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Jean carriés 1855-1894
Premières pages de l'ouvrage, en accès libre.
Jean carriés 1855-1894
Se Camarade l'ami Jean Carriès est grand artiste D'affir ce line à Monsieur grand heureux Baylet Déjus de l'Héroult Leçon ami des arts, en témoignage De sa vive myphatie E. Grotte JEAN CARRIÈS
IL A ÉTÉ TIRÉ 100 Exemplaires sur japon, numérotés de . . . . . . . . . . . . 1 à 100 600 Exemplaires sur vélin, numérotés de . . . . . . . . . . . . 101 à 700 --- EXEMPLAIRE N° $\boxed{91}$
GRAND PORTRAIT DE CARRIÈS Cire vierge


ARSÈNE ALEXANDRE JEAN CARRIÈS IMAGIER ET POTIER Étude d'une Œuvre et d'une Vie --- PARIS ANCienne MAISON QUANTIN LIBRAIRIES-IMPRIMERIES RÉUNIES May le Morfiroz, directeurs 7, rue Saint-Benoit 1895
JEAN CARRIÈS --- I Masque de femme, dit : « La mère de Carriès ». Gres. La vie même de Carriès fut œuvre d’art, et sa personne n’offrait pas moins de surprises et de séduction que ses travaux. Comme on n’admire bien qu’à la condition de s’oublier soi-même, ceux qui l’ont aimé pour lui et non pour eux l’ont goûté sans restriction, puis regretté sans arrière-pensée. Quant à ceux qui se sont trouvés aux prises avec son caractère, âpre et sauvage souvent, autant qu’il pouvait être tout de grâce et d’ensorcellement, ils rendent plein hommage à son génie d’artiste, à son ardente et exclusive passion pour son métier. Comme ils avaient été d’abord parmi les plus séduits, il entre dans leur souvenir presque autant de regret que d’amertume.
JEAN CARRIÈS. La mort, d'ailleurs, a expliqué bien des choses et elle a jeté sur toute cette vie une saisissante lueur. Elle a, on le verra, suivi l'homme et l'artiste pas à pas, l'accompagnant depuis ses plus jeunes années, l'inspirant, s'incorporant à son œuvre, hantant sa pensée, puis le frappant soudain, comme une collaboratrice devenue jalouse du succès. Elle répand sur toute l'œuvre de Carriès cette beauté si mélancolique et si fière. Et pourtant !... Et pourtant cet être exceptionnel et condamné, si visité d'instincts graves, religieux, si martyrisé d'inquiétudes dont on ne peut soupçonner l'intensité et la persévérance, cet être de mort était en même temps un être de charme infini. Il était tout lumineux d'entrain, d'abandon et de joie. Par les gaietés les plus enfantines, les plus folles, il vous emportait avec lui. Pour vous conquérir sans peine, il possédait des grâces imprévues et pour ainsi dire féminines, des mots caressants et mordants. Ses entretiens tantôt d'une expansive tendresse, tantôt d'une verve satirique et d'une force de mépris aussi justes que cruelles, tantôt d'une élévation et d'une finesse merveilleuses ; ses enthousiasmes, ses cris d'angoisses, ses badinages, ses colères, son rire étincelant ; les tristesses qui le faisaient subitement pâlir et altéraient ou étranglaient sa voix; les fixités d'un regard qui se replongeait alors dans de terribles méditations de rêve et de tourment, tout cela émanait de cette véhément nature, de ce raffinement inné, de cette force d'action et de ce désir de faire beau, comme un parfum de fleur, sans plus d'effort ni de calcul. Carriès ne peut être compris autrement : c'était une plante rare, inexplicable comme les très belles choses naturelles et très jaillies de terre. Toutes ses qualités étaient des dons, toutes ses trouvailles des révélations conservées et réalisées par une magnifique volonté. Au Salon de 1892 furent montrées pour la première fois à la foule ses sculptures et ses poteries, qui n'étaient connues que d'un nombre restreint d'amis et de curieux d'art. Ces évocations sentimentales, nobles, souriantes, douloureuses ou fantastiques, ces recherches et ces emplois de matière harmonieuse, puissante et discrète, passionnèrent profondément. S'il est possible de faire comprendre à une race et à ses artistes ce que c'est que la volupté
JEAN CARRIÈS. 3 d’art obtenue par le style et par l’intelligente mise en œuvre des matériaux, Carriès plus que tout autre y contribua ce jour-là. Son influence en ce sens fut et demeurera sensible. Voilà les émotions artistiques et intellectuelles dont on voudrait conserver le souvenir, l’œuvre dont on va s’efforcer de retracer l’accomplissement, de déterminer la signification et la portée, enfin la nature exquise et le caractère de trempe surprenante, dont il faut faire revivre ou révéler la beauté brusque-ment éteinte. ---

Cet ouvrage présente l'artiste Jean Carriès, couvrant sa période de création de 1855 à 1894. Il inclut un portrait de l'artiste et des informations sur les tirages de l'édition.