Extrait

Premières pages de l'ouvrage, en accès libre.

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FIGARO ARTISTIQUE ILLUSTRÉ R. POUGHEON 1930 LE N° MENSUEL : 5 FRANCS LA CHASSE SEPTEMBRE 1930

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FIGARO COUDURIER FRUCTUS DESCHER LYON • PARIS NEW-YORK VELOURS ARTABAN Cheng

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ARTISTIQUE ILLUSTRÉ CAFETIÈRE EN ARGENT DE JEAN PUIFORCAT Lecram-Vigneau

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FIGARO TÉTARDI FRÈRES 4, RUE BERANGER PARIS Photo Le Charles

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7e ANNÉE REVUE MENSUELLE FIGARO ARTISTIQUE ILLUSTRÉ SEPTEMBRE 1930 PRIX DU NUMÉRO 5 FR. --- SOMMAIRE LA CHASSE BARON K. REILLE : La Chasse et les Arts .. .. .. .. page 5 COMTE H. LE COUTEULX DE CAUMONT : Nos Rois vendeurs (Valois et Bourbons) .. .. .. .. .. .. .. .. .. page 9 COMTE H. D’ANDIGNÉ, Président de la Société de Vénérrie : La Vénérrie française .. .. .. .. .. .. .. .. .. page 15 P. MAC ORLAN : Essai sur la Chasse, les Hommes et les Bêtes.. page 20 MAXIME DUCROCQ : Grands fusils, grandes Chasses .. .. .. page 25 COMTESSE DE BRANTES : Diane et Vénus.. .. .. .. .. .. page 29 MAXIMILIEN VOX : Philosophie de la Tenue de Chasse.. .. .. page 33 S. BRUNO RUBY : Les Chasseurs... et ce qu’elles en pensent.. .. page 37 VICOMTE D’AULT : Les Rendez-vous de Chasse .. .. .. .. page 41 Docteur Ed. DE POMIANE, de l’Académie des Gastronomes : Du bout du fusil au fond de la casserole. .. .. .. .. page 48 MAURICE RAT : La Bibliothèque du Chasseur.. .. .. .. .. page 50 ANDRÉ CŒUROY : Fanfares de Chasse en disques.. .. .. .. page 52 Calendrier des Ventes et des Expositions d’Art .. .. .. pages 53 à 55 Illustrations inédites de : SYLVAIN SAUVAGE, COMTE J. DE MONTBEL, G. TCHERKESSOF, PIERRE FALKÉ, LIBIS, MAXIMILIEN VOX, RÉMUSAT, VICOMTE D’AULT ET JOSEPH HÉMARD. • (Abonnements un an) : France et Colonies. { 50 francs. } Europe.. { Pays à tarif postal élevé : 100 francs. / Pays à tarif postal réduit : 75 francs. États-Unis : 6 $. • Rédaction, Administration et Publicité : Hôtel de Figaro, 14, Rond-Point des Champs-Élysées Téléphone : Élysées 98-31 à 98-38

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FIGARO COLLECTION LE GOUPY. 28. AVENUE DES CHAMPS-ÉLYSÉES, PARIS

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FIGARO ARTISTIQUE ILLUSTRÉ 7e Année Septembre 1930 --- F. DESPORTES. — ÉTUDE DE CHIEN. --- LA CHASSE ET LES ARTS A représentation des scènes de chasse remonte à la plus haute antiquité. Peintures égyptiennes, bas-reliefs assyriens, grecs et romains, poteries et bronzes étrusques, mosaïques gallo-romaines, nous donnent une idée parfaitement nette des procédés cynégétiques employés en ces temps reculés. Plus tard les miniatures du Moyen-Age illustrèrent de beaux manuscrits et des tapisseries ornèrent les demeures seigneuriales dont les habitants retrouvaient dans ces panneaux leur passe-temps favori. Les Médicis furent de brillants chasseurs et Jean Goujon s'inspira en grande partie de motifs de chasse pour son admirable décoration d'Aenet. Si les grands animaliers hollandais et flamands ne dédaignèrent pas quelques hallalis de loups ou de sangliers, si Velasquez peignit quelques chasses de Philippe IV, les peintres de la Vénérrie ne peuvent guère se réclamer dans l'Ecole française que du XVIIe siècle.

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FIGARO Desportes, historiographe des prouesses cynégétiques de Louis XIV, fut un interprète merveilleux des luttes épiques entre chiens et bêtes sauvages. Au début de sa carrière, il avait peint des portraits, mais il s'était bien vite senti attiré vers les animaux en chevauchant à travers bois derrière ses chiens. Le Roi, exaltant ses deux penchants favoris, peindre et chasser, le fit loger au Louvre et pensionner sur sa cassette particulière : il suivait à cheval tous les laisser-courre des équipages royaux et en reproduisait avec un rare bonheur les péripéties les plus marquantes et les épisodes les plus fameux. Ardent à la poursuite, il crayonnait au bon moment les rencontres tragiques des chiens avec cerfs, loups ou sangliers. Malgré sa connaissance approfondie des animaux, il continuait à étudier leur anatomie et leurs attitudes dans les chenils et écuries du palais et il nous a laissé des études de chiens tout à fait remarquables. Desportes vieilli fut remplacé par J.-B. Oudry, le jeune directeur de J. B. OUDRY. — CURÉE EN FORÊT DE COMPIÈGNE. TAPISSERIE DES GOBELINS DE LA SÉRIE "LES CHASSES ROYALES DE LOUIS XV". J. B. OUDRY. — HALLALI DE CERF SUR L'OISE. — TAPISSERIE DES GOBELINS DE LA SÉRIE "LES CHASSES ROYALES DE LOUIS XV".

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ARTISTIQUE ILLUSTRÉ la manufacture de tapisseries de Beauvais, qui fut nommé à son tour peintre de la vénerie du Roi. Peut-être moins animalier que Desportes, Oudry s'attacha davantage à la composition et se plaisait à reproduire des scènes d'ensembles à multiples personnages. Il est l'auteur des admirables cartons d'après lesquels a été exécutée, par les Gobelins, la série des tapisseries des chasses royales de Louis XV. La richesse des coloris, la composition si variée du dessin, l'ordonnance de tous les détails et l'exactitude historique des sujets en font une collection d'une rare beauté : on y voit le Roi accompagné de ses courtisans, officiers et piqueurs, tantôt se faisant mettre ses bottes pour monter à cheval au Puys du Roy, tantôt assistant à un bat-l'eau à Saint-Jean-au-Bois, tantôt courant le cerf à la vue de Roya-lieu. Oudry, comme Desportes, eut une grande réputation à l'étranger. Il termina ses jours comme directeur des Gobelins, non sans avoir laissé un nombre considérable de dessins, tableaux et sujets décoratifs d'un indiscutable talent et d'une grande valeur. CARLE VERNET. — CURÉE DE DAIM PAR L'ÉQUIPAGE DU DUC DE BERRY, À LA TÊTE NOIRE DE ST-CLOUD. VERS 1818. J.P. OUDRY. — HALLALI DE LOUP A FRANCHARD. Le xixe siècle vit toute une éclosion d'artistes cynégétiques. A tout seigneur, tout honneur. Fils et père de peintre, Carle Vernet triomphe dans un genre moins sérieux que les marines de Joseph ou les sujets héroïques d'Horace. Cavalier élégant, il faisait partie de cette jeunesse dorée, frivole et spirituelle qui traversa, l'ironie aux lèvres, une des périodes les plus troublées de notre histoire. Il aimait les chevaux, les fêtes, les chasses ; outre quelques très bonnes toiles d'une belle tenue, comme les chasses du duc de Berry, il nous a laissé une quantité de dessins, sépias, gravures et lithographies qui constituent une histoire anecdotique et documentaire tout à fait complète de la chasse en France sous l'Empire et la Restauration. Son fils Horace a peint quelques chasses en Algérie ; de lui aussi un charmant rendez-vous de l'équipage Schickler en Rambouillet. Alfred de Dreux, dans des paysages romantiques, fait galoper de sveltes amazones et d'élégants cavaliers. Les robes chatoyantes des chevaux, les frondaisons rouillées de l'automne, les taches rouges des tenues forment un en-

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FIGARO semble d'une rare distinction et d'un coloris chaud et enveloppé. Eugène Lami, le plus prestigieux des aquarellistes, a traité à peu près tous les sujets possibles et, dans le nombre, quelques charmantes scènes de chasse dont le mouvement, la composition et la fraîcheur de tons font de petits chefs-d'œuvre. Si la technique de peintre de Courbet est, dit-on, indiscutable, on peut critiquer son talent d'animalier. Ses animaux, assez justes comme anatomie, sont absolument fantaisistes dans leurs attitudes ; témoin, par exemple, le Cerf sur ses fins, exposé l'année dernière au Petit Palais, qui est identique à un des dix cors du Combat de cerfs du Louvre ; les circonstances ne sont cependant pas tout à fait les mêmes, mais Courbet n'y regardait pas de si près. Decamps a souvent agrémenté ses paysages de petits chasseurs guétrés et le fusil sur l'épaule, un ou deux briquets à leurs trousses. De lui, comme de Troyon, nous restent quelques bonnes études de bassets et de griffons. J.-L. Brown a été surtout un peintre de chevaux, continuant avec R. Princeteau, la tradition de C. Vernet et d'A. de Dreux. O. de Penne a laissé un grand nombre de toiles et d'aquarelles sur la chasse à courre et la chasse à tir : les chiens y sont traités de main de maître, admirablement étudiés et très justes de mouvements et d'attitudes. Depuis Desportes, personne n'a dessiné et peint le chien comme O. de Penne. Enfin, dans la seconde moitié du dernier siècle, citons parmi les peintres et sculpteurs de chasse qui ont produit des œuvres intéressantes, Lepaulle, Ladurner, Montpezat, Jadin et son fils, le Marquis de Balleroy, le sculpteur Mène, Parquet, Hermann Léon, J.-B. Gelibert et le baron Finot, dont les gouaches si personnelles ont l'air d'avoir été lavées sur le pommeau de la selle. Il est assez intéressant de constater que c'est en France que la chasse a inspiré le plus grand nombre d'artistes et que sont nées les plus belles œuvres d'art sur les sujets cynégétiques. Aussi, à l'exposition internationale de la chasse qui a lieu en ce moment à Leipzig, le pavillon français, qui d'ailleurs est un des plus beaux, est presque exclusivement consacré aux œuvres d'art. La première grande Médaille d'or et le premier Diplôme d'Honneur, les deux plus hautes récompenses que l'on puisse obtenir ont été décernées au stade français et en sont venus couronner le succès. Là, du moins, pour une fois, la France a fait figure de vainqueur. B° K. REILLE.

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ARTISTIQUE ILLUSTRÉ NOS ROIS VENEURS VALOIS ET BOURBONS I la chasse eut déjà des règles à Rome, comme nous les citent Gratius, Faliscus et Nemesianus, si, plus tard, elle eut des adeptes fervents, ainsi que nous les nomme Sidoine Appolinaire, si enfin chez les Francs et sous nos premiers rois, elle devint peu à peu un art, on peut cependant affirmer que l'existence et la renommée de la Vénérrie, proprement dite, sont véritablement dues aux deux maisons de Valois et de Bourbon. Que les auteurs du Roman du Renard, de La chasse du cerf, du Livre du Roi Modus et de la Reine Ratio, du Roman des déduits, des Déduits de la chasse aux bêtes sauvages, du Trésor de la Vénérrie, du Livre de la chasse aient posé les premiers principes d'une science déjà en honneur, c'est néanmoins aux Princes de ces deux maisons que revient l'établissement définitif, en France, des préceptes de la chasse à courre, à cor et à cri. Si Louis XII aimait la chasse, si, de son règne, nous est parvenu l'ouvrage de Pierre Gringore, La Chasse du cerf des Cerfs, nous voyons toutefois, et à juste titre, François Ier appelé "le père de la Vénérrie", de cette vénérerie dont il transforma l'étude en une véritable science. Son compagnon Louis de Brézé, le Grand Sénéchal de Normandie, l'heureux propriétaire de "Souillard le blanc et beau chien courant", perfectionna son maître dans son art, en ce séjour enchanteur d'Anet. Sous Henri II, les beaux jours des grandes assemblées, des brillants laisser courre, continuèrent comme par le passé. Diane de Poitiers, cette femme sans rivale, que François Ier avait jadis jugée, en l'apercevant : Belle à voyr Oneste à la hanter. sut, en transformant Anet en un rendez-vous de chasse, éterniser les charmes de sa beauté et son empire sur son royal amant. Plaisir de roi ! La chasse l'était bien à cette époque,