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L'AMOVR DE L'ART LA CHASSE
Premières pages de l'ouvrage, en accès libre.
L'AMOVR DE L'ART LA CHASSE
Pour célébrer le XXXe anniversaire de sa parution A l'occasion de la Donation Paul Gachet au Musée du Louvre L’AMOVR DE L’ART publie un grand album d’Art VAN GOGH et les peintres d’Auvers chez le Dr Gachet TEXTES DE André Malraux ET Michel Florisoone Conservateur au Musée du Louvre Reproductions inédites en planches offset 7 couleurs grand format in-4° de Van Gogh --- L’église d’Auvers --- Cézanne --- Fleurs dans un vase de Delft --- Sisley --- Vue du canal St Martin --- Cl. Monet --- Chrysanthèmes --- Pissarro --- Le bac de La Varenne --- Renoir --- Portrait de jeune femme --- et 65 documents en hélio noir. Édition originale : un album grand format in-4° 28 × 37 sur papier Alfa des Papeteries Prioux planches sur support, relié pleine toile sous jaquette couleur reproduisant la dernière palette de Van Gogh. - Edition originale numérotée. - Tirage à 2.550 exemplaires. Prix en souscription jusqu’au 10 Novembre 1952 : Fr. 1.750 - Prix de vente : Fr. 1.900 Une édition spéciale de cet album est destinée exclusivement aux abonnés de la revue. Cet album constitue le fascicule 64-65-66 de la revue. Il paraîtra le 10 Novembre 1952.
GUERLAIN PARFUMEUR A PARIS DEPUIS 1828
L'AMOVR DE L'ART la chasse SOMMAIRE Converture : Portrait de Desportes chasseur --- Musée du Louvre --- Nemrod. --- par Claude Aveline --- Veneurs d'hier --- par le Baron Karl Reille --- Chez les Guerriers d’Asie. --- par Jeannine Auboyer --- “Chasse aux lions”. École Safavi --- Musée Guimet --- La Chasse à courre.. --- par Montpezat (Coll. Hermès) --- Le Musée de la Chasse à tir et de la Fauconnerie de Gien --- par V. P. --- Chiens de Vénérrie --- par Charles Hallo --- Chiens forçant un lièvre.. --- (XVe siècle) École Lombardе --- La Chasse dans les grandes civilisations.. --- par Bernard Champigneulle --- Dianes .. --- par Henriette Vermond ---
nou 1858 St-Hubert par DURER. (Photographie Giraudon.)
Tout se dérobe devant l’homme, tout le fuit. Jusqu’à lui-même. Ce n’est pas assez de dire qu’il est naturellement seul : il est vide. Avec la conscience terrible de ce vide, et la soif de le combler. Alors, il chasse. La bête, — pour combler ce vide matériel qu’est la faim, — l’étranger, — qu’il baptise ennemi, et dont il a fait la cause de son mal intérieur, — la femme, la joie, la richesse et le pouvoir, le mystère ou la science. L’homme chasse comme il respire, il ne respire qu’en chassant. Quand bien même il n’atteindrait jamais l’objet de sa poursuite, il lui faut au moins la course, qui brise l’atmosphère immobile, pesante, solide où il étouffe pour y provoquer un peu d’air. Un symbole n’a pu devenir poncif que s’il contient une part vaste et durable de certitude. Toutes les images qui nous viennent de la chasse, par ses légendes comme par son éblouissant vocabulaire, un simple appel de pensée suffit à ressusciter leur éclat, et nous voici jetés dans la lumière presque intolérable des grandes vérités nues. Nemrod et la puissance, Diane et la vertu, Apollon et la gloire, Robin des Bois et la liberté, NEMROD par Claude Aveline Céphale ou Actéon et les erreurs mortelles, Hercule et le courage, Méléagre et la haine, Adonis et la fuite vertigineuse de la jeunesse, saint Germain et l’orgueil, saint Hubert ou saint Eustache et la révélation, saint Julien et la fatalité, l’Amour et l’amour. Des flèches volent dans tous les sens, vers les monstres, les vierges, les fantômes, les étoiles. Et derrière l’arc dont les vibrations meurent sous des mains à présent tremblantes, un corps tendu, un regard angoissé interrogent le mince destin qui fend l’air. Toucher son but! Le tableau que nous donne du monde la chasse à courre, si gracieuses qu’en soient les figures, évoque les guerres de prestige, les mises en scène affolantes, les traquenards, les cent-contre-un. Elle a fait naître des mots splendides, qui sont trop aisément passés dans le langage de chaque jour : ils correspondaient à un ‘‘ besoin ’’. L’affût, les rabatteurs, la meute, le hourvari, l’hallali, la curée, à cor et à cri. Et certains verbes de la victime ou des bourreaux, détourner, débusquer, prendre le contre-pied, forcer, traquer, aller sur les brisées, chercher des faux-fuyants, donner le change… On a chassé ou l’on chasse également à la glu, au furet, au guépard, au faucon, à la chausse-trape, à la carabine, à la dynamite, aux gaz
asphyxiants, aux V 2. Cette forme de chasse est repoussante, qui méprise ou qui craint l’adversaire au point de trouver savoureux n’importe quel moyen de l’abattre. Entre un oiseau du lac Stymphale et une bécasse commune, il n’y a pas seulement une différence de taille. C’est une cruelle déchéance que de considérer la mort comme le prix d’un jeu d’adresse, que de l’infliger sans la risquer soi-même. Sans doute tout chasseur peut-il faire sienne une des raisons d’Hercule, devant des bêtes nuisibles. Lequel y songe, parmi les bedonnants citadins qui parcouront les champs et les plaines derrière leur chien, le fusil prêt, en se félicitant d’avoir su se lever à quatre heures du matin? Tartarin rêvait au moins à un lion. La chasse est le prétexte de rencontres joyeuses, de marches hygiéniques à travers les terres labourées, et de gueuletons qui en font perdre aussitôt tout le bénéfice. Un sport comme un autre, paraît-il : mais on n’a jamais fait saigner une balle de tennis ou un ballon rond. Il paraît en outre que personne ne communique jamais mieux avec la nature que le chasseur. J’ai connu un autre amant de la nature, qui, dans son enthousiasme éperdu, de sa canne décaptait les fleurs. Il est vrai qu’elles étaient sauvages, elles aussi. Quel symbole veut-on découvrir dans cette chasse-là? Je préfère remonter à l’origine de tout. “ Chus engendra Nemrod : celui-ci fut le premier un homme puissant sur la terre. Ce fut un vaillant chasseur devant l’Éternel. ” Et la Genèse ajoute : “ Le commencement de son empire fut Babel. ” Oui, ce fut un vrai chasseur que celui qui tenta d’élever une tour assez haute pour monter jusqu’au ciel. Et tant pis, si un dieu jaloux vient généralement renier les entreprises téméraires par où l’homme s’efforce de s’égaler à lui! Babel peut provoquer d’inconcevables désordres, rendre le premier des rois incompréhensibles à ses frères et les frères entre eux ; une tunique magicienne peut s’incruster dans les chairs du plus grand des héros ; un sanglier percer le flanc du plus beau des mortels ; chacun a le droit de se dire en mourant qu’il a su vivre : il a chassé sans trêve plus fort que lui. Tandis que ma rêverie plonge aux leçons des chasses légendaires, où le péril ajoutait à la pureté de l’exaltation et du désir, dans un monde de piétinements, de halètements, de battements d’ailes, un vers m’obsède, qui a de quoi surprendre ici, car il n’a rien à y faire : C’est peu de t’avoir fui, cruel, je t’ai chassé...
Veneurs d'hier LA vénérerie est un art essentiellement français, subtil et fin en même temps qu'un sport salubre et fortifiant, un exercice de plein air où le vent, la pluie, le froid et autres intempéries ne doivent pas plus rebuter que la fatigue ou la crainte de bronchites ou de rhumatismes. Aussi les profanes se font-ils du veneur une idée souvent fausse : une manière de rustre, buvant sec, parlant gras, la pipe au bec, vêtu de rouge, de bleu ou de vert, botté jusqu'à mi-cuisses, galopant à perdre haleine à travers la campagne, franchissant toutes sortes d'obstacles à la poursuite d'un gibier qu'il a voué à la mort. Dans les poèmes et les légendes, cela fait bien, mais la réalité en est assez éloignée. Les veneurs sont fort différents
les uns des autres. Si certains font figure de véritables hommes des bois, d'autres ont des goûts intellectuels et artistiques très développés, maniant avec bonheur plume ou pinceau. Le comte d'Osmond, le comte Le Couteux de Canteleu, le marquis de Charnacé, le comte de Chabot ont écrit de fort jolies pages, le marquis Robert de l'Aigle a lavé de charmantes aquarelles, tandis que Mme la duchesse d'Uzès a pratiqué la sculpture avec beaucoup de bonheur. Certains furent mordus par le démon de la politique ; d'autres furent de grands industriels. Beaucoup ont acquis dans leur pays une situation sociale prépondérante et une influence qui fut tout à leur honneur. Le XIXe siècle a vu la fin d'une des plus nobles lignées de vendeurs : les princes de Condé. Le dernier représentant de cette illustre maison Louis-Henri-Joseph, duc de Bourbon (1756-1830), put, dès la Restauration, remonter ses équipages avec un luxe de bon aloi et un soin de connaisseur. De 1818 à 1830, l'astre de la vénerie brilla à Chantilly d'un éclat incomparable. La légendaire tenue ventre de biche à parements rouges avait pu reparaitre sous les frondaisons automnales de l'Ile-de-France. Hélas ! elle disparut à jamais en 1830 et la patère où on la suspendit fut une tragique espagnolette. La chasse du loup a été longtemps le courre favori des vendeurs de race et dans les provinces de France où ce carnassier faisait des ravages, sa poursuite était très populaire. Dans le Pas-de-Calais, la célèbre baronne de Draeck n'échappa à la guillotine révolutionnaire que grâce à la guerre sans merci qu'elle faisait aux loups et autres nuisibles. Dans le Nivernais et le Charolais, dès 1820, MM. de Vitry, de Pracomtal, Charles Brosse, César de Moreton, Jourdan du Mazot, etc., firent résonner le Morvan des abois de leurs vaillantes meutes et de leurs joyeuses fanfares. Sous Louis-Philippe, la société Piqu'Avant Morvan fit place au Rallye-Bourgogne, présidé par le marquis de Mac Mahon. Doué d'une adresse prodigieuse et d'une grande énergie, le marquis de Mac Mahon n'aimait que la chasse fond de train, les chevaux de pur sang et les chiens anglais les plus rapides. Par malheur, il avait la vue assez basse et l'oreille un peu dure. Un jour, en forêt d'Othe par un temps chaud où les chiens avaient du mal à attaquer, un des vendeurs, profitant d'une absence momentanée du marquis, enfonce son mouchoir dans sa trompe et entonne un bien aller. Les camarades en sont autant. A ce concert subit et lointain, le marquis, surpris, arrête son cheval; il a sûrement entendu des trompes à grande distance. Le voilà parti comme un ouragan pour faire le tour de la forêt. A la fin de la journée, il reparait au moment de l'hallali, ne pouvant s'expliquer comment la chasse lui avait échappé d'aussi singulière façon. Si les collines du Morvan ont gardé le souvenir des folles chevauchées du marquis de Mac Mahon, les échos du Nivernais retentissent encore des prouesses du comte d'Osmond. Propriétaire du château de Pontchartrain en Seine-et-Oise, le comte Rainulphe d'Osmond avait passé sa première jeunesse à voyager. Doué de tous les avantages physiques, rompu aux exercices du corps, cavalier émérite, adroit tireur, musicien et écrivain, il était le type accompli du grand seigneur. Un accident terrible en septembre 1852, dû à l'éclatement de son fusil, le priva de l'usage d'un bras ; il fut impossible de conserver le membre atteint ; l'énergie et la vigueur du comte triomphèrent et six semaines après l'accident, il remontait à cheval, le bras en écharpe. Ce jour-là, on courait le cerf en forêt de Rambouillet : Osmond entend la trompe, la voix des chiens, les cris des vendeurs. Son sang ne fait qu'un tour. Sans plus se soucier de sa blessure à peine cicatrisée, il s'élance vers la chasse et arrive le premier à l'hallali, à l'ahurissement et à la grande joie de tous ses amis. Bien que je ne veuille guère parler des vivants, je tiens cependant à signaler que le même accident arriva en automne 1936 au baron de Champchevrier. Celui-ci, alors que d'Osmond était en pleine jeunesse, avait passé 70 ans. Il eut le bras droit emporté et un mois et demi après, il rechassait à cheval. Le comte d'Osmond se fit faire un gros bracelet de cuir muni d'un crochet et s'en servait avec une dextérité extraordinaire. Il chassa d'abord seulement en Halatte puis fit construire dans la Nièvre, contre la forêt de Charnouveau, une habitation qu'il appela
« la Vénérrie ». Dans cette demeure d'un goût douteux quant à l'extérieur, tout rappelait la chasse : emblèmes, attributs, tentures, cheminées, fauteuils, etc. Des réceptions splendides s'y déroulaient, notamment à l'époque de la saint Hubert. Le vautrait du comte d'Osmond était fastueux : 3 hommes à cheval, 2 à pieds, 2 valets de chenil, 80 chiens, 14 chevaux de selle, un mulet de bât et 4 paires de chevaux d'attelage. Il chassait en Halatte et dans la Nièvre, couplant quelquefois avec les vautraits voisins. C'est au cours d'un hallali en forêt de la Bertrange, où un bon ragot, mis aux abois par les équipages d'Osmond et d'Anchald, fonça sur la trompe d'un piqueur qui l'avait appuyée à un buisson et au milieu de la meute qui le harcelait, continua sa route, la trompe en sautoir. Le comte d'Osmond proposa un jour aux vendeurs français l'épreuve suivante : prendre douze cerfs de suite sur douze attaques dans les bois très vifs en animaux qui entouraient la Vénérrie. Le défi fut relevé par le grand veneur poitevin, le vicomte Émile de la Besge. Celui-ci arriva un beau jour à la Vénérrie pour déjeuner : il avait fait la route de Persac dans la Vienne à la Vénérrie, à cheval, son baluchon sur sa selle, suivi de son piqueur et de douze admirables chiens poitevins. Malgré les circonstances atmosphériques défavorables, le pari fut gagné sans difficulté. Il est vrai que M. de la Besge avait, chez ses voisins du Poitou, choisi six de leurs meilleurs chiens qu'il avait joint à ses six chiens de tête. Ces bâtards poitevins, tous de change, de grand pied, chassèrent avec l'ensemble le plus parfait. Le vicomte Émile de la Besge était veneur dans l'âme ; il avait, par des croisements judicieux avec des chiens anglais de grande origine, réformé la race du Haut-Poitou avec les derniers descendants de la fameuse race du comte de Larye, ce gentilhomme qui, devant le tribunal révolutionnaire, avait jugé que sa tête ne valait pas un mensonge. La chasse favorite du vicomte de la Besge était celle du loup ; monté généralement sur un pur sang, il ne quittait pas la queue des chiens et, à travers les vastes brandes du Poitou, les chasses l'entraînaient bien souvent à une distance énorme de son gîte. Vers la fin de sa vie, il avait l'oreille un peu dure : un jour, un invité arrivé après le lancer, salue le Vicomte de la Besge : « Comment se porte Madame de la Besge ? » Le vicomte, tout à sa chasse : « C'est une vieille louve, elle a les poils tout blancs ! » Le vicomte de la Besge, lors du déplacement fameux en Poitou (1863) de S. G. le duc de Beaufort qui voulait essayer ses foxhounds sur les loups, consacra la gloire de la Vénérrie française en prêtant sa modeste meute au noble Lord. Les chiens anglais qui n'avaient jamais galopé que sur la voie fumante des renards, goûteront peu le sentiment léger du loup et refusèrent à peu près de chasser. Par bonheur, les Poitevins de Persac vinrent à la rescousse et un loup fut porté bas par les deux meutes réunies à la grande joie de la nombreuse et aristocratique assistance. Le vicomte de la Besge chassa jusqu'à plus de 80 ans ; les loups ayant à peu près disparu, il remplaça son courre favori par celui du cerf. Autre grand coureur de loup : le comte E. Le Couteulx de Canteleu, qui chassa dans le Vexin, le Bourbonnais et la Bourgogne. Écrivain cynégétique remarquable, il a laissé sur les chiens courants des ouvrages très documentés et fort intéressants. Son manuel de vénérrie est le bréviaire de tout amateur de chasse à courre. Grand, mince, un nez busqué et la barbe en pointe, tel resta toute sa vie le marquis de Chambray. Les Chambray se transmettaient leurs goûts cynégétiques de générations en générations depuis que Charles VI avait donné à Roger le droit de chasse à Conches et à Breteuil. « Le grand chef » comme l'avait baptisé la vicomtesse de Saint-Périer au repas donné pour la 500e prise et comme l'appelaient depuis les habitués de l'équipage, avait constitué une meute très homogène de chiens purs français blanc et orange, tout à fait remarquables sur le cerf, avec lesquels il chassa dans toutes les forêts de l'Eure et de l'Eure-et-Loir de 1851 à 1910. A la fin de sa vie, le marquis de Chambray ne montait plus à cheval. Bien qu'il suivit en charrette, il était toujours avec les chiens et rivalisait d'ardeur avec son élève et ami, Roger Laurent. Celui-ci, excellent veneur également, continua, à la mort du grand chef, l'équipage jusqu'en

Cet ouvrage, constituant les fascicules 64-65-66 de la revue « L'Amour de l'art », explore le thème de la chasse à travers diverses cultures et époques. Il aborde des aspects mythologiques, historiques et artistiques, incluant des représentations de Nemrod, Diane, et des scènes de chasse dans l'art persan et européen. Le contenu traite également de la chasse à courre, de la fauconnerie, et de la symbolique de la chasse dans la littérature et l'histoire.