Extrait

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29e ANNÉE - TOME XXIX Nouvelle Série FONDATEUR ARMAND DAYOT L'ART ET LES ARTISTES ART ANCIEN, ART MODERNE ART DÉCORATIF DIRECTEUR : Magdeleine A-DAYOT RÉDACTION - ADMINISTRATION 23, Quai Voltaire, PARIS-7e Revue mensuelle d'Art de France et de l'Étranger NUMÉRO 153 JANVIER 1935

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L'ART ET LES ARTISTES Revue Mensuelle d'Art ancien, d'Art moderne, d'Art décoratif Compte Chèques postaux : 603.69 (PARAISSANT DIX FOIS PAR AN) Tous droits réservés. Registre du Commerce Seine 58.503 --- Fondateur ARMAND DAYOT Directeur Magdeleine A-DAYOT --- COMITÉ DE PATRONAGE - Louis BARTHOU, ancien président du Conseil des Ministres, de l’Académie française. - M. Léon BEERARD, ancien ministre de l’Instruction Publique et des Beaux-Arts, de l’Académie française. - Philippe BERTHELOT, Ambassadeur de France. - Albert BESNARD, peintre, membre de l’Académie des Beaux-Arts et de l’Académie française. - Antoine BOURDELLE, sculpteur. - M. Édouard HERRIOT, ancien président du Conseil des Ministres, ancien ministre de l’Instruction Publique et des Beaux-Arts. - M. Jean-Julien LEMORDANT, peintre. - M. Paul LÉON, de l’Institut, Directeur général des Beaux-Arts honoraire, professeur au Collège de France. - Maréchal LYAUTEY, de l’Académie française. - Raymond POINCARÉ, ancien président de la République, de l’Académie française. - M. André TARDIEU, ancien président du Conseil des Ministres, ancien président de la Société des Artistes Décorateurs. - Robert de la SIZERANNE, critique d’art. --- COMITÉ D'HONNEUR - M. D. DAVID-WEILL, membre de l’Institut, président du Conseil des Musées Nationaux, vice-président de l’Union Centrale des Arts Décoratifs, vice-président de la Société des Amis du Louvre. - M. Maurice FENAILLE, membre de l’Institut, vice-président du Conseil des Musées Nationaux. - Comte M. de CAMONDO, vice-président de l’Union Centrale des Arts Décoratifs, membre du Conseil des Musées Nationaux. - Mme Pierre GOUJON, née REINACH, amateur d’art. - Julien SCHWOB D’HÉRICOURT, amateur d’art. - M. H. EBRARD, amateur d’art. --- 29e ANNÉE — TOME XXIX — SOMMAIRE DU NUMÉRO 153 (Janvier 1935) LES PEINTRES DE LA RÉALITÉ EN FRANCE AU XVIIe SIÈCLE (8 illustrations) J.-G. GOULINAT JACQUES-ÉMILE RUHLMANN (6 illustrations) MAGDELEINE A-DAYOT SUR WHISTLER — Propos et souvenirs à l’occasion de son centenaire (5 illustrations) JAN-TOPASS OTHON FRIESZ A SAINT-MALO (4 illustrations) ANDRÉ SALMON L’ATELIER DE MÉDAILLE DE L’ÉCOLE DES BEAUX-ARTS (9 illustrations) HENRI CLASSENS L’ACTUALITÉ ET LA CURIOSITÉ. — A travers les Expositions, par M.F. — Chronique des Arts Décoratifs, par M. A.D. — Échos des Arts. — Chronique Théâtrale et Cinématographique, (Intérim). — Les Livres. — Chronique des Ventes, par M. A.D. En hors-texte : LOGE D’ARTISTE, par Jacques-Émile RUHLMANN. Prix de ce numéro : 12 francs. — Abonnement pour la France : Un an (dix numéros) 100 francs (Demandes de changement d’adresse : 1 fr. 50. — Numéro spécimen : France 5 fr. — Etranger : 7 francs.) ABONNEMENTS POUR L’ÉTRANGER : 1er PAYS AYANT ADHÉRÉ À LA CONVENTION DE STOCKHOLM (Afrique du Sud, Abyssinide, Albanie, Allemagne, Rép. Argentine, Autriche, Belgique, Brésil, Bulgarie, Canada, Colombie, Congo Belge, Cuba, Danzig, Egypte, Espagne, Estonie, Ethiopie, Finlande, Grèce et Crète, Guyane Hollandaise, Hedjaz, Hongrie, Lettonie, Libéria, Lituanie, Luxembourg, Maroc espagnol, Mexique, Pays-Bas, Perse, Pologne, Portugal et colonies, Roumanie, Suisse, Tchécoslovaquie, Turquie, U.R.S.S. (Russie), Uruguay, Vatican, Vénézuëla, Yougoslavie : Un an (dix numéros) : 130 francs. (Le numéro ordinaire : 15 francs. Le numéro spécial : 18 francs. Le n° spécial : 20 francs). Bureaux : 23, Quai Voltaire, Paris-7e Secrétaire de Rédaction : MICHEL FLORISOONE Copyright by L’Art et les Artistes, 1935

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LE GOUPLY A PARIS 28, AVENUE DES CHAMPS-ÉLYSÉES R. C. Paris 73.245 --- TABLEAUX ESTAMPES OBJETS D'ART --- CAILLEUX Expert près le tribunal civil de la Seine Expert conseil du Gouvernement près l’administration des Douanes --- TABLEAUX DU XVIIIe SIÈCLE 136, FAUBOURG SAINT-HONORÉ R. C. Seine 93.343 --- NOUVELLE COMPAGNIE HAVRAISE PÉNINSULAIRE DE NAVIGATION Société Anonyme au Capital de 22.000.000 de Francs R. C. Seine 244549 B. Siège Social : 10, rue de Chateaudun, PARIS --- SERVICES RÉGULIERS AU DÉPART DE : ANVERS, ROUEN, LE-HAVRE : sur L'ALGÉRIE. AU DÉPART DE : DUNKERQUE, ANVERS, LE HAVRE, BORDEAUX, PAUILLAC : sur MARSEILLE. AU DÉPART DE : DUNKERQUE, ANVERS, LE HAVRE, BORDEAUX, PAUILLAC, ORAN, ALGER, MARSEILLE : sur MADAGASCAR, LA RÉUNION, MAURICE, (voie du canal de SUEZ). --- Pour tous renseignement, s'adresser : 10, rue de Chateaudun à PARIS et dans toutes les agences de la Compagnie. --- CRÉDIT LYONNAIS SOCIÉTÉ ANONYME FONDÉE EN 1863 Capital entièrement versé : 408 millions Siège social : LYON, Palais du Commerce Siège central : PARIS, Boulevard des Italiens R. C. Lyon B 732 Dépôts de fonds à vue et à échéance fixe :: Ordres de bourse (France et Etranger) :: Avances sur titres :: Dépôts de titres :: Escompte et encaissement de coupons :: Envois de fonds en France et à l'Etranger :: Change de monnaie étrangère :: Lettres de Crédit pour voyages :: Souscriptions :: Dépôts de bijoux, argenterie, etc. :: Assurances :: Garantie contre les risques :: de non vérification des tirages :: LOCATION de COFFRES-FORTS

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SAMARITAINE NOUVEAUTÉS & ALIMENTATION La SAMARITAINE répartit tous ses revenus entre son Personnel et ses Œuvres sociales : - Maternité, Colonies de vacances, Maisons de retraite, Sanatoria, - Pouponnières, Centre d'apprentissage, Habitations à bon marché, - Maisons de repos. 67 à 81, Rue de Rivoli - Pont-Neuf et Monnaie, PARIS LES PLUS GRANDS MAGASINS DU MONDE --- SUCCURSALE DE LUXE 27, BOULEVARD DES CAPUCINES PARIS La Succursale de Luxe de la Samaritaine ne tient que des articles de haute couture et de grandes spécialités, vendus très bon marché.

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Phot. Archives Phot. GEORGES DE LA TOUR. — LE NOUVEAU-NÉ (La nativité ?) Musée de Rennes LES PEINTRES DE LA RÉALITÉ EN FRANCE AU XVIIe SIÈCLE UE ce soit trop limiter notre art pictural français du xviie siècle que de l’envisager exclusivement sous l’angle du classicisme intégral, c’est, aujourd’hui, une indiscutable évidence. L’impression de froideur qu’il dégage parfois ne subsiste plus lorsqu’on en peut saisir le caractère complexe et profond. Sans doute les peintres de ce siècle classique garderont-ils, comme les littérateurs, une réserve continue dans l’expression de leur art. A la même époque, beaucoup de peintres flamands se plaisaient à traduire dans leur truculence parfois vulgaire les ébats populaires, tandis que les petits maîtres hollandais détaillaient en d’innombrables tableaux les faits courants de la vie quotidienne. Goût de l’intimité qui devait plus tard se répandre en France : nos artistes du xviiie siècle aimeront aussi raconter tout ce qu’ils voient. Ne connaissons-nous pas, grâce à eux, les occupations, les plaisirs, les chagrins et les joies d’une société bigarrée que nous voyons évoluer dans des toiles où les peintres observent lavandières et ménagères aussi volontiers que brillants seigneurs ou dames élégantes. N’attendons pas du xviie siècle le même luxe de confidences : c’est l’âge de la n° 153 - JANVIER 1935

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L'ART ET LES ARTISTES sobriété, de l'objectivité. La sensibilité, pour s'exprimer discrètement, n'en est pourtant pas moins réelle, mais il faut vouloir la découvrir dans des œuvres sans lyrisme apparent où, souvent, elle se dissimule. C'est un des mérites de nos érudits modernes que de s'attacher à rendre à une époque d'art précise, comme à tel ou tel artiste en particulier, sa signification complète sans craindre d'aller parfois ainsi à l'encontre des traditions établies. Sans enlever à Hubert Robert ses mérites de « peintre des ruines » qui le rendirent célèbre de son vivant, n'a-t-on pas mieux servi sa gloire en magnifiant de nos jours l'évocateur spirituel et réaliste qui nous fait assister au décintrement du Pont de Neuilly, aux apprêts de la Fête de la Fédération, (1) Ce tableau a été attribué à de nombreux et divers peintres. Nous l'avions reproduit naguère dans un article sur le Musée de Nantes (p. 59 de la nouvelle série - Juillet 1923) en le donnant, conformément à la signature, à Juan Rizzi. Notre collaborateur, M. J.-G. Goulinat discute, d'ailleurs, plus loin l'attribution à Georges De La Tour (N.D.L.R.). Musée de Nantes LE JOUEUR DE VIELLE attribué, dans le Catalogue de l'Exposition des « Peintres de la Réalité au XVIIe siècle » à GEORGES DE LA TOUR(1) aux jeux des prisonniers de Sainte-Pélagie, ou nous représente Mme Geoffrin dans son salon du Faubourg Saint-Honoré ? Et n'est-ce pas hier à peine que le vrai visage de Corot est apparu lors- que, tout en respectant le peintre des nymphes, dansant sous les ombrages d'arbres va poreux, on est allé chercher l'expression synthétique de son génie dans ses études directes et ses impressions de nature spontanées, que ses contemporains appréciaient peu ? Nos érudits viennent de faire mieux encore. C'est toute une époque artistique qu'ils ont récemment, sinon ressuscitée, du moins remise à sa place véritable, en en rendant visibles certains aspects peu connus. En marge des grands efforts décoratifs de Simon Vouet et de ses élèves, des compositions sereinement classiques d'un Poussin et d'un Claude Gellée, des ensembles somptueux et nobles, réalisés par Charles Lebrun, des portraits d'apparat

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LES PEINTRES DE LA RÉALITÉ AU XVIIe SIÈCLE de Mignard, Rigaud et Largillière, s'est manifesté en France, plus particulièrement dans la première moitié du xvir siècle, un art sobre, sincère, vivant et personnel. Ceux qui l'ont illustré forment le choeur de ces « peintres de la réalité » auxquels le musée de l'Orangerie a, pour quelques semaines, donné l'hospitalité. Que l'on ne s'y trompe pas : il n'y a entre eux le lien d'aucune doctrine théorique, au contraire. Nous pouvons voir un émule de Raphaël voisiner avec un émule de Caravage, et l'on a volontairement accroché des toiles de Poussin, Le Sueur ou Charles Lebrun à côté de celles des Le Nain de Jean Michelin, de Georges de la Tour. Il s'agit seulement de montrer, d'une part que les plus classiques aspirations n'em- pèchent point la vie de se manifester, que les talents les plus épris des souve- nirs antiques peuvent toutefois vibrer aux spectacles de la nature et vouloir les rendre d'une façon directe, et, d'autre part, de rechercher l'originalité artistique partout où elle se trouve, en particulier chez cer- tains peintres qui, célèbres de leur vivant, ont sombré dans l'oubli et que beaucoup de mystères enveloppent encore. C'est à éclairer certains de ces mystères qu nos chercheurs se sont voués avec toute leur intelligence et tout leur cœur. Passion contagieuse, puisqu'ils ont réussi à intéresser aux problèmes artistiques qu'ils tentaient de résoudre un public jusque là indifférent. Peu nombreux étaient ceux qui, par exemple, se souciaient, hier, S. BOURDON. — PORTRAIT D'HOMME AUX RUBANS NOIRS de la personnalité respective des trois frères Le Nain ; moins nombreux encore ceux pour qui Georges de la Tour était autre chose qu'un inconnu. Deux expositions, amoureusement préparées et dont l'une est la suite logique de l'autre, ont opéré le miracle. Les mêmes visiteurs qui, dans les trois salles du Petit-Palais ont étudié, au cours des mois derniers, les œuvres des frères Le Nain, se retrouvent à l'Oran- gerie devant des toiles judicieuse- ment choisies pour prouver l'existence d'un mouvement réaliste en France au xviiie siècle, que les trois artistes laonnais ne sont pas seuls à incarner. Les peintres qui représentent ces tendances ont fait, pour la plupart, le traditionnel voyage d'Italie. Mais ils y ont subi, beaucoup plus que l'influence des derniers Renaissants, celle de Cara- vage et de ses disciples. Si certains, parmi eux, ont subi le prestige de la nouvelle école au point d'aliéner parfois leur vrai tempérament français (et nous pensons ici surtout à Valentin), reconnaissons que la plupart ont su garder les caractères profondément origi- naux de notre race : sens de la vérité psychologique, instincts de gravité et de noblesse qui se traduisent à l'aide d'une facture sobre, d'une gamme de couleurs réduite, d'un souci d'interprétation simplifiée, dans des œuvres de tous genres : natures-mortes parmi lesquelles je retiens deux admirables petits tableaux signés d'un inconnu, Baugin ; paysages de La Hire, de Guaspre-Dughet, de Claude Gellée avec