Extrait

Premières pages de l'ouvrage, en accès libre.

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ART & INDUSTRIE V. Prove 1918.

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LE VERRE III $^{(1)}$ Vitraux Q uoi que le verre ait été employé à la décoration des monuments presque en même temps pour ainsi dire qu'il a été découvert, comme l'attestent les mosaïques trouvées à diverses époques en Assyrie, en Phénicie, en Égypte, en Grèce, en Italie, il est à peu près certain que ce n'est qu'au vi $^{\text{er}}$ siècle qu'on paraît avoir pensé à l'utiliser pour la décoration des fenêtres des édifices religieux, sous la forme de vitraux, sortes de mosaïques translucides, formées de morceaux de verre diversement colorés, juxtaposés et réunis entre eux. Il résulte d'une étude très intéressante qu'a faite M. Lucien Magne, que c'est en France, dans les Gaules, que la pratique de cet art parait avoir pris naissance. Par le développement qu'il a pris du vir au xvr siècle, par l'importance et le nombre des œuvres qu'il a enfantées, dont malheureusement une trop faible partie nous a été conservée, on peut dire qu'il a été l'un des éléments décoratifs les plus précieux de l'architecture française. Ce n'est qu'en petit nombre qu'on trouve des vitraux anciens dans quelques monuments des divers Etats de l'Europe, et encore ont-ils été exécutés, le plus souvent, sous l'inspiration d'artistes français. Le vitrail est une sorte de mosaïque ou d'émail cloisonné ; il serait aussi logique de le comparer à une tapisserie transparente ; on peut assimiler une verrière rigoureusement décorative à un tapis d'Orient, comme on peut ranger le vitrail de style moins archaïque dans la famille des grandes tapisseries d'origine flamande, où les figures, dont l'ensemble constitue un sujet unique, se superposent de manière à faire comprendre une surface à peu près plane, sinon un seul plan. Les procédés de fabrication mis en œuvre dans l'art de la peinture sur verre depuis 800 ans et que l'on n'a pas la liberté de changer, ne se prêtent nullement d'ailleurs à une assimilation entre le vitrail et le tableau. La multiplicité des plombs et la petite dimension des pièces de verre sont indispensables à la solidité et à l'effet : elles entraînent à leur suite un système d'exécution tout particulier et dans lequel un dessin clairement indiqué, des figures aux gestes simples, mais peintes largement, produisent de vigoureux et puissants contrastes. En résumé, le plomb qui assure la solidité en divisant le verre en petits fragments et qui accuse fortement les silhouettes, le verre coloré dans la masse, seul moyen d'obtenir une coloration franche et transparente, sont, en sus des nécessités de composition dont nous venons de parler, les conditions essentielles du véritable vitrail. --- $^{(1)}$ Les numéros de Juillet et Août 1910. Septembre 1910 — Le Verre. — Fasc. 6.

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La manufacture de Sèvres exécutait autrefois des vitraux dans lesquels le plomb était à peu près supprimé, et la coloration obtenue au moyen d'émaux peints sur le verre blanc; mais ce procédé, d'un emploi très difficile et fort coûteux, se trouvait si impuissant, qu'un vitrail ainsi compris n'avait guère plus de valeur qu'un beau store et constituait une œuvre excessivement fragile. Les artistes de nos jours s'efforcent, en tenant compte des qualités qui appartiennent à ces deux modes de compositions des vitraux, de les combiner de façon à réunir la force et la souplesse, les nuances correctes du modèle et la vigueur d'un puissant cloisonnage. Ce résultat n'est évidemment pas aisé à obtenir, mais il n'en donne que plus de valeur aux conceptions hardies de ceux qui entreprennent ce difficile assemblage. Fabrication des Vitraux pour Décoration Vitraux peints. — Pour la peinture du verre on a recours à: 1° Un fondant vitreux, sorte de cristal, plus fusible que le verre : 2° Une matière colorante formée par un ou plusieurs oxydes métalliques. Voici la composition de divers fondants : Sable --- Fondant n° 1 --- Minium --- Acide borique cristallisé --- Sable --- Fondant n° 2 --- Minium --- 1500 --- Borax --- Quartz --- Minium --- Salpêtre --- (KOCO ²) carbonate de potasse --- Les oxydes métalliques colorants sont ordinairement obtenus par précipitation. Ainsi pour l’oxyde de cobalt et l’oxyde de fer, dont l’emploi en mélange doit donner une matière colorante, on en fait deux dissolutions en chlorures contenant exactement la proportion relative des deux métaux. On précipite les solutions par un excès de Na OCO ² (carbonate de soude), on lave et on calcine en présence de chlorure de sodium, on lave de nouveau et on soumet à une nouvelle calcination, mais cette fois sans addition de chlorure de sodium.

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--- JACQUES GRUBER PEINTRE VERRIER - NANCY VITRAIL DÉCORATIF EXPOSITION DE NANCY, 1909 ESCALIER DU PAVILLON DES BEAUX-ARTS