Extrait
Premières pages de l'ouvrage, en accès libre.
Page 1
L'ART ET LES ARTISTES
10e ANNÉE
N° 410
ART ANCIEN ART MODERNE
ART DÉCORATIF
REVUE
D'ART ANCIEN ET MODERNE DES DEUX MONDES
DIRECTEUR-FONDATEUR:
ARMAND DAYOT
RÉDACTION ET ADMINISTRATION
23, QUAI VOLTAIRE PARIS
16, QUERSTRASSE LEIPZIG
MAI 1914
ABONNEMENT (UN AN)
FRANCE... 20 FR.
ET RANGER 25 FR.
Page 2
L'ART ET LES ARTISTES
PRIX DU NUMÉRO :
- FRANCE... Net 2.00
- ÉTRANGER... Net 2.50
Directeur-Fondateur : ARMAND DAYOT
Secrétaire : ADOLPHE THALASSO
---
SOMMAIRE DU NUMÉRO 110
- SUR L'ART DE VENISE (10 illustrations) - JACQUES-E. BLANCHE
- LE PEINTRE DE LA SAVOIE : J. COMMUNAL (5 illustrations) - ROBERT DE LA SIZERANNE
- HENRI DE TOULOUSE-LAUTREC (14 illustrations) - GUSTAVE COQUIOT
- VARIETÉS : UNE RÉVOLUTION ARTISTIQUE EN TURQUIE (17 illustrations) - ADOLPHE THALASSO
- L'ART DÉCORATIF : MARINOT, PEINTRE VERRIER (8 illustrations) - LÉANDRE VAILLAT
- LE MOIS ARTISTIQUE - A.T.
- LA VIE ARTISTIQUE DANS LA PROVINCE FRANÇAISE : Annonay, par JEAN-MARC BERNARD; Grenoble, par F.; Lyon, par HENRI BÉRAUD; Rennes, par H.F.; Rouen, par G. VIDALENC.
- LE MOUVEMENT ARTISTIQUE À L'ÉTRANGER : Allemagne, par WILLIAM RITTER; Angleterre, par P.-E. RIXENS; Autriche-Hongrie, par WILLIAM RITTER; Hollande, par PH. ZILCKEN; Italie, par CARLO BOZZI; Orient, par A. DE MILO; Suisse, par G. DE REYNOLD. — Échos des Arts (3 illustrations). — Bibliographie (1 illustration).
- EPREUVE D'ART : Sous les sapins au soleil couchant (d'après une peinture) par J. COMMUNAL.
Les avis de changement d'adresse doivent nous parvenir, accompagnés de 0 fr. 50 en timbres-poste, au plus tard le 25 pour le numéro du mois prochain.
Les articles publiés par l'ART ET LES ARTISTES deviennent la propriété de la Revue. Tous droits de reproduction et de traduction réservés. — Les Manuscrits ne sont pas rendus.
---
J. ALLARD & Cie
- Galerie des Tableaux des Maîtres Modernes
- 20, Rue des Capucines, 20
---
TABLEAUX ANCIENS
Maison fondée en 1848
Galeries KLEINBERGER
- PARIS, 9, Rue de l'Échelle
- NEW-YORK, 709, Fifth Avenue (Entre 55 et 56e rue)
Spécialités :
- ÉCOLES HOLLANDAISE, FLAMANDE
- ET PRIMITIFS DES XIVe et XVe SIÈCLES
Page 3
A.-S. GOMPERTZ
MAISON PRINCIPALE: 51, Rue de Miromesnil
SUCCURSALE: 124, Boulevard Haussmann
---
EXPERT EN CÉRAMIQUE
près le Tribunal civil de la Seine
TÉLÉPHONE: 549-69
TÉLÉPHONE: 563-07
---
Spécialité de
PORCELAINES & FAIENCES ANCIENNES
CHINE, JAPON
SAXE, SÈVRES
DELFT, ROUEN
etc., etc.
---
Toute pièce est vendue avec la garantie absolue d'ancienneté.
---
ATELIERS DE RÉPARATION
---
SEPT MAGASINS :: D'EXPOSITION ::
---
TRANSPORTS DE TABLEAUX ET OBJETS D'ART
EMBALLAGES
ASSURANCES
DÉDOUANEMENTS
---
R. JONEMANN
Maison fondée en 1856
PARIS, 24, Rue d’Enghien, PARIS
---
SUCCURSALES OU AGENCES
DANS TOUS LES GRANDS
CENTRES ARTISTIQUES
RÉFÉRENCES DE PREMIER ORDRE
Téléphone: Central 46-65
Gutenb. 25-70
Adresse Télégraphique: JONEMANN-PARIS
---
CHOCOLAT À LA TASSE
PRÉVOST
Le même Chocolat en tablettes le 1/2 kilo
3 fr. 25
Chocolats supérieurs
4 fr. et 5 fr. le 1/2 kilo
Chocolats de ménage
1 fr. 70 et 2 fr. le 1/2 kilo
Grand choix de Bonbons au Chocolat
QUALITÉ SUPÉRIEURE
PARFUMS TRÈS VARIÉS
---
MAISON FONDÉE EN 1827
39, Boulevard Bonne-Nouvelle, PARIS
4, Allées de Tourny, BORDEAUX
---
Page 4
COLLECTION ARTHUR SAMBON
OBJETS D'ART
ET DE HAUTE CURIOSITÉ
de l’Antiquité, du Moyen Age, de la Renaissance et autres
---
FAIENCES ITALIENNES - TERRES ÉMAILLÉES DES ROBBIA
Porcelaines de Saxe = Ivoires = Objets variés = Bijoux
BOIS SCULPTÉS, MARBRES, PIERRES, TERRES CUITES
---
Bronzes Italiens, Sculptures Egyptiennes et Grecques en marbre
TERRES CUITES ET BRONZES GRECS ET ROMAINS
FAIENCES ORIENTALES : Importante série de RHAGÈS
---
MANUSCRITS PERSANS
SCULPTURES ET PEINTURES CHINOISES
Bronzes de Hamadan et de Mossoul
---
TABLEAUX ANCIENS
DES ÉCOLES PRIMITIVES, DE LA RENAISSANCE ET DU XVIIIe SIÈCLE
Œuvres de H. de Met de Bles, Pater, etc.
---
PASTELS, PAR J.-B. LIOTARD
---
Vente à Paris, GALERIE GEORGES PETIT, 8, rue de Sèze
Les Lundi 25, Mardi 26, Mercredi 27 et Jeudi 28 Mai 1914, à 2 heures
COMMISSAIRE-PRISEUR
---
EXPERTS
---
M’ LAIR-DUBREUIL6, rue Favart, 6
---
Pour les objets d’art antique :D’ JACOB HIRSCH364, rue Saint-Honoré, 364
---
Pour les objets d’art :M. MANNHEIM7, rue Saint-Georges, 7
---
Pour les objets d’art oriental :M. MEYER-RIEFSTAHL72, Faubourg Saint-Honoré, 72
---
Pour les tableaux :M. JULES FÉRAL7, rue Saint-Georges, 7
---
EXPOSITIONS | PARTICULIÈRE : Le Samedi 23 Mai 1914 | de 1 heure 1/2 à 6 heures
| PUBLIQUE : Le Dimanche 24 Mai 1914 |
---
Page 5
COLLECTION ANTONY ROUX
IMPORTANTS TABLEAUX MODERNES ET AQUARELLES
PAR
BARYE - COROT - EUGÈNE DELACROIX - DIAZ - EUGÈNE FROMENTIN
LÉPINE - E. MEISSONIER - GUSTAVE MOREAU - G. RICARD
TH. ROUSSEAU - ALFRED STEVENS - ANTOINE VOLLON - ZIEM
---
SCULPTURES REMARQUABLES
Par A. RODIN
---
MODÈLES ET BRONZES ANCIENS
Par A.-L. BARYE
---
OBJETS D’ART ET D’AMEUBLEMENT
---
Vente par suite de Décès, Galerie Georges Petit, 8, rue de Sèze
Les Mardi 19 et Mercredi 20 Mai 1914, à 2 heures
Commissaires - priseurs : M' F. LAIR-DUBREUIL, 6, rue Favart; M' HENRI BAUDOIN, 10, rue de la Grange-Batelière
Experts pour les Tableaux et Sculptures :
M. GEORGES PETIT | M. HECTOR BRAME
8, rue de Sèze | 2, rue Laffitte
Experts pour les Objets d’Art et d’Ameublement :
M. PAULME | M. B. LASQUIN Fils
10, rue Chauchat | 11, rue Grange-Batelière
EXPOSITIONS
PARTICULIÈRE : Le Lundi 18 Mai 1914, de 10 heures à midi.
PUBLIQUE : Le Lundi 18 Mai 1914, de 1 à 6 h.; Le Mardi 19 Mai 1914, de 10 h. à mid
Page 6
Collection de feu M. CHARLES ANDRÉ
DESSINS • AQUAREELLES
TABLEAUX ANCIENS ET MODERNES
Par AUGUSTIN, N. BERGHEM, BOSIO, BOUCHER, CARRACHE, CLODION, A. CUYP, H. FRAGONARD, GRAVELOT, GREUZE, GUERCHIN, J.-B. ISABEY, LAGNEAU, LANCRET, LÉPICIÉ, OUDRY, ROWLANDSON, G.-B. TIEPOLO, C. VERNET, A. WATTEAU, PH. WOUVERMANN, etc. DAUMIER, DELACROIX, DEVÉRIA, GAVARNI, CH. JACQUE, MANET, MEISSONIER, J.-F. MILLET, etc.
OBJETS D'ART ET DE CURIOSITÉ
Clefs, Armes, Bois sculptés
TAPISSERIES DE L’ÉPOQUE LOUIS XII
TAPIS D’ORIENT
Vente par suite de décès, HOTEL DROUOT, Salles n°s 7 et 8
Les Lundi 18 et Mardi 19 Mai 1914, à 2 heures
Commissaire - priseur : M’ HENRI BAUDOIN, 10, rue de la Grange-Batelière
Experts. — Pour les Tableaux : M. JULES FÉRAL, 7, rue Saint-Georges; pour les Objets d’Art : MM. MANNHEIM, 7, rue Saint-Georges
EXPOSITIONS | PARTICULIÈRE : Le Samedi 16 Mai 1914 | PUBLIQUE : Le Dimanche 17 Mai 1914 | de 2 heures à 6 heures
Entrée par la rue Grange-Batelière
---
CHEMIN DE FER DU NORD
STATIONS BALNÉAIRES :
3 heures de Paris. — Le Tréport-Mers, Saint-Valéry-sur-Somme, Le Crotoy, Paris-Plage (Etaples), Boulogne.
3 h. 1/2 de Paris. — Mesnil-Val, Cayeux, Berck, Merlimont (Rang-du-Fliers-Verton), Plages de Quend et de Fort-Mahon (Quend-Fort-Mahon), Plages Sainte-Cécile et Saint-Gabriel (Dunnes-Camiers), La Portel (Boulogne), Wimereux (Wimille-Wimereux), Calais.
4 heures de Paris. — Bois-de-Cise, le Bourg-d’Ault et Onival (Eu), Hardelot (Pont-de-Briques), Wissant (Marquise-Rinexent), Dunkerque, Malo-les-Bains, Rosendaël.
4 h. 1/2 de Paris. — Petit-Fort-Philippe (Gravelines), Loon-Plage.
5 heures de Paris. — Audresselles et Ambleteuse (Wimille-Wimereux), Leffrinckouke, Zuyacoote, Bray-Dunes (Ghyvelde).
Jusqu’au 31 octobre, toutes les gares du réseau délivrent les billets à prix réduits ci-après indiqués :
1° Billets de saison pour familles d’au moins 4 personnes, valables 33 jours (réduction de 50 % à partir de la 4e personne);
2° Billets individuels hebdomadaires, valables 5 jours, du vendredi au mardi (réduction de 20 à 44%);
3° Cartes d’abonnement de 33 jours, sans arrêt en cours de route (réduction de 20 % sur le prix des abonnements ordinaires d’un mois);
4° Billets d’excursion du dimanche et jours de fête légales (2e et 3e classes) individuels ou de famille (réduction de 20 à 65 %).
STATIONS THERMALES :
Enghien-les-Bains, Pierrefonds, Saint-Amand, Saint-Amand-Thermal, Serqueux (desservant Forges-les-Eaux).
1° Billets de saison collectifs de famille, valables 33 jours; (réduction de 50 % pour chaque membre en sus du troisième;
2° Billets individuels hebdomadaires, valables pendant 5 jours;
3° Cartes d’abonnement de 33 jours.
Jusqu’au 31 octobre, toutes les gares délivrent, les dimanches et jours de fêtes légales, des billets d’excursion de 1er, 2e et 3e classes, à prix réduits, valables pendant une journée, pour visiter Pierrefonds et Compiegne; Coucy-le-Château et la forêt de Saint-Gobain; Villiers-Cottet, s et la forêt; Chantilly et le musée Condé (jours d’ouverture gratuite du musée, à l’exception des jours de courses), Saint-Gobain.
---
CHEMIN DE FER D’ORLÉANS
ABONNEMENTS INDIVIDUELS ET DE FAMILLE
POUR LES
Côtes Nord et Sud de Bretagne
Afin de permettre aux touristes et aux familles de s’installer sur une des plages de Bretagne et de rayonner de là sur les autres localités de cette région si variée et si intéressante, la Compagnie d’Orléans délivre du jeudi qui précède la fête des Rameaux au 31 octobre, au départ de toute gare de son réseau, des abonnements individuels et de famille de 1er et 2e classes pour les côtes Sud et Nord de Bretagne (Gares des lignes du Croisic et de Guérande à Brest et de Brest à Granville par Lamballe, Dol et Foligny et des lignes d’embranchement vers la nier).
Ces abonnements comportent, en outre du trajet d’aller et retour à ces côtes avec arrêts intermédiaires facultatifs, la facilité de circuler à volonté sur les lignes des côtes Sud et Nord de Bretagne; validité: 33 jours; faculté de prolongation moyennant supplément.
PRIX DES CARTES D’ABONNEMENT
Côtes Nord et Sud de Bretagne … … { 1er classe 130 fr.
{ 2e classe 95 fr.
Côtes du Nord et Sud de Bretagne et lignes intérieures situées à l’Ouest de la ligne de Saint-Maloà Redon, celle-ci comprise { 1er classe 150 fr.
{ 2e classe 110 fr.
Ces prix sont perçus lorsque la distance pour les parcours (aller et retour) n’excede pas 1.000 kilomètres en dehors des points de libre circulation. Au delà de 1.000 kilomètres, ils sont augmentés de 0 fr. 065 et de 0 fr. 045 (en 1er et 2e classes) par kilomètre en sus.
Réductions pour les familles allant jusqu’à 50 %.
Page 7
Échos de la Mode
PIEDS nus!... Voilà qu'on va pieds nus maintenant, et c'est le suprême du genre, du moins à l'avis de Mme Provost qui a inauguré ce nouveau jeu de scène à la ville et en espère une recrudescence de gloire.
Pourtant, cette transfuge du théâtre le plus correct de France et de Navarre, doit savoir que le métier de précurseur ne va pas sans quelques aléas! Elle n'a qu'à se rappeler combien l'apparition de la jupe culotte sur la scène sacro-sainte a paru extraordinaire, soulevant une impression qui n'était pas précisément admirative... Montrer ses pieds nous semble pis encore;... faute d'habitude sans doute; seulement j'ai peine à croire que la majorité consente à exhiber ses orteils si facilement. Avant, Mme Provost sera elle-même dégoutée de son initiative.
Si peu que l'on porte de bas aujourd'hui, c'est-à-dire si fins, si ajourés qu'ils soient, il en reste assez pour sauver les apparences et conserver la tradition que n'a pu faire oublier la passagère mode des pieds nus sous le Directoire. Et cependant, à cette époque-là, tout le monde se mêlait de rénover l'antique aux dépens du moderne, chacun voulait passer qui pour un Alcibiade, qui pour une Aspasie, tandis qu'aujourd'hui ce goût du grec est moins épidémique.
Passe pour les jupes collantes, fendues, inconvenantes, laissant voir tout ce qu'elles ont mission de cacher, mais les pieds nus, comme un capuein tout autant que comme une nymphe, y pensez-vous, Mesdames?... et croyez-vous que le spectacle en vaudra la peine?... Je ne voudrais pas bêcher les extrémités de mes contemporaines, je suis même prête à supposer qu'elles sont admirables, dignes d'inspirer un Canova; toutefois, j'en demande la preuve avant d'applaudir à une innovation qui semble donner à croire que les pédicures n'ont pas leur raison d'être, que nulle joie femme n'a ses petits potons déshonorés par les tares que coupe, ponce et lime une corporation surtout nombreuse dans les quartiers chics.
Si bien que la question peut se résoudre facilement. Si les pieds sont irreprochables, tant mieux! Mais il est ridicule de les montrer habillés d'une semelle et d'une barrette, au bout d'une bête de jambe nue comme un ver de terre, suivant la formule de Musset... s'ils sont tant soit peu sujets à caution,... alors, oh! alors, ce n'est plus une faute de goût, c'est un crime de les porter à la connaissance du public.
Donc, je crois qu'en toute occurence il est plus sage de ne pas imiter l'actrice aux pieds nus.
Pour varier nos distractions, regrimpons jusqu'à la tête. Voici le moment où les cheveux, épais ou clairsemés, nous jouent le tour de tomber. Ne les laissons pas faire, ce serait d'autant plus maladroit qu'avec l'Extrait Capillaire des Bénédictins du Mont-Majella, nous pouvons enrayer leurs tentatives de fuite et les forcer à redevenir longs, épais et brillants. L'Extrait Capillaire vaut 6 francs et 6 fr. 85 franco, chez M. l'Administrateur Senet, 35, rue du 4-Septembre, Paris.
COMTESE REGINE.
Mme L. Y. — Pour raviver l'éclat de l'épiderme, il n'est que le Véritable Lait de Ninon qui, sans avoir les inconvénients des fards en a les qualités. Prix : 5 francs et 5 fr. 85 franco. Parfumerie Ninon, 31, rue du 4-Septembre, Paris.
Cme R.
---
COMPTOIR NATIONAL D'ESCOMPTE DE PARIS
L'Assemblée générale des Actionnaires du Comptoir National d'Escompte vient d'avoir lieu sous la présidence de M. Alexis Rostand, président du Conseil d'Administration.
Les comptes de l'exercice 1913, se soldant par un bénéfice net de 18.064.816 fr. contre 17.892.721 fr. en 1912, ont été approuvés. Le dividende a été fixé à 40 fr. comme précédemment. Les parts de fondateur reçoivent 6fr. 8034 contre 6fr. 6481. L'excédent disponible, s'élevant à 395.286 fr., a été ajouté au solde non réparti des exercices précédents, qui atteignent maintenant 3.001.429 fr. L'Assemblée a réelu M. Alexis Rostand, Administrateur sortant, et M. Dieterlen, Membre sortant de la Commission permanente de contrôle.
Les résultats de l'exercice 1913 ont été légèrement supérieurs à ceux de l'exercice précédent, grâce aux efforts faits depuis de longues années pour étendre le réseau d'agences et pour atteindre une clientèle plus nombreuse.
Les dépenses nouvelles de construction, de coffres-forts, etc., ont été complètement amorties, ainsi que toutes créances douteuses.
Les réserves se trouvent, après répartition du bénéfice de 1913, portées au total de 38.983.707 fr. 80, non compris une réserve spéciale de 1.918.992 fr. 48 inscrits en contre-partie des 30.339 parts de fondateur rachetées.
---
UN BEAU CARACTÈRE CLASSIQUE
Si le caractère créé par Didot a fait l'objet d'innombrables imitations dont la plupart, on doit en convenir, sont fort banales, ce caractère lui-même a conservé sa haute distinction. Sérieux, presque grave, mais empreint de la simplicité superbe qui est le signe des belles choses, le vrai Firmin-Didot convient aux ouvrages descriptifs, aux monographies de villes ou de pays, aux études historiques, à toutes les productions intellectuelles empreintes d'un cachet de romantisme. Il s'harmonise avec les bois et se marie très heureusement aux phototypies en noir.
Ces caractères se trouvent en parfait état dans notre atelier.
IMPRIMERIE GAUTHIER-VILLARS ET CIE (1790-1914)
55, quai des Grands-Augustins, Paris, non loin du Pont-Neuf et de la place St-Michel.
Téléph.: GOBELINS 19-32 Texte imprimé en Firmin-Didot corps 16 UN REPRÉSENTANT EST ENVOYÉ SUR DEMANDE
Page 8
tous vos livres sous la main
avec la bibliothèque tournante
PARIS
31-Bouff-Haugmann angle de la rue Scribe.
TERQUEM
Envoi franco du CATALOGUE 1913 sur demande
PHOTOS D'ART
des Musées et Salons de Paris et Galeries étrangères. Gravures, Tableaux p' Appartements. ETUDES D'ART de tous genres. Cartes Postales illustrées. Portraits Miniatures sur email, agrandissements.
SUPERBE
CATALOGUE D'ART
avec 600 illust., 1 fr. 75, timbres français ou mandats de tous pays. BELLES COLLECTIONS de Photos et Cartes Postales, de 3 fr. à 100 fr.
ASTI : Songeuse
24/30, 1 fr. 75 franco
H. A. WEISS, Éditeur
23. rue d'Enghien, PARIS
BRUXELLES
POUDRE DE RIZ
AMBRE ROYAL
La plus lourde des Lourdes
VIOLET, PARFUMEUR, PARIS
LE GRAND HOTEL
entièrement remis à neuf en 1912 avec toutes les améliorations modernes. Grands & Petits Appartements avec Salle de bains, Toilette et Water-Closets privés.
Eau courante, chaude et froide, partout. — Toutes les chambres (depuis 5 francs) sont reliées au réseau téléphonique. — Billets de Chemins de fer et Enregistrement des bagages à l'Hôtel même. Renseignements et Tarif sur demande.
J. CURTET, Directeur.
TÉLÉPHONE 238.61
J. FÉRAL
EXPERT EN TABLEAUX
PARIS 7, Rue Saint-Georges, 7 PARIS
LIQUEUR BÉNÉDICTINE
CRÉDIT LYONNAIS
Société anonyme fondée en 1863 Capital entièrement versé : 250 millions
Siège Social : LYON, Palais du Commerce - Succursale : PARIS, Boulevard des Italiens
Dépôts de fonds à vue et à échéance fixe — Ordres de bourse (France et Etranger) — Avances sur titres — Dépôt de titres — Escompte et encaissement de coupons — Envois de fonds en France et à l'Etranger — Change de monnaies étrangères — Lettres de Crédit pour voyages — Souscriptions — Dépôts de bijoux, argenterie, etc. — Assurances — Garantie contre les risques de non vérification des tirages.
LOCATION DE COFFRES-FORTS
CHEMINS DE FER DE L'ÉTAT
PARIS A LONDRES VIA DIEPPE ET NEWHAVEN PAR LA GARE SAINT-LAZARE
SERVICES MATIN ET SOIR, TOUS LES JOURS (DIMANCHES ET FÊTES COMPRIS)
Trains luxueux - Puissants Paquebots à turbines, les plus rapides de la Manche MAXIMUM DE CONFORT
L'ADMINISTRATEUR-GÉRANT : CH. PEYRARD.
Page 9
PAUL VÉRONÈSE — PORTRAIT DE LA “BELLE NANI”
DANS L'ALLÉGORIE DE “LA VANITÉ”
SUR L'ART DE VENISE
C'est l'Art joyeux de la vie brève et facile. Pour les amants, pour les optimistes, jouisseurs d'un perpétuel Printemps, la peinture, mets savoureux d'un festin toujours prêt, naquit sur les bords de l'Adriatique, dans la lagune des trompeuses lunes de miel. Luxe de grands financiers, trophées des marins conquérants et mercantiles, oriflammes battant au souffle de l'aurore lilas et des couchants orangés, voiles bariolées, galères pleines des dépouilles de l'Est, joie d'adolescent qui sent ses muscles saillir sous le brocard et le velours, à tendre vers la République maternelle, mannes et coffrets alourdis du butin d'outre-mer; Venise, plus que Marseille, Porte de l'Orient, tu entretiens dans nos cœurs septentrionnaux, à un point extrême où nous nous sentons encore chez nous, la chaleur que combattent les frimas du Nord. Je t'aime et te salue avec gratitude.
Il en est, je le sais, qui dédaignent, pour légères et trop faciles, les blandices opalescentes, comme les pompes théâtrales de l'aisée création vénitienne; le verre de Murano, les coquilles et les laques se brisent au moindre choc, craquellent et se détruisent au rayon du soleil. Qu'importe? Pendant les heures qu'il me reste à vivre, je réjouirai ma vue et mon toucher de scintillements, de reflets et des vernis savants que ma main caresse. Mais ne pensons pas, ici, aux choses périssables, écartons l'idée de la mort.
Tel qui commença par Venise, ira sombrer, plus tard, dans le culte attristant de l'Espagne noire et jaune, ou dans les cathédrales gothiques.
Page 10
L'ART ET LES ARTISTES
ÉCOLE VÉNITIENNE — PORTRAIT D'HOMME (XVIIIe SIÈCLE)
Tel ne fut pas mon cas. A dix-huit ans, mon premier voyage d'artiste, je le fis dans les Flandres. Je viens de retrouver un album de croquis et de notes, prises au cours de mes visites aux musées de Bruxelles, d'Anvers et d'autres villes mornes : que cela est loin! je puis à peine me reconnaître en celui qui les traça. Etait-ce donc moi, cet admirateur des primitifs efflanqués, des Madones, mères des horribles Enfants-Jésus aux chairs blèmes? Le bon jeune homme triste que je devais être alors, je ne regrette pas de ne l'être plus. Mon ami Barrès se riait de moi quand, il y a deux ans à peine, en séjour à Venise, laquelle je découvrais sur le tard, je lui avouais mon amour pour la cité des pilotis.
« Eh ! quoi, est-il donc pour des hommes de notre âge, de se nourrir de ces reliefs ? » C'est que vous, mon cher ami, vous avez pris une autre voie; vous vous gaussiez, quand j'ignorais l'Italie et restais, avec mes œillères, sur les bords de la Seine et de la Tamise. Je préfère mon sort présent à mes mélancolies de naguère. Vous me taxerez de vanité et de manque de sérieux, vous avez raison devant l'Eternel; peut-être! Qu'en savons-nous? Mais je ne puis croire que j'aie tort, puisque je sens mon équilibre s'établir à mesure que j'avance dans la carrière. La jeunesse se passe de santé mieux que l'âge mûr. Je ne compris rien à Rubens, quand j'eus vingt ans. « Le décharné », comme vous dites, je lui préfère maintenant la chair duvetée et juteuse des beaux fruits de l'été, peut-être à cause que j'aurai mis trop longtemps à apprécier les matinées de soleil, dont les rais envahissent ma chambre, prometteurs d'un jour de confiance et d'illusion.
Insouciants touristes dans Venise, et ces journées où il vous suffirait, couché dans une gondole, de regarder les nuages en argent lamer, de leur image renversée et distendue, l'eau de la lagune! Je n'ai pas besoin des galeries publiques, ni des palazzi, ni des églises, pour me sentir, à Venise, plus peintre qu'ailleurs. J'y vis, j'y pense, j'y regarde en peintre et tout s'explique alors: c'est là que la peinture devint femme, comme une Vénus dont le corps serait le seul objet du culte de ses dévots.
Les yeux de la déesse, qu'expriment-ils? Je n'en sais rien; c'est la couleur de ses prunelles, que j'adore, c'est le tissu de sa peau, ses cheveux roux, son immense nonchaloir ambré.
Quand le mystérieux Giorgione naquit à Castelfranco, tous les campaniles de la Vénétie auraient
ROSALBA CARRIERA
JEUNE VÉNITIENNE DE LA FAMILLE BARBARIGO
Page 11
SUR L'ART DE VENISE
PIETRO LONGHI — SCÈNE DE CARNAVAL
dû se mettre en branle pour annoncer l'événement. Cet homme allait remplir de parfum les burettes à huile et les changer en cassolettes. Sans Giorgione, point de Titien, donc, point d'Ecole vénitienne jusqu'au XVIIIe s. — du moins rien de ce que les livres désignent comme la peinture vénitienne de la grande époque — point de Gréco, point de Velasquez ; quant à Chardin et aux coloristes français du XIXe siècle, je n'affirmerais pas qu'ils eussent été ce qu'ils furent, sans Venise.
Peindre pour le plaisir de manier de la pâte et de couler, dedans, des essences grasses et transparentes — sans idée, oui, surtout, Grâce à Dieu ! sans idée à exprimer ! — c'est en cela que, nous autres artisans, nous plaçons bien haut notre foi. Notre esprit, notre génie, notre caractère,
GHISLANDI — PORTRAIT D'HOMME (ACADÉMIE DES BEAUX-ARTS, VENISE)
nous les prouvons par l'acte de tenir le pinceau et d'étaler la peinture sur des surfaces planes. Si vous ne comprenez pas ceci, retournez-vous-en aux rétables du XVe siècle, vous êtes des archéologues, des littérateurs ou des amateurs de bibelots; des peintres ? non pas.
De Giorgione à Longhi — plus de deux fois cent ans — la peinture est une commère, travestie pour le Carnaval, qui va frapper à toutes les portes, les force, monte l'esca-lier en laissant partout d'ineffaçables traces de son passage. Elle entraîne avec elle un cortège de musiciens, de masques et de fous, quelques nègres et ces blondes dont Véronèse s'inspira. Tous les métiers travaillent pour elle : tisseurs, tailleurs et couturières, joailliers, orfèvres, teinturiers. Les architectes s'ingénient à lui plaire, car elle est