Premières pages de l'ouvrage, en accès libre.
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ART & INDUSTRIE
SOMMAIRE:
Les Habitations ouvrières en Allemagne.
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Emile Hinzelin.
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Le Musée industriel et d’Art décoratif à Nuremberg.
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J.-F.-L. Merlet.
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Le bon et le mauvais goût dans l’Art appliqué.
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Gaston Varenne.
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Monographies d’Art Indo-Chinois
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A. de Pouvoirville
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Les Arts Décoratifs au Théâtre.
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E. Belville.
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La Déesse Saraswathy,Souvenir de l’Inde, par A. BesnardHors-texte en couleurs
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40 pages
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52 illustrations
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4e ANNEE
JUIN 1912
Vie avec 1916
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Les Habitations ouvrières en Allemagne
Dans l'étude sur l'Art décoratif dans l'Habitation ouvrière (étude publiée par la Revue Art et Industrie, numéros de septembre, octobre et novembre 1911), nous avons fait allusion aux logements à bon marché construits, en Allemagne, par les soins des villes ou des industriels.
Voici, à ce sujet quelques renseignements précis et pittoresques.
Rappelons d'abord la méthode employée par certaines villes d'Outre-Rhin, Cologne, Dusseldorf, Francfort. Elles achètent une zone de terrain. Elles y tracent des rues d'habitation et des rues commerciales. Ensuite, elles en revendent les différents lots. Les acquéreurs sont astreints à certaines servitudes, destinées à empêcher le surpeuplement. Dans tel quartier, ne doivent se trouver que des maisons entourées de jardins. Dans tel autre quartier, les maisons ne doivent avoir que deux étages. Dans tous les quartiers, le constructeur devra s'assurer de l'orientation rationnelle et favoriser la pénétration des rayons solaires en toutes pièces habitables.
Les divers groupements qui se sont donné pour mission de faire construire des habitations salubres à bon marché, ont centralisé un apport de près de 360 millions. Les Sociétés de bienfaisance qui s'occupent de cette grande œuvre sociale sont aidées par le gouvernement. Elles rencontrent chez les particuliers un concours parfois très généreux. L'État a alloué à cette œuvre plus de 630 millions.
Cependant, une constatation surprend au premier coup d'œil : c'est que, dans l'Empire allemand, il n'existe pas de législation générale en cette matière. Dans tel État de l'Allemagne, les règlements sont plus stricts (en Saxe, par exemple) ; dans tel autre, on confie aux communes le soin de construire à leur guise (par exemple, dans le grand duché de Hesse).
Tous les partis avancés, groupes réformistes, libéraux, socialistes, ont demandé, pendant plus de trente ans que l'on créât des associations de construction. Leur appel a été entendu.
Quel est le régime de ces Sociétés ?
D'ordinaire, elles sont constituées par actions ou à responsabilité limitée. Ajoutez des coopératives à responsabilité tantôt limitée, tantôt illimitée. Dans la province Rhénane, les coopératives comptent quinze mille membres. En certains endroits, on applique à cette institution un curieux système de loterie. Les maisons sont tirées au sort entre les membres "affiliés depuis au moins six
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mois et ayant versé 10 à 50 pour 100 de la part statutaire". Tout membre qui ne gagne pas, voit ses droits au lot augmenter d'une unité par an. Un grand nombre de Sociétés s'efforcent de vendre, en toute propriété, à leurs membres les maisons construites grâce aux ressources collectives. Chaque année, les acheteurs paient 6 % du prix d'achat. Plusieurs de ces Sociétés ont des écoles ménagères, des salles de lecture, des jeux, des cafés-restaurants hygiéniques, une caisse d'avance pour achat de meubles, un bureau de primes de propreté. D'autres ont une véritable caisse d'épargne particulière. Assurément, il y a eu ça et la ses déceptions. Les difficultés étaient si graves ! Où trouver les capitaux ? Par quels moyens donner à de simples ouvriers l'habilité nécessaire à une bonne gerance ? Pour la gerance, on a recours à des fédérations : pour les capitaux, à des prêteurs officiels.
L'Empire ne construit pas de maisons. Il prête des capitaux et des terrains à des associations de construction. La Prusse construit et prête. Elle prête jusqu'à concurrence de 90 pour % de la valeur totale. La Bavière, le Wurtemberg, la Saxe, commencent également à donner satisfaction aux novateurs.
On sait que, dans l'Empire allemand, l'adhésion à quelqu'une des Sociétés de secours mutuels contre la maladie, les accidents du travail, l'invalidité, est obligatoire. Elles immobilisent d'importants capitaux. On les a autorisées à consacrer une partie de ces capitaux à la construction des maisons ouvrières. Depuis dix ans, elles ont employé à cet effet plus de cent cinquante millions de marks, au taux de 3 p. %. Les Caisses d'épargnes, les bureaux de bienfaisance, les hospices, sont également autorisés à faire des prêts de ce genre. Ils en font peu. Au contraire, mainte ville n'hésite plus à construire directement des maisons. D'autres villes favorisent la construction de maisons par des sociétés composées d'employés ou d'ouvriers. D'autres fondent des institutions de crédit hypothécaire, aident les Sociétés de construction à trouver des capitaux, diminuent les frais accessoires imposés aux constructeurs.
Les associations de construction multiplient les démarches, afin de développer l'organisation du crédit hypothécaire. Elles s'ingénient à découvrir des procédés avantageux pour l'achat des terrains : ajournement du paiement, bail emphytéotique, diminution des frais accessoires.
A Francfort, où la charité est une tradition civique et où l'on trouve si aisément, pour les bonnes œuvres, des capitaux sans intérêts ou à un taux très bas (1/2 pour cent, alors que dans l'industrie le taux s'élève de 7 à 20 pour cent), des habitations ouvrières ont été élevées dans la plupart des faubourgs : le terrain est loué par la ville pour 99 ans, a un prix insignifiant.
Ce sont des maisons à haute façade, assez élégantes, exposées au Midi, avec des balcons et des verdures. Elles forment des cités où l'on compte quinze cents et même dix-huit cents habitants. D'ordinaire, chaque appartement se compose