Page 1
L'ART ET LES ARTISTES 5e ANNÉE N° 57 REVUE D'ART ANCIEN ET MODERNE DES DEUX MONDES DIRECTEUR = FONDATEUR: ARMAND DAYOT. DECEMBRE 1909 - FRANCE... Net: 2 Fr. - ÉTRANGER Net: 2.50 RÉDACTION ET ADMINISTRATION - 10, RUE SAINT-JOSEPH : PARIS
Premières pages de l'ouvrage, en accès libre.
L'ART ET LES ARTISTES 5e ANNÉE N° 57 REVUE D'ART ANCIEN ET MODERNE DES DEUX MONDES DIRECTEUR = FONDATEUR: ARMAND DAYOT. DECEMBRE 1909 - FRANCE... Net: 2 Fr. - ÉTRANGER Net: 2.50 RÉDACTION ET ADMINISTRATION - 10, RUE SAINT-JOSEPH : PARIS
L'ART ET LES ARTISTES Directeur-Fondateur : ARMAND DAYOT Secrétaire : FRANCIS DE MIGNANDRE SOMMAIRE DU NUMÉRO 57 - GRANDS ET PETITS CHEFS-D’ŒUVRE: Electre et Oreste (Sculpture grecque. Musée national de Naples) (1 illustration). - JOHN DOWNMAN (11 illustrations) - LEON ROSENTHAL - RENOIR, Peintre de la Femme (12 illustrations) - GUSTAVE GEFFROY - CHARLES GIRON (10 illustrations) - CAMILLE MAUCLAIR - L’ART DÉCORATIF: De la Photographie (5 illustrations) - LÉANDRE VAILLAT Le Mois Artistique (1 illustration), par F. M.; Le Mouvement artistique à l’Etranger: Autriche, par William Ritter; Belgique, par G. Vanzype; Italie, par Ricciotto Canudo; Orient, par Adolphe Thalasso; Echos des Arts; Bibliographie (7 illustrations). Épreuves d’Art: Figure de Jeune Fille (peinture), par Henry de Morland; Miss Chambers, gravure d’après l’original de John Downman. --- ABONNEMENTS: France, 20 fr. — Étranger, 25 fr. Le numéro, 2 francs. Les avis de changement d’adresse doivent nous parvenir, accompagnés de 6 fr. 50 en timbres-poste, au plus tard le 25 pour le numéro du mois suivant. --- Les articles publiés par l’Art et les Artistes deviennent la propriété de la Revue. Tous droits de reproduction et de traduction réservés. --- J. ALLARD Galerie de Tableaux des Maîtres Modernes 20, Rue des Capucines, 20 --- J. FÉRAL EXPERT EN TABLEAUX PARIS — 7, Rue Saint-Georges, 7 — PARIS TÉLÉPHONE 238.61 ← TÉLÉPHONE 238.61 --- Galeries KLEINBERGER 9, RUE DE L’ÉCHELLE TABLEAUX ANCIENS Spécialité: ÉCOLES HOLLANDAISE ET FLAMANDE
PARFUM Camia V. RIGAUD PARIS 1, Faubourg Saint-Honoré. GOUTTES DES COLONIES Guérissent Instantanément Maux d'Estomac. Indigestion PH. CHANDRON, 20, rue Chateaudun, PARIS et toutes les Pharmacies. Le SIROP PHÉNIQUE de VIAL combat les microbes ou germes de maladies de poitrine, réussit merveilleusement dans les Toux, Rhumes, Catarrhes, Bronchites, Grippe, Enrouements, Influenza. PARIS, 20, rue de Chateaudun et toutes Pharmacies. CAPSULES DE QUININE DE PELLETIER Les Capsules de Quinine de Pelletier sont souveraines contre les Fièores, les Migraines, les Néoralgies, l'influenza, les Rhumes et la Grippe. Exiger le Nom: toutes Pharmacies Orfèvrerie "CHRISTOFLE" Une Seule et Unique Qualité La Meilleure Afin de l'obtenir exigez cette Marque et le Nom "CHRISTOFLE" sur chaque pièce. CHOCOLAT A LA TASSE PRÉVOST Le Même Chocolat en Tablettes le 1/2 kilo 3 fr. Chocolats Supérieurs 4 fr. et 5 fr. le 1/2 kilo. Chocolats de Ménage 1 fr. 70 et 2 fr. le 1/2 kilo. Grand choix de Bonbons au Chocolat QUALITÉ SUPÉRIEURE PARFUMS TRÈS VARIÉS MAISON FONDÉE EN 1827 39, Boul. Bonne-Nouvelle, PARIS 4, Allées de Tourmy, BORDEAUX
CRAYONS L. & C. HARDTMUTH La Corrida PARFUM ULTRA PERSISTANT PARFUM POUDRE LOTION SAVON 18 PLACE VENDÔME PARIS ED. PINAUD PHOTOS D'ART des Musées et Salons de Paris et Galeries étrangères. Gravures, Tableaux pour Appartements. ÉTUDES d'ART de tous genres. Cartes Postales illustrées. Portraits - Miniatures sur émail et agrandissements. Superbe CATALOGUE D'ART avec 600 illustr. 1 fr. 75, timbres français ou mandat de tous pays. BELLES COLLECTIONS de Photos et Cartes Postales de 3 fr. à 100 fr. HODERBERT. — Le Main. 24/30. 1 fr. 75 francs. H. A. WEISS, Éditeur 23, Rue d'Enghien, PARIS LARBAUD-S-YORRE La plus dosée en Acide carbonique libre de toutes eaux du BASSIN DE VICHY La plus froide 10° Contre Maladies du FOIE du REIN de l'ESTOMAC le DIABÈTE et l'ALBUMINURIE Se trouve en bouteilles et demi-bouteilles dans toutes les Pharmacies et bons Restaurants. Refuser toutes les Contrefaçons. GROS ET EXPORTATION : LARBAUD-S-YORRE, à VICHY. ÉTIENNE BOURGEY 7, rue Drouot, PARIS Comptoir National d'Escompte DE PARIS Capital : 200 millions de francs SIÈGE SOCIAL : SUCCURSALE : rue Bergère 2, place de l'Opéra Président du Conseil d'Administration : M. ALEXIS ROSTAND O.* Vice-Président, Directeur : Directeur, Administrateur : M. E. ULLMANN, O. M. P. BOYER, OPÉRATIONS DU COMPTOIR Bons à échéance fixe. Escompte et Recouvrements. Escompte de chèques. Achat et Vente de Monnaies étrangères. Lettres de Crédit. Ordres de Bourse. Avances sur Titres. Chèques. Traites. Envois de Fonds en Province et à l'Etranger. Souscriptions. Gardes de Titres. Prêts hypothécaires maritimes. Garantie contre les Risques de remboursement au pair. Paiement de coupons, etc. AGENCES 37 Bureaux de Quartier dans Paris. — 14 Bureaux de Banlieue. — 150 Agences en Province. — 11 Agences dans les Colonies et Pays de Protectorat. — 11 Agences à l'Etranger. LOCATION DE COFFRES-FORTS VILLES D'EAUX Stations Estivales et Hivernales Le COMPTOIR NATIONAL a des agences dans les principales Villes d'eaux. Ces agences traitent toutes les opérations comme le siège social et les autres agences, de sorte que les Etrangers, les Touristes, les Baigneurs peuvent continuer à s'occuper d'affaires pendant leur villégiateure. LETTERES DE CRÉDIT POUR VOYAGES Le COMPTOIR NATIONAL DESCOMpte délivre des Lettres de Crédit circulaires payables dans le monde entier auprès de ses agences et correspondants ; ces Lettres de Crédit sont accompagnées d'un carnet d'identité et d'indications et offrent aux voyageurs les plus grandes commodités, en même temps qu'une sécurité incontestable. SALONS DES ACCRÉDITÉS Succursale : 2, place de l'Opéra Installation spéciale pour voyageurs. Emission et paiement de Lettres de crédit. Bureau de change. Bureau de poste. Réception et réexpédition des lettres. Anciennes Maisons ANGE OTTOZ, Ch. BERTAUX, F. LEFEBVRE PH. LECLUSE, Fabricant 58, Rue de Clichy (IX), en face de la rue de Parme ATELIERS : 13, rue Eugène-Carrière (Monmarire) Tolles à Peindre. - Couleurs extra-fines broyées à la main. - Tolles pour l'Aquarelle, le Fusain, le Pastel. Matériel complet pour Artistes. Encadrements en tous genres. EXPERT EN MÉDAILLES Achat et vente de Médailles et Monnaies anciennes : Grecques, Romaines, Françaises et Etrangères
Échos de la Mode UN POINT sur lequel personne n'est d'accord depuis bien longtemps, c'est la nuance des cheveux. Depuis notre mère Ève on a chanté la blonde, mais depuis la reine de Saba on a prôné les brunes, et après sont venues les châtaines, les rousses, si bien que l'opinion n'a jamais pu s'affirmer carrément en faveur des unes ou des autres. Cependant la balance pencha et penche encore en faveur des blondes, d'autant plus que, dit-on, leur teinte va disparaître.... Oh!... d'ici quelques siècles : nous en verrons encore avant de mourir. Mais, enfin, l'effrayant pronostic est lancé, c'est une nuance qui s'éteint, une nuance qui meurt, la jolie gamme des «blonds» est destinée à ne plus chatoyer devant les yeux ravis, et, dans l'attente de cette catastrophe, on peut se demander par quels coloris on remplacera le blond cendré, le blond doré, le blond cuivré, le blond bruni, tous ces tons chauds et doux à la fois, triomphateurs séculaires, dédaignés pourtant lorsque le XVIIIe siècle les cacha sous l'empois de la poudre. En ce moment, avec les coiffures de hérisson qui nous distinguent, coiffures faites de postiches pour les trois quarts et demi, il est assez difficile de savoir au juste la nuance des chevelures, parce que tous les cheveux rapportés ont, si bien appa- reillés qu'ils soient, des reflets disparates. Dans le même chignon fait de fausses boucles, de fausses nattes, de faux rouleaux, il y a souvent du brun et du rossi, du blond et du jaunâtre : c'est plein d'imprévu, sinon plein de charme. Et le résultat de cette masse de postiches sera, n'en doutez pas, une anémie très grave des vrais cheveux étouffés sous le poids, n'ayant plus ni air ni lumière, deux choses indispensables à tout ce qui vit. Donc, nos cheveux mourront, à moins que nous ne conjurions leur dépérissement par des soins quotidiens autres que le peigne et la brosse; par des lotions avec l'Extrait Capillaire des Bénédictins du Mont-Majella, vraie médecine de la chevelure qu'il fortifie et fait repousser plus drue, plus souple et plus brillante que jamais. Ce produit tout spécial se trouve authentique chez M. l'administrateur Senet, 35, rue du 4-Septembre, où il vaut 6 francs le flacon, et 6 fr. 85 franco. Comtesse RÉGINE. PETITE CORRESPONDANCE Mère timorée. — Souvenez-vous que l'excès en tout est un défaut. A trop vouloir retenir vos enfants, vous leur donnerez peut-être l'envie de trop s'émanciper. Trouvez la note juste suivant leur caractère que j'ignore. Mme Coquette. — Si vous ne voulez pas renoncer au décolleté, arrangez-vous pour qu'il soit beau à voir. Vous y parviendrez sans fards avec le véritable Lait de Ninon, qui existe en trois tons : blanc, rosé et Rachel, et donne un éclat naturel. Prix : 5 francs, et 5 fr. 85 franco, à la parfumerie Ninon, 31, rue du 4-Septembre. C*se R. Les jouets sont vite oubliés pour sa « Phosphatine Falières ».
SALLE A MANGER LOUIS XVI MERCIER Frères Communiqué par Tapissiers Décorateurs à Paris Rue du Faubourg-Saint-Antoine, 100 Le Gérant : A. CHATRLAIN. CORBEIL — Imp. CRÉTÉ.
GRANDS ET PETITS CHEFS-D'ŒUVRE ORESTE ET ÉLECTRE Naples, Musée National. Cl. Alinari
Copyright by Henry Graves and Co Ltd. Col. de M. Franck Sabin. PORTRAIT DU CAPITAINE DOWNMAN ET DE SA FEMME (peinture.) JOHN DOWNMAN Dans le petit salon discret qui ménageait, à l'Exposition des Cent Portraits, la transition entre les splendeurs anglaises et les grâces de la France, quelques dessins attirèrent le regard. Ils séduisaient par leur légèreté, leur gaucherie même, par des qualités presque voilées ; ils n'avaient rien de la sûreté, de la rapidité décisive des crayons français, mais ils respiraient un sentiment délicat, une intelligence subtile du charme féminin. Leur timidité était d'autant plus aimable qu'elle contrastait fortement avec l'autorité, le brio qui, même chez Gainsborough, signaient les grandes pages britanniques. L'auteur de ces feuillets, inconnu naguère à la plupart des amateurs d'art, je dis les plus avisés, a brusquement acquis une notoriété sympathique : notre mémoire, comme notre admiration, se sont enrichies du nom de John Downman. Quelques curieux sagaces nous avaient déjà avertis. M. Dayot, dans sa Peinture anglaise, n'avait eu garde d'oublier Downman, et Bouchot, avec sa verve prestigieuse, l'avait, en une phrase, caractérisé. Pourtant nous étions excusables d'avoir négligé ces avertissements, puisque les Anglais eux-mêmes, après avoir longtemps oublié leur compatriote, commencèrent, il y a quinze ans à peine, à revenir à lui. C'est en 1893 que l'Amateur Art Exhibition attira l'attention publique sur Downman ; quel ques œuvres exposées aux Grafton Galleries en 1894 et en 1895 avivèrent encore la curiosité, et tandis que les collectionneurs se mettaient à rechercher les crayons dédaignés, que les marchands d'estampes faisaient graver ces pages exquises et que le public s'enthousiasmait, un historien d'art scrupuleux et diligent, le biographe de Cosway et des Miniaturistes, M. Williamson, consacrait à l'artiste un livre publié par les soins du Connoisseur en 1907. *** La vie de Downman fut, sauf un épisode romanesque, la plus unie qu'on puisse imaginer. M. Williamson en a recueilli les moindres circonstances, il
L'ART ET LES ARTISTES Downman fut enlevé par la « presse ». Pendant deux ans, malgré ses supplications, il ne put ni se faire libérer, ni donner de ses nouvelles aux siens : il était marié et avait deux enfants ; enfin, avec la compli- cité d'un matelot dont il avait fait le portrait, il parvint à s'enfuir. Il résida alors à Cambridge où sa femme s'était établie en son absence, et gagna sa vie en faisant des portraits au crayon. Les sous-gradués des Collèges étaient ses clients ordinaires ; parfois les hauts dignitaires s'adressaient aussi à lui. En 1779, il était de retour à Londres. Il fut, en 1795, associé à la Royal Academy, mais il ne fut jamais académicien. Il s'était fait, comme portraitiste, la clientèle la plus distinguée et la plus étendue. De 1804 à 1807, pour des raisons à nous inconnues, il quitta Londres, pour résider successivement dans un village de Kent, puis à Plymouth et à Exeter. Après cette fugue, il ne quitta plus Londres que pour aller dans les châteaux où, de toutes parts, on faisait appel à ses talents. Il mourut le 24 décembre 1824. * En 1770, lorsque le jeune Downman commençait ses études à Londres, Reynolds était dans tout l'éclat de sa gloire. Peintre génial et puissant organisateur, il avait créé une école nationale qu'illustraient, près de lui, ses émules et ses élèves. Cette floraison, les lecteurs de cette Revue ne l'ignorent point : ils en ont vu les témoignages aux Tuileries et une plume plus autorisée que la mienne leur en a retracé, ici même, la splendeur. Les noms et les œuvres de Gainsborough, de Romney, cadets de Reynolds et ainés de Downman, ceux de Beechey, de Raeburn, de John Hoppner, qui suivirent de près, sont aujourd'hui bien connus et l'on sait aussi comment, dans les premières années du xixe siècle, Sir Thomas Lawrence poussa jusqu'à l'exaspération les qualités brillantes de l'école sans en conserver, peut-être, tout le raffinement. Downman vécut près de cette pléiade étincelante, mais il n'en fut pas le satellite. Élève de Benjamin West, il échappa à l'autorité de Reynolds et se trouva entraîné, à la suite de son maître, Cl. Vizzavona. Coll. Tuffier. PORTRAIT DE JEUNE FEMME (d'après l'original) a étendu sa sollicitude à la famille entière de l'artiste. Ce soin puéril et touchant de dire « toute la parenté », cette accumulation de détails minutieux, ne sont pas indifférents : ils concourent, comme sous la plume de Dickens, à déterminer un portrait fort vivant. Vous entendez bien, ce néanmoins, que nous userons de moins d'exactitude. Downman naquit vers 1750. Son père, homme de loi, averti des dispositions précoces de son fils pour le dessin, le fit étudier à Chester, à Liverpool, puis à Londres. En 1768, John Downman était élève de la naissante Royal Academy ; il y reçut les leçons de Benjamin West. Il prit part aux expositions depuis 1770. Vers 1775, il lui arriva un accident extraordinaire : il était allé visiter un de ses oncles qui demeurait au bord de la mer ; à ce moment l'Angleterre luttait contre ses colonies d'Amérique révoltées ; elle manquait de matelots et l'on raflait les habitants des côtes pour les embarquer de force.
L'ART ET LES ARTISTES par le courant classique, que Winckelmann avait suscité et qui, à la fin du xvm^e siècle, s'étendit sur toute l'Europe. La peinture héroïque réussit mal en Angleterre ; les stylistes britanniques, Flaxman, Barry, Westall, Northcote, etc., n'ont guère laissé que des noms pompeux. Les tableaux classiques que Downman exposa avec une louable persévérance sont, à jamais, oubliés. De même la page qu'il fournit à la Galerie de Shakespeare, entreprise jadis célèbre de Boydell, est ensevelie dans la paix profonde où repose aujourd'hui toute cette publication. Faut-il ajouter que le plus grand nombre des portraits à l'huile peints par Downman sont perdus ou ignorés. Ceux que l'on connaît sont d'une belle allure, d'une facture énergique, mais font plus honneur, en somme, au génie anglais qu'à la personnalité de l'artiste. La vogue actuelle qui s'attache à son nom amènera, sans aucun doute, de ce côté des découvertes intéressantes, mais le vrai Downman n'est pas encore là. Où est-il donc? Demandez-vous ce qui demeurerait d'Ingres s'il n'avait laissé que ses crayons, ou de La Tour si nous ne possédions que ses préparations. Downman n'est ni Ingres, ni La Tour, mais ce rapprochement fera comprendre tout de suite ce qui survit de lui. \* Les portraits magnifiques de Reynolds et de ses émules n'étaient accessibles par leur prix, par leurs dimensions, par leur éclat, qu'à une élite aristocratique, et ceux mêmes qui les avaient acquis pouvaient désirer encore des images plus intimes ou plus modestes. Il se créa à Londres une école de miniaturistes : Richard Cosway, Mary Cosway, Osias Humphrey, Samuel Shelley furent bientôt en vogue. Leurs œuvres ne différaient pas uniquement des grandes toiles par leur exiguité. A la profondeur du coloris, à la richesse des harmonies, à l'agencement emphatique qui convenaient aux pages magistrales, elles substituaient la fraîcheur de notations légères. Cette légèreté séduisit par contraste et, à ce moment, Bartolozzi vint opposer aux orchestrations impérieuses des graveurs en manière noire, l'indécision, le flou grisâtre du pointillé. Copyright by Henry Graves and Co Ltd. MISS ANN CULLING SMITH Telles furent les circonstances qui favorisèrent Downman. Il avait été, à Cambridge, contraint à dessiner des portraits au crayon. Il fut à Londres un portraitiste réputé pour les crayons et l'aquarelle. De plus, il avait pris l'habitude, lorsqu'il faisait un portrait, d'en garder le souvenir en un croquis rapide. Ces croquis furent réunis en albums. Quelques-uns de ces albums ont disparu ou ont été décomposés. D'autres, longtemps conservés à Butleigh Courts, appartiennent à Mrs Maitland. Le British Museum en conserve un. C'est un volume in-quarto sur les feuillets duquel Isabella Downman, fille de l'artiste, avait collé quarante-sept dessins de son père. Une quinzaine des plus importants en ont été distraits pour être encadrés et exposés au public. Portraits au crayon ou aquarelles, croquis et esquisses constituent les vrais titres de gloire de l'artiste. \* Pages inégales, pages charmantes. Elles séduisent,

Cette publication est le numéro 57 de la revue "L'Art et les Artistes", datant de décembre 1909. Elle couvre l'art ancien et moderne, avec des articles sur la sculpture grecque, des peintres comme Renoir et John Downman, ainsi que des sujets d'art décoratif et de photographie. Le numéro inclut également des chroniques sur le mouvement artistique international, la bibliographie et des épreuves d'art.