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DÉCOR SCULPTÉ MODERNE Sculpture Moderne sur Bois par L. MALCLÈS --- ÉDITIONS D'ART CHARLES MOREAU 8, Rue de Prague - PARIS-12e
Premières pages de l'ouvrage, en accès libre.
DÉCOR SCULPTÉ MODERNE Sculpture Moderne sur Bois par L. MALCLÈS --- ÉDITIONS D'ART CHARLES MOREAU 8, Rue de Prague - PARIS-12e
LE DÉCOR SCULPTÉ MODERNE Par Laurent Malclès Chef des Études des Travaux à l'École Boulle --- Préface d'André Fréchet Directeur de l'École Boulle --- Edit. Eugène Moreau 28ème. Faug. St-Antoine PARIS (XII')
PRÉFACE POUR UN RENOUVEAU DU DÉCOR SCULPTÉ --- « La maison n'était plus sienne, elle appartenait à l'histoire, elle était passée hors de la main, hors du pouvoir des vivants. On ne vivait plus dans ces pièces. On ne renverserait plus de la bière ici. On ne tacherait plus les tapis... Jamais plus, deux cents domestiques ne courraient et ne brailleraient au long des corridors avec des braseros et d'énormes branches pour les énormes cheminées... Jamais plus on ne fabriquerait de chandelles, on ne façonnerait de selles, on ne taillerait de pierres dans les ateliers des communs... Les marteaux et les maillets s'étaient tus. Les chaises et les lits étaient vides, les chopés d'argent et d'or reposaient sous globe. Les grandes ailes du silence battaient du haut en bas de la maison vide », « Orlando » - Virginia Woolf Au hasard d'un voyage, par un beau soir d'été, nous avons vu grandir à l'horizon la silhouette d'un vaste et magnifique château. Nous étions bientôt dans une immense clairière, le gravier des allées crissait sous les pas d'un groupe de touristes et par des cours désertes, par des galeries nues et sonores, nous avons longé ce qui était autrefois des salles des gardes, des salles de réception, des salons, des chambres et aussi ce qui était des étables, des écuries, des chenils, des celliers, des ateliers et tout ce qui fut autrefois une sorte de ville splendide, bruyante d'hommes et sonnante des métiers. Par des escaliers d'une magnifique ampleur nous avons atteint des terrasses dominées "par une forêt de clochetons, de cheminées, de lucarnes, de dômes, par une incroyable végétation de pierres sculptées, fouillées, travaillées de mille manières". Comme le soir tombait, nous avons vu s'assombrir les bois pourpres, puis les collines lointaines et violettes et dans notre mémoire nous avons retrouvé cette phrase : "les grandes ailes du silence battaient du haut en bas de la maison vide". Le voyage à sa fin nous a ramené à la grande ville d'où monte une rumeur qui jamais ne cesse, faite du mouvement continu, du travail incessant d'un peuple d'hommes et de machines, mais l'amplitude, la puissance obsédante de ce travail n'empêchent point que la pensée nous emporte vers la vaste forêt silencieuse, trouée d'allées sans fin, vers ce palais vide et sonore qui appartient à l'histoire, vers "cette végétation de pierres sculptées, fouillées, et travaillées de mille manières". Sans doute le palais que notre imagination recrée est d'une savante et noble architecture, sans doute il paraît plus magnifique dans l'admirable et somptueux décor de ses forêts, mais la pensée revient encore à "ces pierres sculptées et fouillées". Par la magie de ce travail patient et sûr, une architecture logique mais sévère, est devenue émouvante, et le travail du sculpteur a paré la pierre, beauté éternelle... Paris, la grande ville, lorsque la nuit tombe devient ville lumière. Soudain, de la nuit sombre, d'un seul trait jaillissent par endroits : des palais aux amples colonnades, une vertigineuse cathédrale et, plus loin, les fragiles et exactes répliques des temples mystérieux de l'Extrême Orient. Sous les faisceaux d'une froide lumière, les architectures s'élèvent et tandis que des ombres étranges se perdent dans la nuit, le travail minutieux, patient, désintéressé des tailleurs de pierres et des sculpteurs, se dégage de l'ombre, accroche la lumière et, peut-être pour la première fois, se révèle plus admirable aux regards attentifs. N'est-il pas étrange de constater que c'est à la faveur d'une des inventions les plus expressives des temps modernes, que nous devons de connaître davantage, et sous un aspect nouveau, les œuvres d'un art qui a donné tant d'œuvres immortelles. Ces amples colonnades, ces temples mystérieux avaient été conçus pour la lumière du jour, mais les projecteurs, de leurs faisceaux puissants, ont fait surgir de l'ombre ce que les sculpteurs avaient réalisé avec patience, avec talent, avec amour, alors même qu'ils connaissaient qu'une partie de leur œuvre devait être dissimulée à jamais. Ainsi, par la magie de la lumière, la sculpture des cathédrales, des temples, des palais, connaît un renouveau d'intérêt et tandis que la mode semblait proscrire cet art de l'architecture extérieure et intérieure, "tandis que l'immense transformation que nous vivons et qui nous meut achève d'altérer ce qui subsiste de nos coutumes et nous entraîne vers une ère nouvelle", par une sorte de contradiction avec l'esprit de notre vie, l'art de la sculpture, mis en évidence, est bien près de connaître une heureuse faveur. Il faudrait peu de chose, pour que la réaction qui est sensible se produise, il suffirait de l'action sincère d'un groupe, de la cohésion de volontés assurées pour entrainer le goût pour une nouvelle expression du modèle et du relief sculpté. Il ne faut point prétendre que nous n'aimons plus la sculpture, il ne faut pas davantage affirmer que nous ne voulons plus de décor. Le succès de l'Exposition Coloniale a fait la preuve de notre goût pour ce qui est franc et coloré, ce qui est vibrant et expressif. Le somptueux et vaste bas-relief de JEANNIOT, qui couvre les murs du Palais permanent des Colonies attire tous les yeux ; son succès confirme, que l'heure d'une réaction est proche.
Il n'en faut point douter, une réaction est proche. Après une longue période pendant laquelle tout était sacrifié à l'extérieur, à la façade, où ; trop souvent, la véritable architecture était confondue avec le décor, avec des décors trompeurs, avec des ornements rapportés sur des constructions grossières, après cette période médiocre, les architectes ont, par réaction, voulu imposer le goût de l'ordre, de la simplicité à tout prix. Ils ont demandé le retour à la saine doctrine qui oblige à l'emploi logique des matériaux, au plan uniquement rationnel, dépouillé de tout le fatras d'ornements inutiles. C'est pourquoi, en quelques années, le goût s'est répandu et s'est imposé d'un style dépouillé, d'un style net, froid, précis, ou rien ne comptait plus que la logique et la qualité de la matière. Ces principes n'étaient pas nouveaux, — le monde est petit, les événements s'y répètent, — mais les solutions paraissaient nouvelles parce que les façades récentes opposaient leur nudité absolue aux constructions anciennes tarabiscotées ou vieillottes. Cependant, cette formule s'étant imposée à toutes les formes de la décoration devait avoir les plus regrettables conséquences. Les métiers d'art de la sculpture, de la ciselure, de la gravure, de la marqueterie, tous ces métiers étaient atteints. Les marteaux, les maillets se sont tus et “ ce fut le silence dans les ateliers vides ”. * Ce sera l'œuvre de demain que de s'efforcer de dégager les esprits de la formule actuelle étroite, rigide et froide. S'il est juste de reconnaître que nous n'aimons plus le fatras des ornements médiocres, que nous acceptions autrefois, les excès de la formule dernière nous ont montré qu'il manque aux travaux modernes un attrait, de la poésie, et pour tout dire, l'expression de la vie qui seule fait l'œuvre grande et belle. Autrefois, les décorateurs, les sculpteurs, les ciseleurs, les orfèvres renouvelaient leur inspiration et leur métier en puisant dans les recueils de dessins graves pour eux. On y trouvait des modèles et des idées, dans ces albums qui contenaient des suites d'arabesques, des dessins de marqueterie, des vases, des meubles, des modèles de serrurerie et d'orfèvrerie... Les artisans artistes puisaient librement dans ces ouvrages gravés avec soin ; ils en exécutaient des traductions personnelles et l'on peut affirmer que dans leurs grandes lignes les styles classiques de l'art décoratif français ont été fixés par les réussites, par les mises au point patientes et originales des compositions charmantes des maîtres dessinateurs ornementistes d'autrefois. * C'est, sans prétentions ambitieuses, mais avec un tel programme, qu'a été conçu et édité cet ouvrage. On a voulu fournir aux décorateurs, aux sculpteurs, aux ciseleurs, aux graveurs, des idées, des motifs, des thèmes. Ce ne sont que des suggestions, mais en raison de leur variété, par le soin qui a été apporté a en multiplier les exemples, on est en droit de penser que cet ouvrage pourrait aider dans les ateliers à un renouveau du décor en relief. Les décorateurs, les artistes, qui feuilleteront cet album mesureront ce que représente d'expérience et de talent les si nombreuses, si variées et si pittoresques compositions de M. Laurent MALCLÈS. Ils apprécieront les bois précieusement sculptés de M. de BARDYÈRE, les réalisations modelées de M. Jean DEBARRE et aussi les travaux de modelage, les bois sculptés, les cuivres repoussés et ciselés exécutés par les élèves et dans les ateliers de l'École Boule. Ces travaux conduits par M. Laurent MALCLÈS sont en grande partie les résultats des enseignements de M. DEBARRE, professeur de modelage, et des Professeurs techniques qui sont des artistes de talent. On n'a pu réunir dans cet album qu'un petit nombre des travaux et des nombreux essais et des recherches qui sont poursuivis avec une volonté renouvelée. Comme pour beaucoup des œuvres des hommes, le labeur patient, sincère et profond est presque toujours dissimulé, il est semblable à ces fils d'or dont sont tendus au verso certaines étoffes de la Chine, afin qu'au recto apparaisse, sur un fond de soie mate et d'un noir d'encre, les linéaments fragiles, d'une fine broderie d'or. André FRÉCHET Directeur de l’École Boule Tous droits de reproduction réservés pour tous pays Les modèles publiés dans les planches 21, 22 et 32 sont et demeurent la propriété de leurs auteurs Copyright by Edition Eugene Moreau M. GRAYOT, phot. FAUCHEUX et FILS, Imprimeurs, Chelles (S.-et-M.)
Cet ouvrage présente des exemples et des motifs pour le décor sculpté moderne, destinés aux décorateurs, sculpteurs et graveurs. Il aborde la réaction contre le style dépouillé imposé par certains architectes et plaide pour un renouveau de la poésie et de l'expression de la vie dans les arts décoratifs. Les planches illustrent divers types d'ornements, de sculptures sur bois, de compositions modelées et de travaux de ciselure. Ca 1930.