Extrait

Premières pages de l'ouvrage, en accès libre.

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ART & INDUSTRIE SOMMAIRE: - L'Art Décoratif en Champagne . . . E. Kalas - L'Eclectique . . . . . . . . . . P. Calmettes - Paroles de Décorateur . . . . . E. Maigrot - Les Insectes en Art Décoratif (Suite) H. Contaut --- 40 pages 54 illustrations 3e ANNEE MARS 1911

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L'ART DÉCORATIF MODERNE EN CHAMPAGNE --- Champagne se réputait l'une des plus riches provinces de l'ancienne France : pays « de biau language et de belle parlure », pays d'inspiration haute et de sens discret. D'ailleurs, la cathédrale de Reims, les églises de Troyes immortalisent, au souvenir de tous, les qualités supérieures de la noble école champenoise, si justement célébrée par Viollet-le-Duc, comme l'émanation la plus sereine, la plus pure, du génie national. Regrettons que, sitôt l'époque dite « de la Renaissance », une tendance de centralisation développe, de façon exclusive et continue, le prestige et la richesse de la capitale monarquique, déracinant de partout, les germes les plus précieux de vitalité artistique. Anémisée, somnolente sous nos yeux, la contrée possédait encore, au XVIIIe siècle, jusque dans ses moindres bourgades, des artisans modestes, savants, possesseurs d'un sens peu capricieux, mais juste, souple, exempt du moindre écart. Les peintres de figure acquéraient un bagage suffisamment érudit, pour leur permettre de brosser avec habileté, de valeureux tableaux d'église et d'innombrables trumeaux d'appartements. Ainsi que dans les périodes antérieures, l'architecture faisait montre d'une sobriété, une minceur, une élégance discrète et froide laissant peu de place à la fougue des sculpteurs et qui s'éloigne autant de l'exubérante ornementation bourguignonne, que de la puissante échelle des profils parisiens. --- "La Laine" Géo Chauvet Décorateur A Helms --- INCADREMENT TIRÉ DE MOTIFS DÉCORATIFS EXERCÉS À SUPPES CHEZ M'Bourelle Pilateur! --- MEGELIN ARCHITECTE A CHALOIS --- Mars 1911. — L'Art décoratif Moderne en Champagne. — Fasc. 1.

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LE TRAVAIL DU VIN DE CHAMPAGNE E. KALAS, INV. ET DÉL. MAQUETTE POUR LA COMPOSITION D'UNE FRISE EN MOSAIQUE, DE 20" X 3", EXÉCUTÉE À LA FAÇADE DES CELLIERS JULES MUMM (REIMS) La destruction des corporations, les guerres de la Révolution et de l’Empire, le machinisme outrancier du xixe siècle ont bouleversé les conditions d’existence de nos ouvriers d’art. Pour satisfaire au moderne besoin de faux luxe, pour contenter hâtivement la mortelle manie du plagiat des styles, les moules, les machines, les médiocres praticiens suffisent. Et comme les importantes et difficiles commandes se font rares en province, l’homme de savoir, de goût et d’adresse y végète sans aliments, souvent sans prestige et sans protecteurs. Plus le voisinage de Paris s’impose, plus il est étouffant. Ainsi la Champagne, trop proche de l’Île-de-France, n’existe plus guère en tant que circonscription intellectuelle. Son ancienne capitale où le comte Thibault, poète et musicien, tenait cours d’amour, s’est radicalement transformée en une ruche industrielle et fumeuse. Le noyau le plus favorisé d’éléments modernes gravite en l’antique cité de Reims, que le siècle finissant a quadruplée de population. Près d’elle, Chalons-sur-Marne, drapé en une froide attitude de préfecture maussade, ne se remue guère que depuis une quinzaine d’années. Epernay, par contraste, affecte l’allure d’une riche, coquette et prospère agglomération, en plein épanouissement. Les autres villes ne comptent qu’en second plan, comme séjour de quelques bonnes volontés, trop isolées pour être comprises. Reims peut donc être considéré comme le chef-lieu actuel, sinon de la Champagne géographique, du moins d’une région équivalente, comprenant les Ardennes, l’Aisne et la Marne et que nos décentralisateurs voudraient voir administrer en un conglomérat d’activité concordante et sympathique. « AINSI CHANTAIT MARSYAS » (E. BRISSET) (CARTON DE RELIURE) (FERSEN)

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Si la création des chemins de fer laisse éclore, en ces parages, une véritable renaissance de vitalité industrielle, en même temps la restauration des monuments diocésains, confiée à Viollet-le-Duc, puis à Ruprich-Robert (1), remet en honneur la sculpture florale et la fabrication des vitraux historiés (2). Et tandis que, depuis la mort du troyen Girardon, aucun grand artiste de décorations n'avait vu le jour dans la plaine champenoise, voici que vers 1870, le sculpteur Saint-Marceaux quitte Reims, le peintre Willette, Châlons et que, vingt ans plus tard, la petite ville d'Ay prédestine a la capitale, le plus subtil orfèvre que les temps modernes se soient trouvés dignes d'acclamer : j'ai nommé Lalique. Pourquoi faut-il qu'a jamais déracinés de leur lieu d'origine, ces créateurs de tant d'œuvres immortelles semblent demeurer indifférents a la propulsion des efforts provinciaux ? Si le dessin des édifices religieux et municipaux, l'ornementation des hôtels particuliers s'améliorent depuis cinquante ans, grâce au talent d'architectes comme Reimbeau, Deperthes et comme M. Alph. Gosset, auteur du Théâtre de Reims (3), on peut dater de 1889 les premières initiatives qui dénotent la volonté (1) Les deux protagonistes de la stylisation botanique. (2) A l'époque où Maréchal ouvrait ses fours, à Metz; Martin-Hermanowska, Vincent-Larcher, a Troyes, Lienard a Chalons exécutaient déjà des verrieres artistiques, et Marquant-Vogel fondait a Reims un atelier des plus importants. (3) On débute l'emploi de la mosaïque, du stuc et du staff, ve s 1872: GRILLE DESSINÉE PAR M. GÉLIN, ARCHITECTE A CHALONS — EXÉCUTÉE PAR LE FERRONNIER ROBERT EN 1910