Extrait
Premières pages de l'ouvrage, en accès libre.
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ART & INDUSTRIE
SOMMAIRE
Le Régionalisme dans les industries d’art toulousaines (fasc. I et II)
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Edmond Alet.
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Le Coquelicot (fasc. I) . . . . .
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Emile Nicolas.
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L’Art décoratif flamand (fasc. V).
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E. Hinzelin.
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La Femme et l’Enfant (fasc. III).
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Aug. Chevassus.
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40 pages 45 Illustrations
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5e ANNÉE DÉCEMBRE 1913
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LE RÉGIONALISME
DANS LES INDUSTRIES D'ART TOULOUSAINES
En ce début du xx° siècle où tous les précurseurs de l'art appliqué aux métiers tentent un suprême effort pour regagner à la France le retard que lui ont infligé durant le siècle précédent son inertie et sa ridicule monomanie du vieux neuf, après les importants travaux des Congrès de l'Union provinciale des Arts Décoratifs, la venue à l'ordre du jour de la crise de l'apprentissage, devant l'annonce de l'Exposition internationale d'Art Décoratif projetée à Paris pour 1916, il est intéressant de savoir si nos provinces de France sont en état de produire normalement un art conforme à leur génie propre et aux besoins modernes ? Et de ce point de vue où en est le Languedoc et Toulouse considérée comme centre méridional ?
Toulouse pas plus qu'aucune autre ville de France n'a échappé aux méfaits de la centralisation parisienne et il a fallu arriver à ces dernières années pour que Paris même dénonce le danger de ce système et se décide à préconiser la nécessité du régionalisme. Vagues paroles encore ! Car administrativement rien n'est changé et nos commerçants et industriels émasculés continuent à courir à Paris chercher la Mode, la nouveauté, et les modèles passe-partout. En 1913, notre Ecole des Beaux-Arts n'est comme le constatait Marius Vachon en 1897, « qu'une sous-école de Paris » n'ayant d'autre but que la rue Bonaparte et aucune préoccupation des besoins du Languedoc, d'y rénover ses industries, d'en restaurer de perdues ou d'en créer de nouvelles.
L'industrie manque de bras gémit-on d'autre part ? Est-ce possible, alors que tant de jeunes gens ne demandent qu'à travailler ? Mais ici il faut avoir le courage de découvrir publiquement la vérité.
Le Régionalisme dans les industries d'art toulousaines. - Fasc. I. 1913.
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CLINIQUE DU DOCTEUR MARQUÉS, 14, RUE PÉRIGORD, À TOULOUSE. — R. CASTAN, ARCHITECTE, 1936.
A quoi s'emploient donc nos industries toulousaines ?... Voici : Alors qu'en 1910 R. Carabin, dans son rapport au Conseil municipal de Paris, constate que dans notre Athènes méridionale(?) les magasins sont, comme à Paris, envahis d'objets de fabrication étrangère, de vieux neuf et de simili, le seul groupe des Artistes méridionaux crée. Aucun imprimeur n'édite ni vignette, ni affiche, ni catalogue ou calendrier originaux, la plus grosse maison de statues religieuses met en vente d'immondes moulages bariolés et adornés de véritables yeux de verre, nos serruriers s'enlisent dans la bricole ou la grosse charpente, nos ébénistes dans le
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vieux neuf ou la surproduction mécanique. Le tout cela se conçoit, avec l'esprit nécessaire à moudre une rengaine sur un orgue de barbarie. C'est cette fange-là que l'on ose nommer industrie ? C'est cette fange-là qui manque de bras et pour laquelle il faut à tout prix recruter des apprentis ? Les bras ne manquent pas en France ni à Toulouse mais leurs propriétaires s'éloignent de plus en plus du bagne mécanique où suffit l'automate, l'homme machine que l'enfant-machine tend partout à remplacer. La crise de l'apprentissage a pour cause profonde la profanation du travail et ce n'est pas de vagues Comités de patronage, pas davantage une loi qui pourront y remédier, tant que le travail lui-même n'aura pas été régénéré, la mentalité de la race profondément transformée.
Quant aux métiers qui relèvent du bâtiment, quelle influence y ont exercé MM. les Architectes ? aucune bonne. Toutes les mauvaises, accueillant tout ce que le commerce offre d'infâme et de ressassé : balustre informe, lucarnes en zinc embouti, terre cuite à la Chauchard, fonte, vitrauphanie, faux bois, faux marbre, etc., jamais un bout de fresque, de fer forgé ou de vitrail intéressant. Si on joint à cela la lutte féroce engagée par les mercanti parisiens contre les artisans créateurs à l'occasion soit des Salons annuels, soit de l'Exposition de 1916, on est en droit de se demander comment il peut se faire qu'en France il y ait encore un seul artisan debout, un seul postulant pour une carrière aussi dangereuse ?
Cette situation périlleuse du créateur, obligé de jeter les bases de l'art contemporain malgré l'hostilité des commerçants et industriels, contre le mauvais goût, la mauvaise foi et l'ignorance coalisées, n'est-elle point le grand obstacle à l'accroissement de notre richesse nationale, à l'accomplissement du progrès ? La victoire intellectuelle est sans doute glorieuse pour les apôtres mais il appartient aux industriels de réaliser la victoire économique et c'est aux créateurs que, comme chez nos voisins, ils doivent demander de la leur assurer.
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R. CASTAN, ARCHITECTE, 1913.