, des glaces nues, un vitrail, quelques boiseries, la note vive ou chaude d'une étoffe, d'un tapis, des meubles en bois précieux ou en étincelant acier, un soupçon de décor, parfois, achèvent de créer l'atmosphère, plaisante ou sérieuse. Mais l'élément le plus efficace, le plus précieux et le plus souple, le plus moderne aussi de la présentation, c'est l'éclairage. Déjà il remplit son rôle à la devanture où les rampes, les frises, les projecteurs baignent les vitrines dans une éblouissante clarté. A l'intérieur il multiplie ses effets,
jaillissant des corniches, tombant des coupoles, reflété par les plafonds, laissant à l'occasion une partie du magasin dans une demi obscurité, pour intensifier sa puissance sur certains points où doit se concentrer l'attention. Sa féerie complète la suggestion des couleurs et des lignes pour donner tout son caractère à la boutique d'aujourd'hui, œuvre d'art certes et dont la forme, suscitée par la prodigieuse activité contemporaine, est une de celles qui expriment le mieux la vie de notre temps. RENÉ CHAVANCE.
TABLE DES PLANCHES Planches --- Parfums, faubourg Saint-Honoré, à Paris. --- Ch. Siclis --- — — --- — --- Coiffeur, rue Thérèse --- Maurice Barret --- Coiffeur, boulevard de Courcelles --- Emile Bailly --- — rue Thérèse --- Maurice Barret --- — boulevard de Courcelles --- Emile Bailly --- — rue Bayen --- Devantures Siégel, Paris --- — boulevard Malesherbes --- de Veyrac Paulhan --- — — --- — --- — — --- — --- Parfumerie, avenue de l’Opéra --- J. Ruhmann --- — — --- — --- Parfums, rue de la Pépinière --- Francis Paul et Poulet --- Joaillier, boulevard Haussmann --- Poitevin --- Bijouterie, rue de la Paix --- Jacques Debat-Ponsan --- Parfumerie — --- — --- Joaillier, rue Royale --- Rene Crevel --- Bottier, faubourg Saint-Honoré --- Raymond Nicolas --- Magasin d’automobiles, Champs-Élysées --- R. Mallet-Stevens --- Meubles et décoration, faubourg Saint-Honoré --- Maurice Dufrene --- Orthopédie, boulevard Haussmann --- Devantures Siégel, Paris --- Meubles — --- E. P. O. M. --- Magasin, rue Saint-Honoré --- Richard Mercier --- — --- S. A. D. A. M. --- Magasin, rue de la Pépinière --- M. Béziers --- Confiserie, rue de la Pépinière --- François Kende --- Électricité, rue La Fayette --- E. Hinnen --- Machines parlantes, faubourg Saint-Honoré --- de Veyrac Paulhan --- Magasin d’électricité, boulevard Malesherbes --- Germain Debré --- — — --- — --- Musique, boulevard Raspail --- A. Drouet et J. Disse --- Bonneterie, Portiques des Champs-Élysées --- Raymond Nicolas --- Intérieur d’une bonneterie, rue de la Paix --- P. Patout --- Bonneterie, rue de Castiglione --- Eric Bagge --- Salle d’exposition d’une maison de couture, rue Vignon --- André Lurçat --- — — --- — --- Maison de modes, boulevard Haussmann --- Rene Herbst --- Chemisier, rue Pasquier --- P. Patout --- Restaurant, boulevard de Clichy --- Maurice Jalot ---

Cet ouvrage présente une sélection de réussites récentes en matière de façades et d'intérieurs de boutiques, bars, cinémas et théâtres. Il analyse les tendances architecturales et publicitaires de l'époque, mettant en avant l'importance de l'originalité et de l'harmonie dans la conception des devantures. L'auteur souligne l'évolution des styles et l'usage prédominant du métal dans la construction.