Extrait

Premières pages de l'ouvrage, en accès libre.

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L'ARCHITECTE RECUEIL MENSUEL DE L'ART ARCHITECTURAL PUBLIÉ AVEC LE CONCOURS DE LA SOCIÉTÉ DES ARCHITECTES DIPLÔMÉS PAR LE GOUVERNEMENT COMITÉ DE DIRECTION : MM. A. ARFVIDSON, L. H. BOILEAU, L. BONNIER, BOUWENS DE BOIJEN, A. DEFRASSE, AD. DERVAUX, ROGER EXPERT, TONY GARNIER, CH. LETROSNE, P. PATOUT, H. SAUVAGE, L. SOREL, A. VENTRE CONSEILLER TECHNIQUE : MICHEL ROUX-SPITZ RÉDACTEUR EN CHEF : J. PORCHER NOUVELLE SÉRIE 8e ANNÉE N° 9 SEPTEMBRE 1930 PARIS ÉDITIONS ALBERT LÉVY LIBRAIRIE CENTRALE DES BEAUX-ARTS 2, Rue de l'Échelle

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SOMMAIRE du numéro de "L'Architecte" de Septembre 1930 PLANCHES Pl. 49 à 52. — Villa, à Poissy (Seine-et-Oise)… LE CORBUSIER et P. JEANNERET. Pl. 53 et 54. — Maison d’habitation avec atelier, à Paris ………………………………………… LE CORBUSIER et P. JEANNERET. Correspondants.- Allemagne : Adolf Goetz, Eppendorferstieg, 6, Hambourg-36.- Autriche : D’Ermers, Schegargasse, 17, Vienne. Agence générale pour la Belgique : Librairie A.-L. DE MEULENERE, 21, rue du Chêne, Bruxelles. Tous les droits sur les articles et les reproductions sont réservés pour tous pays. Les articles parus dans “L’Architecte” deviennent la propriété de la revue. FRANCE … Le numéro 12 fcs. — L’abonnement (12 numéros) ………………………………………… 120 fcs ETRANGER … 1°. Pays ayant adhéré à la convention de Stockholm (tarif postal abaissé) le numéro 14 fcs. L’abonnement (12 numéros) ………………………………………… 140 fcs 2°. Autres pays: Angleterre et ses Colonies et Dominions (Canada excepté), Danemark, Dantzig, Etats-Unis, Colonies hollandaises, Italie et Érythrée, Norvège, Palestine, Suede, le numéro 16 fcs. L’abonnement (12 numéros) ………………………………………… 160 fcs France 150 fcs. — Etranger. 165 fcs L’année parue (nouvelle série, 1929, 1925, 1926, 1927, 1928) ………………………………………… 12 fcs. — 15 fcs Portefeuille destiné à contenir une année ………………………………………… ÉDITIONS ALBERT LÉVY, 2, RUE DE L’ÉCHELLE, PARIS (1er). LIBRAIRIE CENTRALE DES BEAUX-ARTS Cheques postaux: Paris 6690 — R.C. Seine 64.696 — Adresse télégraphique: Edalvyde-Paris — Téléphone: Louvre 33-87. --- SOCIÉTÉ DES BREVETS HALLER, 11bl, AVENUE VICTOR-HUGO, PARIS - TÉLÉPHONE : PASSY 98-90, 98-91 LE PLANCHER RAPIDE SYSTÈME BREVETÉ sans coffrage CREUX, LÉGER, INSONORE, ISOLANT, ÉCONOMIQUE, TRANSPORTABLE Fabrication sur Chantiers pour travaux importants LE BLOC RAPIDE SYSTÈME BREVETÉ A DOUBLE PAROIS, ISOLANT, INSONORE, LÉGER ÉCONOMIQUE, TRANSPORTABLE Concessions pour tous départements --- BÉTONS ARMÉS HENNEBIQUE A L’ÉPREUVE DU FEU (BREVETÉ S.G.D.G.) | Plus de 1500 Agents et Entrepreneurs-Concessionnaires GRANDS PRIX A TOUTES LES EXPOSITIONS Direction et Bureau technique central : 1, rue Danton, PARIS (6e) (Tél.: LITTRÉ 43-43 — Adr. Télégr.: HENNEBIQUE-25-PARIS) RENSEIGNEMENTS, BROCHURES, PLANS ET AVANT-PROJETS GRATUITEMENT SUR DEMANDE --- CHEVILLE RAWL EN FIBRE POUR FIXER DES VIS A BOIS ORDINAIRES EN TOUS MATÉRIAUX 35, Rue Boissy-d’Anglas PARIS (8ème) ou chez les Quincailliers ou Gme-Magasins --- GENTILE ET BOIDEL TÉLÉPHONELES ETABLISSEMENTS ADAPTÉE AU TÉTELIL 30/91 SOCIÉTÉ ANONYME AU CAPITAL DE 2260.000 $ SIÈGE SOCIAL 169 RUE DU VIEUX-PONT-DE-SEVRES BILLANCOURT GRÈS FLAMMÉS ET MOSAIQUES AGENCE SPÉCIALE DE DESSINATEURS POUR L’EXÉCUTION DE TOUS AVANT-PROJETS POUR L’ADAPTATION DE NOS GRÈS • 10 GRANDS PRIX • MEMBRE DU JURY AUX EXPOSITIONS. LAUREATS DE LA SOCIÉTÉ CENTRALE DES ARCHITECTES : FONDATION PAUL SEDILLE

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L'ARCHITECTE --- Fig. 90. — Villa, à Poissy. — Vue générale. Cl. Gravot EXPLICATION DES PLANCHES PLANCHES 49 à 52. — Villa, à Poissy. — PLANCHES 53 et 54. — Maison d’habitation avec atelier, à Paris. — LE CORBUSIER et P. JEANNERET, architectes. Ces deux constructions illustrent de la façon la plus claire les tendances maîtresses des deux architectes associés. M. Le Corbusier a formulé à maintes reprises, dans ses livres et dans ses articles, ses idées sur ce que doit être l’architecture de notre temps : idées vigoureuses, exposées avec un talent remarquable, et dont le moins que l’on puisse dire est qu’elles ont fait quelque bruit. Ses écrits, autant que son action personnelle, ont valu à M. Le Corbusier des admirateurs enthousiastes ainsi que des ennemis solides. L’un ne va pas sans l’autre. C’est qu’il est de ceux avec lesquels il semble que l’on ne puisse guère composer, et les solutions qu’il préconise pour nos demeures ou nos villes forment un ensemble si cohérent, d’une tenue logique si impeccable, qu’il faut bien ou les rejeter, ou, les prémisses admises, les accepter toutes. C’est là sa grande force, et un peu, aussi, sa faiblesse. Il se plaint parfois d’être imité plutôt que parfaitement compris, comme c’est le lot de tous les novateurs : « Ne faites pas du Le Corbusier », recommande-t-il à ses disciples; mais ce n’est pas si commode. Il pourrait ajouter que, quel que soit leur zèle, ils ne feront jamais que du faux Le Corbusier, et que, création personnelle, une discipline, architecturale ou autre, n’est féconde qu’animée par un tempérament personnel : elle doit agir comme un stimulant, et sus-citer, non dicter. Mais c’est aux disciples à savoir en tirer parti, et, au vrai, aucune discipline, si stricte, si exigeante soit-elle, n’a jamais stérilisé le talent. Nous ferons ici, à propos des planches que nous publions, un tableau succinct de ces idées, sans nous faire faute, d’ailleurs, de citer leur auteur lui-même le plus possible. On pourrait, croyons-nous, les faire tenir en deux mots : mouvement et légèreté. Nos maisons sont des masses fixes et encombrantes. Alors que la vie se transforme autour d’elles, elles sont là, lourdes, gênant toute amélioration du plan urbain à moins de peines incroyables et congestionnant, par leur inertie, une circulation qui se fait de jour en jour plus active. On dira que, par définition, un immeuble est immobile. Le Corbusier le soulève : théorie des pilotis ; il débarrasse le sol ; le plan d’implantation et celui des communications ne sont plus étroitement solidaires, la vie au repos cesse d’emprisonner la vie en mouvement, les rues sont libres. Autre avantage, le sol est en partie récupéré, prolongeant non seulement la rue dans les villes, mais, à la campagne, le jardin. Gain de place et, partant, gain d’argent. Mais il y a plus. Lourde, la maison ne l’est pas seulement au sol. Le sol est délivré, il faut aussi délivrer l’habitant. Comment ? Par l’ordre : « Nous vivons dans des appartements. L’appartement est un ensemble d’éléments mécaniques et architecturaux assurant notre sécurité et notre confort. Parlant d’urbanisme, on peut considérer l’appartement comme une cellule. Les cellules, par la vie en société, sont astreintes à des modes de groupement, à des coopérations ou à des antagonismes qui constituent SEPTEMBRE 1930

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L'ARCHITECTE Fig. 91. — Villa, à Poissy. — Plan du rez-de-chaussée. petit à petit dans l'ordre, par jeu de conséquences, un système de groupement des cellules, dans l'intention d'opposer un fait bienfaisant au chaos asservissant. « Voyons l'incohérence de l'habitat moderne et combien la liberté (verbale, verbeuse) que poursuit passionnément le « Parisien » est un leurre, une idée fixe qui couvre un fait défaillant. « Premier pauvre diable : le concierge, loge minuscule, atmosphère mortelle ; vigie pleine d'arbitraire; vous êtes libre d'en agir chez vous contre l'usage, ou bien vous êtes harcelé par une harpie, suivant votre état de grâce auprès de ce dieu lare; pendant que « la concierge est sortie », que « la concierge est dans la cour », que « la concierge est dans l'escalier », vos visiteurs chercheront en vain à vous atteindre : la concierge est introuvable. Mais chez vous, « enfin seuls ! » Bast! phonographe, piano, cris ou roucoulement dessus, dessous, à gauche ou à droite. Vous êtes « sandwiché » entre trois ou quatre voisins; vous êtes un caillou dans un poudingue... Repos hebdomadaire des domestiques : c'est nous qui nous servons. Si vous aimez recevoir le soir, vos domestiques ne marcheront pas; vous avez des révoltes du palais. Vous aimeriez parfois donner une fête; où? dans votre salon? Petit le salon, et à dix heures du soir vos voisins entendent dormir... Culture physique : la salle est à une demi-heure, à une heure de chez vous; on vous y réclame 100 et 200 francs par mois: vous n'y allez pas, c'est trop mal commode. Vous résigner à faire du « système Muller » dans votre chambre à coucher ? il faut une volonté de fer qui vous abandonne à la troisième l'un des éléments essentiels du phénomène urbain. En gros, nous nous sentons libres dans notre cellule (et nous rêvons d'habiter quelque part une maison isolée pour assurer notre liberté); la réalité nous montre que le groupement des cellules porte atteinte à notre liberté (et nous rêvons d'habiter... etc.); la vie en communauté est une astinction imposée par le fait même de la ville (événement irrésistible) et souffrant dans notre liberté compromise, nous rêvons (bien chimériquement) de briser le phénomène collectif qui nous enchaine. « Il est possible, par l'ordonnance logique des cellules, d'atteindre à la liberté par l'ordre. Ayant cherché depuis longtemps à fixer certaines vérités fondamentales de la cellule (réforme de l'appartement et de la construction de l'appartement), j'ai échafaudé

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L'ARCHITECTE tentative après les réveils toujours trop tardifs du matin : on ne fait pas de culture physique. « Ravitaillement : la petite bretonne s'en va chez le Potin du quartier, beaucoup de temps perdu, et tout cela très cher. Ah! votre auto ? Le garage à dix minutes ; s'il pleut vous rentrez trempé, malgré votre auto. Les enfants sont conduits pour jouer au Luxembourg, aux Tuileries, au Parc Moneau, etc., à vrai dire les enfants qui ont une nounou ou une « mademoiselle » (1). D'où la conception des Lotissements fermés à alvéoles, ou immeubles-villas, dont la première étude détaillée fut exposée au Salon d'Automne de 1922. Les immeubles y forment un quadrilatère fermé, relié aux immeubles voisins par delà la rue, dont les façades tournent le dos à la rue et ouvrent sur les parcs intérieurs de 4 hectares. Point de cour ni de courette. Chaque appartement est en vérité une maison à deux étages, une villa ayant son jardin d'agrément, à n'importe quelle hauteur. Ce jardin forme une alvéole de 6 mètres de haut par 9 mètres de large et 7 mètres de profondeur, ventilée par une grande trémie de 15 mètres carrés de section; l'alvéole est une prise d'air; l'immeuble est comme une immense éponge qui prend l'air; l'immeuble respire... La rue n'est pas que celle des voitures, elle se continue en hauteur par les vastes escaliers avec ascenseurs et monte-charges qui desservent chacun 100 à 150 villas; elle se poursuit encore à diverses hauteurs par les passerelles qui franchissent la chaussée et se prolongent en corridors sur lesquels ouvrent les portes des villas. Derrière chacune de ces portes, une villa; chaque villa occupe un cube parfaitement exact et chacune d'elles est totalement indépendante (1) Urbanisme, p. 202 et suivantes. de sa voisine; les jardins suspendus l'en séparent. La rue est encore dans le garage qui se trouve à niveau de la chaussée et sous une partie du dessous de celle-ci; chaque villa a son garage. Cette chaussée est entièrement construite de béton et elle ne reçoit que la circulation légère des automobiles; elle est en l'air, sur pilotis. Les camions lourds, les autobus sont au-dessous, sur la terre et les camions peuvent accoster directement aux docks des immeubles qui sont les rez-de-chaussées; il n'y a plus jamais de ces stationnements désastreux au bord des trottoirs, qui embouteillent les rues aujourd'hui et coupent la circulation des piétons. Les canalisations de la ville sont à l'air libre et désormais les terrassiers ne creuseront plus de tranchées. Il y a sur le toit de l'immeuble une piste de 1.000 mètres où l'on court à l'air pur. Là-haut encore se trouvent les gymnases où des maîtres de gymnastique feront travailler utilement chaque jour les