Extrait

Premières pages de l'ouvrage, en accès libre.

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le décor D'AUJOURD'HUI REVUE PRATIQUE DE DÉCORATION 19e ANNÉE N° 75 PRIX : 350 F.

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le décor D'AUJOURD'HUI REVUE PRATIQUE DE DÉCORATION SOMMAIRE No 75 1952 - Art et Industrie, éditorial par Michel Dufet..................37 - Le grandiose et l'apparat sont aussi vertus modernes (Intérieur de Marc du Plantier).................................38 - Richesses perdues (monuments abandonnés)...................43 - S. S. Ferdinand de Lesseps, Jacques Adnet, maître d'œuvre........46 - Colette Guéden marque de son talent Primavera...............51 - Naissance d'un enseignement valable pour les Beaux-Arts......52 - Un jeune organise heureusement le foyer (idées et dessins de Pierre Paulin)............................................54 - Utilisez vos meubles de famille, par Madeleine Fuchs..........56 - A l'intention des jeunes ménages, idées, matières et formes neuves (Geneviève Pons à la Maîtrise).....................58 - Charles X parmi les lilas (ensemble de Bouhévent..............62 - Meubles de rangement (idées et dessins d'André Simard).......63 - Ici les murs et les meubles sont blonds (La Gentilhommière)....66 - Des ateliers pour nos artistes (intérieur de Man Ray)..........69 - Le bar du paquebot « Bretagne » comporte un très nouveau décor (ensemble par Raphaël)..............................70 - Votre bureau métallique ne coûtera pas plus cher qu'un bureau en bois..................................................72 --- DIRECTEUR : JACQUES DE BRUNHOFF RÉDACTEUR EN CHEF : MICHEL DUFEt SECRÉTAIRE DE LA RÉDACTION : MADELEINE FUCHS SERVICE DE LA PUBLICITÉ : ANDRÉ SUQUET ET ROBERT REGNAULT --- PRIX : LE NUMÉRO (FRANCE ET UNION FRANÇAISE) FRANCO 350 FR. ABONNEMENTS : UN AN (8 Numéros), FRANCE ET COLONIES : 2.300 FR.; RECOM. 2.500 FR. ÉTRANGER : 3.000 - 3.300 FR. 6 MOIS (4 Numéros), FRANCE ET COLONIES : 1.150 FR.; RECOM. 1.300 FR. ÉTRANGER : 1.500 - 1.650 FR. En cas d'augmentation de prix les abonnés seront servis jusqu'à concurrence de la somme à leur crédit --- Le meuble métallique avait su s'imposer depuis longtemps dans les salles de travail, d'archives, services administratifs, etc.. Mais, grâce à une technique qui a heureusement modifié sa présentation, il a franchi maintenant les portes de somptueux bureaux de direction. La Société Forges de Strasbourg nous apporte ici, avec le cabinet de travail de son Directeur Général, un bel exemple à suivre. La table-bureau justifie ainsi ses avantages : son immense plateau métallique aux larges arrondis est sorti d'une garniture en métal blanc poli et recouvert de linoléum incrusté dont la couleur permet des jeux de telantes qui s'harmonisent au décor. Le voisinage d'un long bâton, d'un secrétaire en acaton, de sièges en tube chromé et cuir havane, de lourds rideaux drapes vert Empire, apporte, dans cette pièce aux majestueuses proportions, un accord très agréable. --- PHOTO NEUBERT HORAK --- SOCIÉTÉ ANONYME AU CAPITAL DE 3.400.000 FRANCS DIRECTION-RÉDACTION-VENTE-ABONNEMENTS 2, RUE DU COLONEL-DRIANT - PARIS (1er) - CENTRAL 22-90 REGISTRE DU COMMERCE: SEINE 257-489 B COMPTE CHÈQUE POSTAL: PARIS 4752-84

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PHOTO COLLAS Dans un immeuble neuf de Boulogne-sur-Seine, Gustave Gautier a créé, pour un intérieur de médecin, ce living-room essentiellement gai de coloris et jeune de conception. La partie boisée, qui comporte en avant le bar en épi puis, dans l'angle, un casier avec pick-up, radio et discothèque et enfin, sur la cheminée, une vitrine, est conçue comme un long meuble continu qui suit le mur. Il est en chêne naturel ciré assorti à la table «à manger» très sobre, mais pourvue avec originalité d'un double plateau. La cheminée, avec sa niche pour le bois contre le foyer, a été garnie de briques roses. Les rideaux en coton rayé blanc sont de deux tons : abricot et jaune, et proviennent de chez Joliet.

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ART ET INDUSTRIE L E Cinéma n’est pas un art ». Telle est la réponse de Francis Carco à une question posée sur l’opportunité de créer une nouvelle section de l’Institut à l’intention des cinéastes. Que Léautaud, parmi les hoquets de son rire effrayant, ait répondu de même sorte, c’eût été conforme à l’extravagance, au caprice, à l’arbitraire, à la singularité de ses arrêts. Mais que l’exquis Carco, le tendre poète, si émouvant lorsqu’il nous initiait jadis chez Paul Poiret, durant ces nuits féériques, aux charmes du « doux caboulot », lui si ouvert à tout ce qu’aujourd’hui peut apporter à l’art de changeante mobilité, lui si sensible à toutes les beautés d’où qu’elles viennent, ait proféré un jugement aussi péremptoire, nous stupéfie. Et ce jugement, il le fonde sur la dépendance qu’imposent au cinéma l’industrie et le commerce. Mais quel art, aujourd’hui, ne dépend pas de l’industrie et du commerce ? L’écrivain n’est-il pas lié aux exigences de l’éditeur et sa célébrité bien souvent due à l’immense publicité faite aux prix littéraires, hasardeuses timbales dont les influences industrielles ne sont pas toujours absentes. Le musicien ne peut entendre ses œuvres exécutées sans l’entrepreneur de concerts et les tendances de l’art de peindre ou de sculpter sont bien déterminées en coulisse par le haut commerce du tableau ou du bronze. Autres industries… souvent coupables. Avant de parler ainsi, Carco s’est-il souvenu des recherches prestigieuses que fit, environ 1918, une Germaine Dulac, rêvant de « cinéma absolu » et qui honorent l’« art ». Je sais bien, qu’environ cette époque, le grand peintre Derain avait composé d’extraordinaires scénarios conçus pour de courts métrages, lesquels n’ont pas encore, que je sache, vu le jour. Ici, Carco marque un point et j’imagine que sa boutade est due à quelque mésaventure de ce genre. Pour nous, elle n’est que prétexte à glorifier l’union nécessaire de l’art et de l’industrie. Car l’Institut semble bien avoir suivi Francis Carco dans ses conclusions puisqu’il n’a pas créé de section du cinéma. Ce n’est donc pas le moment de lui proposer une section de décorateurs. Pourtant, je songe à plusieurs d’entre ceux-ci dont la sveltesse et la prestance feraient si bien sous l’habit vert… Cette grande institution oublie peut-être qu’elle n’a pas été fondée pour soutenir les gloires à leur déclin, mais pour en susciter de nouvelles, conformes à notre belle tradition. Hélas! il semble bien que, pour beaucoup de ses membres, la tradition demeure singulièrement… académique. On ne saurait, à vrai dire, s’en étonner, mais on a le droit d’être surpris par la lettre que nous a envoyée M. Georges Leroux, membre de l’Institut, nous reprochant d’avoir publié, lors de la magnifique exposition des Trésors d’Art du Moyen-Age italien au Petit Palais (V. N° 72, p. 283, 4 et 5) des œuvres d’une époque « barbare ». Quelle plus belle tradition peut-on vanter pourtant, que celle du Xe au XIVe siècle, qu’elle soit italienne ou française ? M. Leroux est d’ailleurs « dans la ligne », car Louis Hourticq, qui fut, lui aussi, membre de l’Institut, auteur de savants ouvrages et qui eut de si nombreux disciples, trouvait aussi « barbare », dans son livre sur le Louvre, la « Vierge et les Anges » de Cimabue. Sans doute l’art de Cormon, de Rochegrosse ou de Bouguereau était-il, à son gré, moins « barbare ». On s’étonne de voir tant d’esprits cultivés se tenir en dehors de la vie au point de ne pas remarquer que l’industrie pousse partout ses rameaux envahissants, que l’on ne peut plus se passer d’elle et qu’il la faudrait diriger vers de plus hauts sommets au lieu de vouloir l’ignorer. Lorsqu’elle était encore à ses débuts, cruelle et inhumaine, elle n’avait pour but que le lucre. Aujourd’hui, elle a conquis des quartiers de noblesse qui lui permettent de donner au lieu de retenir. Elle devient le seul mécène valable, les autres ayant été contraints, par les conditions de la vie présente, à déclarer forfait. N’est-ce pas le moment pour l’Institut de France de la conduire vers son plus haut destin ? MICHEL DUFET.