Extrait

Premières pages de l'ouvrage, en accès libre.

Page 1

L'ART VIVANT N° 229. FÉVRIER 1939 Le N° : 7 fr. 50 LE DAUPHINÉ Jean Farell : Costume de ski Tissus Etling DIRECTION RÉDACTION ADMINISTRATION 116 Bis, AVENUE DES CHAMPS-ÉLYSÉES, PARIS TROIS REVUES EN UNE REVUE D'ÉLÉGANCE ET DE TOURISME REVUE D'ART DÉCORATIF REVUE D'ART ET DE CULTURE

Page 2

LES SPECTACLES - Le spectacle est par sa définition une forme de divertissement. Cependant en assistant à une représentation (au théâtre ou au cinéma), arrêtez votre réflexion sur la nature des événements qui se déroulent devant votre regard. Vous serez amenés à admettre que vous tirez votre plaisir des accords les plus raffinés et le mieux accommodés à la douleur. Un dénouement est heureux lorsqu'il intervient après une succession de conjonctures pénibles. Encore ne se produit-il pas toujours de la façon la plus favorable. Plus on sanglote sur scène, plus on s'arrache des soupirs, et s'étripe, et plus la chose s'avère émouvante et digne d'intérêt. L'art des auteurs qui nous tiennent en haleine consiste à atténuer, par la grâce des périodes littéraires et l'excellent arrangement dramatique, les pires aventures mentales, sentimentales, financières, érotiques, mystiques et physiologiques. J'ai vu, peu souvent d'ailleurs et présentés à titre anecdotique, des personnages qui s'incrustaient dans la sérénité. A travers toutes sortes de péripéties navrantes, ils conservaient le sourire et conversaient agréablement. Cette attitude, à mon sens supérieure, leur valait l'indifférence du public et la réputation de lunatiques ou d'aboules. Les femmes surtout leur lançaient des regards torves, comme s'ils avaient volé le seul principe qui valut la peine d'être exposé. Ah! parlez-nous plutôt, pensaient-elles, des vrais héros qui observent la règle du jeu humain, des pathétiques, des extasiés, voire des assassins par amour, et de nos célèbres petits suicidés! En somme, les écrivains dressent en quelques actes l'inventaire de situations s'intégrant confortablement, quelle que soit leur originalité horifique, dans la partition héroïque de la vie courante. Car les faits moyens sont lourds de conséquences excessives. On ne plane guère, on ne badine pas plus sur terre. Ce serait, paraît-il, trop terre à terre. La catastrophe est le ressort du rebondissement vital universel. Aussi bien les foules reçoivent-elles allègrement, sans intention de sadisme et le plus naturellement du monde, les rations toniques de drame quotidien, qui préparées, dosées avec talent, leur sont servies chaudes d'émotion sur la scène et à l'écran. sous le signe de la douleur ou du divertissement - M. Jean Sarment nous conduit Sur les marches du Palais (comédie en 3 actes), devant le Palais de l'Amour. Isabelle y séjourna avec Henri, son époux. Elle en sort, au premier acte, sous un prétexte que tout honnête homme réprouve, afin de préparer une deuxième entrée triomphale en compagnie de Philippe, nouvel clu. Et voilà le mari (interprété par M. J. Sarment lui-même), qui s'en va par le vaste monde chasser la femme facile — Henri ulcéré dans son cœur, mais portant beau, avec sourire mi-badin, mi-amer, et chantonnant, très poète amateur, très boulevardier d'avant-guerre, très Jean Sarment. Or au deuxième acte, nous assistons au déclenchement d'un phénomène freudien. La jalousie de Philippe, passant par-dessus la tranche de vie conjugale d'Isabelle, s'installe sur sa période d'adolescente flitrueuse (savoir, oh! savoir!). La jalousie du rétrospect provoque une obsession d'amours collectives. Que dit Isabelle? Elle accepte, la bonne Isabelle, mais se garde d'entrer dans le Palais avec un cortège galant. Après quelques exercices qui l'écœurent, elle prie Philippe de descendre vivement les marches symboliques. A ce moment précis, survient le mari ravagé par l'apéro, fredonnant quand même. Ils voudraient bien tous deux reprendre l'ascension vers le Palais, mais des détails de méthode et de technique les séparent. Elle s'éloigne pour reconsidérer le problème, le laissant imprudemment sans espoir et seul à la table de la terrasse. Les garçons de café le gournent, ils lui interdisent de chauffer à 2 heures du matin. La mesure est comble. Suffoqué par une atmosphère hostile très bien amenée, il sort son revolver, sourit, tire au cœur. Aussitôt l'air ambiant se sature de bonhomie et de bonheur. Le garçon de café s'inquiète, sa femme revient, bras ouverts. Il sourit, meurt. Le dénouement de cette pièce, habilement conduite, écrite tout charme déployé, est d'une vulgarité exemplaire. Quelle belle leçon nous aurions reçue si Henri, après une pirouette, avait, bien vivant, quitté le décor en fredonnant sa chanson. Rien n'est plus évident et plus curieux que l'énergie des fantoches dont les blessures, chacun le sait, se cicatrisent à toute vitesse et se rouvrent de même. Les fantoches authentiques ne meurent pas, ils font les personnages de légende. Mais M. Jean Sarment, s'écartant de son maître Jules Laforgue, nous a révélé au dernier moment que son personnage était un fantoche de camelote. Quelle déception! Il est vrai que cet article livré avec garantie de mort violente possède sur le marché sentimental une importante clientèle. L'interprétation est excellente, hormis M. Jean Sarment qui, comme à l'accoutumée, force le côté orgue de Barbaric avec trémolos-mélo, des sympathiques héros de ses belles comédies. (Théâtre des Arts.) - Cyrano de Bergerac est un fantoche à long nez et à panache (il ne se tue pas, du moins, lui). Contrairement aux mœurs de ses congénères, il fait beaucoup de bruit et déplace du vent. L'ouragan romantique établi par Edmond Rostand est obtenu grâce à un solide système de courants d'air. Un lyrisme superbe et conventionnel agite les personnages et diète aux interprètes leurs moindres attitudes. M. Brunot, qui triomphe dans les notes mesurées et sentimentales manque d'élan, et de souplesse physique; à tort, il atténue l'effet des grands moulinets d'alexandrins. Le panache est représenté par Mlle Marie Bell, très brillante dans le camp des cadets. Les décors et costumes de Bérard sont probes et marqués par le goût classique raffiné. L'attaque des Espagnols est maladroitement mise en scène. Lorsque Cyrano crie: « Je charge! » sur place, seul en arrière, l'effet est comique. (Théâtre Français.) - « La Terre est ronde », dit M. Salacroù, sans insister davantage sur cette découverte des navigateurs, car le sujet qui l'occupe est le recommencement des phénomènes sociaux dans le temps et l'espace. Il nous montre en plusieurs tableaux que Savonarole était une victime de la dictature, et que le xve siècle n'a rien à envier au xx°. La pièce aurait pu se nommer : « Le monde tourne en rond ». Cela promet d'étranges réjouissances pour les générations des siècles futurs. Je ne laisse être rester impressionné par le fait que des auteurs sincères, ardents adversaires de certains systèmes qui régissent les hommes, soient conduits infailliblement et à leur insu à une indirecte et émouvante abdication devant la force monstrueuse de la FATALITÉ. M. Dullin est un prodigieux Savonarole (ascète, mysogyne, madré, violent, mystique). M. Barrault apporte au théâtre la simplicité et l'émotion retenue qui lui manquent à l'écran. (Théâtre de l'Atelier.) - La Bête humaine. — Je souligne plusieurs fois: c'est un grand film. M. Renoir seul (ou presque) de l'espèce des metteurs en scène vient enfin de « faire du cinéma ». Il est reparti à zéro, c'est-à-dire à la fin du film muet qui devenait excellent, plein de possibilités, et selon les principes du cinéma, il créa un vrai film parlant. Nous sommes alors impressionnés par une rapide succession de visions intenses (et non plus de longues scènes de théâtre), par une symphonie de bruits vrais qui forme le « décor sonore », enveloppe d'atmosphère authentique les personnages, enrichit l'action d'un nouvel argument dramatique (et plus de mélodies d'accompagnement artificielles). M. Gabin est splendide. Mlle Simone Simon campe un personnage étonnant de « petite midinette-femme fatale ». (Cinéma Madeleine.) Marcel ZAHAR.

Page 3

LELEU DÉCORATEUR 65, AVENUE VICTOR-EMMANUEL-III PARIS L'ART VIVANT

Page 4

--- Monument au roi Albert. Embouchure du canal Albert --- LIÈGE BELGIQUE 1939 MAI-NOV. --- EXPOSITION INTERNATIONALE --- PUIFORCAT ORFÈVRE --- 131, BOULEVARD HAUSSMANN ÉLYSÉES 47 - 50 --- L'ART VIVANT ---

Page 5

LA NEIGE VOUS DONNERA DE BELLES COULEURS. --- 200 STATIONS FRANÇAISES DE NEIGE sont mises à quelques heures de chez vous par le rail, - économiquement - dans les meilleures conditions de confort et de sécurité. Renseignez-vous dans les gares et agences S.N.C.F. sur les billets et cartes d'abonnement à prix réduit. --- Billets de Week-end 50 % de réduction Validité : 3 jours 1/2 à 4 jours 1/2 Billets de séjour 20 ou 25 % de réduction Validité 40 jours Cartes d'abonnements "le week end à prix réduit" Validité 3 mois ou la saison Billets de famille 75 % de réduction à partir de la 3e pers. Validité 40 jours Minimum : 300 Kms Billets de groupe 50 % de réduction Validité 20 jours --- Pub. R.-L. Dupuy --- S.O.S.I.E.TÉ NATIONALE DES CHERMINS DE FER FRANÇAIS --- L'ART VIVANT ---

Page 6

Tableaux modernes AQUARELLES ET PASTELS PAR Pierre BONNARD - Paul CÉZANNE - André DERAIN Kees VAN DONGEN - Raoul DU FY - J.-B. JONGKIND HENRI-MATISSE - Claude MONET - Auguste RENOIR K.-X. ROUSSEL - Paul SIGNAC - Alfred SISLEY Maurice UTRILLO - Edouard VUILLARD PROVENANT DE LA Collection de M. HENRI CANONNE DONT LA VENTE AUX ENCHÈRES PUBLIQUES, AURA LIEU À PARIS GALERIE CHARPENTIER 76, RUE DU FAUBOURG SAINT-HONORÉ -- PARIS-8e LE SAMEDI 18 FÉVRIER 1939, À QUINZE HEURES PRÉCISES COMMISSAIRE-PRISEUR : M° ALPH. BELLIER 30, Place de la Madeleine -- PARIS-8e Assisté de : M. JOS. HESSEL Expert près la Cour d'Appel et près le Tribunal de la Seine 26, RUE LA BOËTIE -- PARIS M. PAUL ROSENBERG 21, RUE LA BOËTIE PARIS EXPOSITION PARTICULIÈRE : Chez Paul ROSENBERG, 21, rue La Boëtie, le Jeudi 16 Février, de 10 heures à 18 heures. EXPOSITION PUBLIQUE : Galerie CHARPENTIER, le Vendredi 17 Février, de 14 heures à 18 heures et de 21 heures à 24 heures. --- PAPIERS PEINTS "DE DISTINCTION" Sous le signe de la jeunesse NOBILIS CHEZ TOUS DÉCORATEURS, ENTREPRENEURS ET HALARD 29 RUE BONAPARTE PARIS VIe --- DESSINS ANCIENS par ou attribués à : BOLDINI, BOUCHER, CAMBIASO, COROT, DUMOUSTIER, FRAGONARD, GERICAULT, VON HUYSUM, C. HUYGHENS, GRANET, INGRES, GUERCIN, LAGNEAU, MUZIANO, OLLIVIER, V. OSTADE, PAJOU, PARROCEL, PIRANÈSE, POUSSIN, PRUDHON, HUBERT-ROBERT, RUBENS, S. RUVSDAEL, A. DE SAINT-AUBIN, A. WATTEAU, etc., etc. Dessin de l'Ecole de Bruges DESSINS de REMBRANDT. - DESSIN de TITIEN TABLEAUX ANCIENS par ou attribués à : ADRIAENSSEN, BONNEVAL, BLAIN DE FONTENAY, Antoine CARON, VAN CROOS, B.G. CUYP, J.H. FRAGONARD, HEDA, LEPRINCE, MONNOYER, NELLIUS, A. PESNE, C. VAN POL, SPAENDONCK, A. VAN DER WERFF, etc. PIETA de l'Ecole Française de la fin du XIVe Siècle COMPOSANT LA COLLECTION D'UN AMATEUR DONT LA VENTE AUX ENCHÈRES PUBLIQUES AURA LIEU À PARIS HÔTEL DROUOT, SALLE N° 6 Le LUNDI 13 FÉVRIER 1939, à quatorze heures précises M° Alph. BELLIER Commissaire-priseur, 30, place de la Madeleine, Paris-8e assisté de : Pour les Dessins : M. Jacques MATHEY Expert près le Tribunal Civil 50, Avenue Duquesne - Paris-7e Pour les Tableaux : M. Robert LEBEL Expert. Diplômé de l'Ecole du Louvre. 38, Rue de Penthièvre - Paris-8e EXPOSITION PUBLIQUE, le samedi 11 février 1939, de 14 h. à 18 h. --- L'ART VIVANT

Page 7

L'ATELIER 75 PRÉSENTE LE GOUT FRANÇAIS MODERNE DANS / E/ NOMBREU/E/ PIÈCE/ IN/TALLÉE/ MAURICE CHAMPION DÉCORATEUR 20BL, RUE LA BOËTIE . PARIS . 8ème Prix très étudiés. Album et projets français sur demande. --- JULES PANSU TISSUS D’AMEUBLEMENT • TAPIS • 42, FAUBOURG POISSONNIÈRE TÉL. PRO. 21-35 --- RATAFIA TEISSEIRE LIQUEUR DE 1720 AUX CERISES DU DAUPHINÉ LES FILS DE FRANÇOIS REYNAUD GRENOBLE --- L’ART VIVANT

Page 8

2 Grandes marques LAIT SUCRÉ CONCENTRÉ BERNA MANQUE D'ORACLE ÉTABLISSEMENTS CARTIER-MILLON LES PÂTES AUX ŒUVRES FRAIS PER’ LUSTUCRU LE LAIT CONCENTRÉ BERNA Ce sont des produits des ETS CARTIER-MILLON GRENABLE --- -- DÉBUTANTS, SKIEURS AMATEURS -- INITIEZ-VOUS ET PERFECTIONNEZ-VOUS EN SUIVANT LES COURS DE L’ÉCOLE NATIONALE DU SKI FRANÇAIS La France, pays du ski, ajoute à ses paysages, à ses neiges, à ses stations équipées, organisées, les bienfaits d’un enseignement unifié, moderne, rationnel, rapide, étendu partout, un enseignement animé par une technique et une méthode françaises, claires et simples. L’enseignement du ski est ainsi porté à son vrai plan, celui de la méthode et de la qualité. À ses vertus d’accueil, la France se devait d’ajouter cette forme décisive d’action sportive que constitue l’École Nationale du Ski Français (E.N.S.F.). Nous publions ci-dessous la liste des stations possédant un centre d’enseignement. ALPES --- Abondance (Châtel-La-Chapelle); --- Grand-Bornand (F); --- Vars et le col de Vars; --- Abries; --- Hauteluce; --- Ventoux; --- Aguilles; --- Les Houches; --- Villar-d’Arene-La Grave; --- Allos --- Lac de Tignes; --- Villard-de-Lans --- Alpe d’Huez (A); --- Lons (F); --- VOSGES --- Araches (F); --- Lanslebourg (F); --- Ballon d’Alsace (F); --- Arreches; --- Larche (F); --- Champ du Feu (F); --- Argentieres-Montroc; --- Lautaret (F); --- Markstein (F); --- Arveux (F); --- Lure (F); --- La Schlucht. --- Aurons; --- Megève (A); --- JURA --- Autrans (F.); --- Médiane-Charmaix; --- Les Hôpitaux-Jougnes; --- Les Avanchers; --- Montgenevre; --- Lajoux-Mijoux; --- Barcelonnette; --- Mont Revard (A); --- Lelex (F) --- Belvedere - Petit - Saint - Bernard; --- Moriond; --- Pailly-sur-Gex-Les Rousses. --- Bellevue-Col de Voza; --- La Morte; --- MASSIF CENTRAL --- Beuil-Mont-Mounier; --- Morzine (A); --- La Bastide - Mont - Lozère (F); --- Les Bossons; --- Narctore; --- Le Bessat-Mont-Pilat (F) --- Bourg - Saint - Maurice - Courbaton; --- N.-D.-de-Bellecombe; --- L’Esperou-Mont-Aigoual (F); --- Ceuze; --- Peisey; --- Le Lioran (F); --- Chamonix; --- Pralognan --- Le Mont-Dore (A). --- La Clusaz; --- Praz-sur-Arly; --- PYRENEES --- Col de Porte-Charmant-Som; --- Foselend; --- Barèges; --- La Colmiane (F); --- St-Bon; --- Cauterets - Pont - d’Espagne; --- Combloux (F); --- St-Cervais; --- Envalira; --- Les Contamines; --- St-Nicolas-de-Veroce (F) --- Font-Romeu; --- Courchevel; --- St-Pierre-de-Chartreuse; --- Gourette-Eaux-Bonnes (A); --- Crevoux; --- St-Sorlin-d’Arves (F); --- La Mongie (F); --- Fontcouverte-Toussuire; --- St-Veran; --- Peyresoudre; --- Fontgillarde. (F); --- Le Sappey; --- Puymorens (A); --- La Foux d’Allos; --- Serre-Chevalier-Briançon; --- Superbagnères (A). --- Les Gêts; --- Seyne-les-Alpes (F); --- Tignes; --- Val d’Isère; --- Valberg; --- Valloire (A); --- Vallorène (F); --- (Abréviation: F, centre facultatif; A, centre permanent assuré par une école affiliée à l’E.N.S.F.; toutes les autres stations sont pourvues d’un centre permanent.) --- 18 / 12 1939 MAIRIE DE VOIRON (Isère) CERTIFICAT D’ORIGINE Nous soussigné, Maire de la ville de Voiron, certifions que le sieur CLAUDE BRUN (Isère) a créé à Voiron, le 6 juin 1907, une importante fabrique de liqueurs. Atteintes, en outre, que le sieur CLAUDE BRUN, dont la raison de commerce est aujourd’hui : “Els CL BRUN-PEROD & CHINA-CHINA”. Fait en l’Hôtel de la Mairie de Voiron, te 8 février 1825. Hector de NANTES, Adjoint. PRÉFECTURE DE ISÈRE La signature signée de la Mairie de VOIRON a été légitime, de la Préfecture de Nantes, le 1er décembre 1907. Président: de BESSON. --- CHINA CHINA BRUN-PEROD VOIRON (Isère) L’ART VIVANT

Page 9

L'ART VIVANT DIRECTEUR-FONDATEUR : JACQUES GUENNE RÉDACTEURS EN CHEF : S. KAPFERER - JACQUES KIM SOMMAIRE Revue de Tourisme : LE DAUPHINÉ - Préface - Paul COCAT, Maire de Grenoble. - Grenoble en Dauphiné - Henri DEBRAYE. - Grenoble, centre de tourisme - Paul MICHOUD, Vice-Président de la Chambre d’Industrie Touristique. - Le Passé et le Présent au Musée de Grenoble - Pierre ANDRY-FARCY, Conservateur du Musée de peinture et de sculpture de Grenoble. - L’Université de Grenoble - Jean SARRAILH, Recteur de l’Université de Grenoble. - Aspects panoramiques : Grenoble, Alpes Dauphinoises, Les Routes, Les Hautes-Alpes, Vienne, Valence - Maximilien GAUTHIER, CENDRILLON. - Gastronomie dauphinoise - Henry RIPERT. - La conquête des hautes montagnes - Georges BLANCHON. - Neiges du Dauphiné - R. GOSSE, Doyen de la Faculté des sciences, Directeur de l’Institut Polytechnique. - L’Institut Polytechnique - Les richesses du Dauphiné. Revue d’Elégance : LA MODE - Notre-Dame de Blanche-Neige - Hélène CINGRIA. Revue d’Art Décoratif : EXEMPLES DE DÉCORATION LE MONDE OU L’ON S’AMUSE par Roger LEFEBURE Revue d’Art et de Culture : L’ACTUALITÉ ARTISTIQUE - Le Métier à l’honneur - Jacques GUENNE. - Les Expositions - Maximilien GAUTHIER. - Spectacles - Marcel ZAHAR. --- TROIS REVUES EN UNE - REVUE D’ÉLÉGANCE ET DE TOURISME - REVUE D’ART DÉCORATIF - REVUE D’ART ET DE CULTURE --- FÉVRIER 1939 DIRECTION - RÉDACTION ADMINISTRATION 116 bis, CHAMPS-ÉLYSÉES PARIS Téléphone : ÉLYSÉES 26-68 Chèques postaux : PARIS 1861-29 Adresse tél. : L’ART VIVANT PARIS --- Les Arêtes de la Meige. Photo A Bourgin LA PLUS LARGEMENT RÉPANDUE DE TOUTES LES REVUES D’ART FRANÇAIS PRIX DES ABONNEMENTS : FRANCE ET COLONIES : UN AN 80 fr. SIX MOIS 43 fr. ETRANGER : BELGIQUE ET LUXEMBOURG : UN AN 92 fr. SIX MOIS 50 fr. SUISSE : UN AN 97 fr. SIX MOIS 52 fr. UNION POSTALE : UN AN 107 fr. SIX MOIS 58 fr. AUTRES PAYS : UN AN 136 fr. SIX MOIS 73 fr. --- L’ART VIVANT

Page 10

Nouvelles de notre monde --- 16 novembre. — Nos amis Paul Colin, Van Dongen, Touchagues, Dignimont, Kisling, André Lhote, Luc-Albert Moreau et Simon-Lévy ont été invités à juger un film en couleurs, et Kisling a dit : Avec le sujet de « Robin des Bois », il aurait été facile de tomber dans la vulgarité du chromo. Or je ne vois ici ni lourdeur ni violence, mais seulement des teintes douces à la Brueghel. » André Lhote aurait, paraît-il, apprécué; mais on ne connaît pas l’opinion des autres. Les coloristes, en tout cas, font bien de s’intéresser à la couleur, effroyable jusqu’aujourd’hui, au cinéma. 17 novembre. — Le bon peintre André Girard vient de partir pour l’Amérique, à bord du « Normendie ». Il veillera à la présentation artiste de la section française à l’Exposition de San Francisco. 18 novembre. — On assure que la reine Elisabeth d’Angleterre serait décidée à remettre à la mode la crinoline; de beaux jours se préparent pour les carrossiers, car je ne nous vois pas accueillir dans nos voitures actuelles plus de la moitié d’une dame ainsi accommodée. 19 novembre. — Pour avoir, écrit Antoine, appuyé sa pièce nouvelle sur une étude de la jalousie maternelle, sujet magnifique et profondément humain, Jean Coctea a remporté aux Ambassadeurs, avec ses « Parents Terribles », un succès qui sera probablement l’un des plus importants de cette saison. » Et toute la critique est de l’avis d’Antoine. 20 novembre. — M. Jean Zay aurait déposé au mois de mars, sur le bureau de la Chambre, un projet de loi relatif à la nécessaire réglementation, depuis si longtemps réclamée, de la profession d’architecte. 21 novembre. — Il paraît qu’à New-York un spectateur « indigné » a fait fermer deux établissements de nuit où des girls montraient leurs seins. Les spectateurs américains que l’on rencontre à Montmartre se montrent, en général, moins pudibonds. 22 novembre. — M. François Latour propose que le Palais de la Découverte soit converti en Musée de la Science et installé dans le bâtiment du quai de Tokio. 23 novembre. — Toscanini, l’illustre chef d’orchestre italien, a décidé de devenir américain, à la suite des mesures antisémites qui viennent d’être prises dans son pays d’origine. 24 novembre. — On annonce une véritable renaissance du parapluie, grâce à celui de M. Chamberlain; mais ceux des Parisiennes ne sent nullement funèbres : émaillés de pâquerettes comme une prairie, ou parsemés d’étoiles; vifs de couleurs, et à manches susceptibles de contenir tout un attrail, en petit, de soins de beauté. 25 novembre. — M. René Counin, commissaire général de la section française à l’Exposition de San Francisco, annonce la participation de Rouault, Marquet, Matisse, des plus grandes maisons de couture parisiennes, de Sèvres et de nos industries de luxe; une rétrospective du costume français; des expositions théâtrales où l’œuvre de Lugné-Poe, Copeau, Jouvet, Dullin, Baty, sera présentée, ainsi qu’un rayon des livres préférés, dont la liste a été demandée à Colette et Paul Valéry, et aussi à Pierre Bonnard. Allons! ça ne s’annonce pas trop mal! 26 novembre. — M. Paul Abram, récemment nommé directeur du théâtre du Trocadéro, y prépare, pour janvier, dit-on, de magnifiques spectacles populaires. 27 novembre. — Othon Friesz, qui revient d’Amérique, a dit : « Là-bas, tout ce qui est qualifié de « french » est une chose de qualité : du café à la robe, au tableau et au livre. » Un prestige à sauvegarder. 28 novembre. — Le troisième divorce de M. Sacha Guitry sera prochainement inscrit au rôle du Tribunal de la Seine. De grands articles sont consacrés, dans la presse quotidienne, à cet événement capital. 29 novembre. — Le sculpteur italien François Cremonese affirme être l’auteur d’une Vénus découverte, il y a quelques mois, dans un champ, aux environs de Saint-Etienne, et attribuée à Phidias. Les experts protestent, mais Crémonese maintient ses dires. --- 30 novembre. — Un journal belge annonce qu’une toile vendue pour cent francs dans une salle des ventes de Bruxelles s’est révélée, à l’expertise, être un tableau de Rembrandt disparu depuis deux cents ans : « Rachel pleurant ses enfants ». Les experts, quelquefois, ont quand même du bon. 1er décembre. — Le Marché aux Puces de Saint-Ouen serait menacé de disparaître. 2 décembre. — M. Yves Brayer, qui fait une carrière « centre-gauche », publie, à l’occasion de l’exposition des envois de Rome à l’Orangerie, un éloge de la Villa Médicis dont il fut pensionnaire. C’est assez crâne et très gentil. 3 décembre. — Jérôme Tharaud vient enfin d’entrer à l’Académie Française. 4 décembre. — On apprend aujourd’hui que « vu l’avis émis par la commission des monuments historiques le 3 juin 1937 », la Vénus, dont Cremonese se dit l’auteur, a été classée par décret du 13 mai 1938. 5 décembre. — M. Heuzé obtient le premier prix Paul-Guillaume et M. Despierre, le second. Mais M. Fred Uhlman, avec cinq voix fidèles à tous les tours, ne fait nullement figure de vaincu. 6 décembre. — Vingt millions ont été votés par le Conseil municipal pour la participation de la Ville de Paris à l’Exposition Internationale de Liège, dont M. Charles Crescent est le commissaire général pour la France. Le programme de Paris a trait aux sciences et aux arts dans leurs rapports avec l’eau, les fleuves et les rivieres de la région parisienne, tant dans le passé que dans le présent : « Nous serons à côté de nos amis, a dit M. Maurice Quentin, président de la commission municipale des Expositions, comme nous l’avons toujours été; Paris a une prédilection pour Liège, sa filleuse dans l’ordre de la Légion d’Honneur. » 7 décembre. — Les étudiants italiens ayant crié dans les rues de Rome pour réclamer le retour de la Corse à l’Italie, ceux de Grenoble se sont réunis place Grenette pour revendiquer, avec le plus grand sérieux apparent, le retour du Vésuve à l’Auvergne. 8 décembre. — Le Prix Concourt, que l’on croyait décerné d’avance à M. François de Roux, pour « Brune », vient d’être octroyé à M. Henri Troyat, pour « L’Araigne ». 9 décembre. — On annonce la mort de « l’Imagier de la Reine », le gentil dessinateur-poète Georges Delaw. 10 décembre. — A peine entré dans la gloire, M. Henri Troyat écrit des choses désobligeantes sur les journalistes. Ce n’est pas très chic. 11 décembre. — M. André Billy estime plat et banal le Jardin du Luxembourg et désire qu’on n’y mette pas le buste de Baudelaire. Il a raison pour le buste et tort pour le jardin. 12 décembre. — A l’occasion de ses trente et un ans, le Salon d’automne a donné un bal. 13 décembre. — Notre Groupe des Arts anciens à l’Exposition de New-York présentera Cinq siècles d’histoire de France illustrés par cinq siècles d’art français. 14 décembre. — MM. J.-L. Soulas et Léon Lang viennent d’être proclamés lauréats de la Jeune Gravure. 15 décembre. — Dans la grande nef de Notre-Dame de Paris sont présentés les vitraux exécutés pour elle par douze artistes bien vivants. En dépit de certaines criaileries, c’est admirable. --- Pharamousse L’ART VIVANT

Page 11

L'ART VIVANT Ci-contre: La Fontaine du Lion, du sculpteur dauphinois SAPPEY. A droite, en bas: La place Saint-André; à gauche: Eglise Saint-André; à droite: Palais de Justice; au 1er plan: Statue du Chevalier Bayard. --- GRENOBLE EN DAUPHINÉ Il n'est pas besoin d'avoir beaucoup voyagé, d'avoir beaucoup comparé, même d'avoir étudié la géographie, pour s'apercevoir que Grenoble est essentiellement une « ville de montagne ». D'où qu'on y vienne, c'est toujours par une vallée profondément creusée entre de hautes chaînes : Grande-Chartreuse et Vercors, Vercors et Oisans, Oisans et Belledonne. Et, fait remarquable, Grenoble est, en Europe, la seule ville de montagne dont la population atteigne 100.000 habitants. C'est d'ailleurs aussi la ville la plus plate de France, puisque la dénivellation totale de son sol ne dépasse pas trois mètres. La montagne a conditionné sa naissance, l'horizontalité de son sol a permis son développement... --- L'Art Vivant veut bien consacrer un numéro spécial au Dauphiné : je m'en félicite pour notre belle province et pour sa capitale, la coquette cité de Grenoble. Le Dauphiné, célèbre dans l'histoire, berceau de la Révolution, patrie de généraux, de littérateurs, de musiciens célèbres, est une des plus belles régions de notre France. Son caractère essentiel, c'est la variété : on y trouve les hautes cimes, les neiges éternelles, les glaciers, puis les hauts plateaux avec leurs immenses prairies émaillées de fleurs (la flore du Dauphiné est une des plus riches et des plus complètes qui soient), les côtes boisés, les belles forêts de sapins, les sites pittoresques, les gorges profondes, et les plaines fertiles. Le climat, parfois dur en altitude, est salubre et sain : de l'air pur, du soleil, c'est le paradis des enfants. Région à l'origine agricole et forestière, la province est vite devenue, par l'initiative et le labeur de ses habitants, un centre industriel et commercial important. La houille blanche a favorisé l'essor et l'industrie, et le tourisme a contribué à augmenter le nombre des visiteurs. Le Dauphiné est fréquenté l'été comme l'hiver : le développement des sports de neige prend chaque jour plus d'extension. Les lecteurs de « L'Art Vivant », rien qu'en lisant la Revue, feront une promenade intéressante qui les incitera à venir nous visiter. Ils seront bien accueillis en Dauphiné ; ils pourront ainsi apprécier si la réputation de courtoisie et de gourmandise des Dauphinois est méritée. Paul COCAT, Maire de Grenoble. --- A l'origine, bien avant l'époque romaine, il était extrêmement difficile, entre Albertville et la plaine de Romans, de traverser l'Isère qui vagabondait dans sa vallée, au hasard des crues. Un seul point fixe sur une longueur de 120 kilomètres : la pointe méridionale du massif de la Grande-Chartreuse, à l'endroit où la rivière reçoit le Drac. Une bourgade s'y établit, aux confins des pays Allobroges. On l'appela Cularo, qui signifie lieu reculé. Les Romains l'agrandirent et la fortifièrent. La ténacité, l'esprit d'entreprise des habitants, les circonstances aussi en firent une ville importante et la capitale d'une grande province : le Dauphiné. La situation même de Grenoble la destinait à ce rôle. Le hasard — et peut-être aussi un obscur instinct — avait fait naître la ville à la limite des rudes